La tour de Grandcroix (suite)

La fête de Noël avait eu, pour Geneviève de Grandcroix, un triste lendemain. En écoutant le récit des amabilités et des prévenances dont sa petite-fille avait été entourée dans la famille de ses voisins, le vieux marquis de Grandcroix retrouva ses anciennes craintes.

Il redouta que cet incident ne l’entraînât à nouer lui-même des relations dont il ne voulait à aucun prix. Il regrettait déjà d’avoir accordé cette permission…

… et déclara à Geneviève qu’il entendait qu’on en restât là de part et d’autre.
La petite fille fondit en larmes et essaya une timide protestation ; mais son grand-père fut inflexible.

Orgueilleux et susceptible, il tenait à ne rien devoir à personne. Après un moment de méditation il se rendit à la ville et, malgré l’état d’extrême gêne dans lequel il vivait, fit envoyer à Mme Verdier…

… une superbe corbeille de fleurs avec sa carte, se promettant de réduire encore ses maigres repas, afin de compenser cette dépense trop forte pour lui.

Geneviève profita de son absence pour courir à la haie du jardin et faire signe à ses petits amis de venir lui parler. Ils s’empressèrent d’arriver, et la fillette, sans pouvoir retenir de nouvelles larmes, leur signifia la volonté de son grand-père,

ajoutant que malgré son chagrin, elle devait obéir et qu’à l’avenir, elle ne pourrait même plus venir bavarder avec eux par-dessus la haie. Les jeunes Verdier navrés, se récrièrent…




