Étiquette : 17 octobre

Auteur : Maldan, Juliette | Ouvrage : Petites Vies Illustrées pour enfants .

Sainte Mar­guerite-Marie vint au monde le 22 juil­let 1647, dans le vil­lage de Vérosvres, au hameau de Lhaute­cour, diocèse d’Autun. Elle fut bap­tisée en l’église de Vérosvres dont son oncle Antoine Ala­coque, qui fut son par­rain, était alors curé. Son père, Claude Ala­coque, « notaire roy­al », y habitait une pro­priété com­posée d’une ferme et d’un grand pavil­lon. C’est là que se pas­sa l’enfance de Mar­guerite, à part, vers l’âge de qua­tre ans, un long séjour chez sa mar­raine, au château de Corcheval.

Sa mar­raine la lais­sait libre de jouer, de courir dans les allées et les charmilles du parc. Mais, sur la ter­rasse du château, s’élevait une chapelle, et Mar­guerite se fai­sait une joie d’y entr­er à chaque instant. Les per­son­nes chargées de sa sur­veil­lance ne la trou­vaient-elles ni dans les jardins, ni dans la mai­son ? Elles n’avaient qu’à pouss­er la porte de la chapelle. Elles aperce­vaient l’enfant, à genoux sur les dalles, ses petites mains jointes, immo­bile, les yeux fixés sur le taber­na­cle où elle savait que Jésus habitait dans la sainte Hostie. Mar­guerite quit­tait la chapelle à regret quand on l’appelait, car elle serait restée là des heures entières sans s’ennuyer.

Coloriage Sainte Marguerite-Marie Alacoque
De loin, assise sur une roche…

A Lhaute­court, près de la mai­son de ses par­ents, se creuse un petit val­lon abrité de chênes. Mar­guerite s’y plai­sait plus que partout ailleurs. De loin, assise sur une roche, elle aperce­vait l’église du vil­lage, et même, à tra­vers les vit­raux, le reflet de la lampe du sanc­tu­aire. Elle pen­sait à Jésus et lui dis­ait qu’elle l’aimait.
C’est chose extra­or­di­naire qu’une petite fille prie si longtemps ! D’habitude, les enfants, après un « Notre Père » ou un « Je vous salue » se sauvent bien vite jouer. Mais le bon Dieu atti­rait le cœur de Mar­guerite comme avec un aimant et la voulait tout à lui, parce qu’il lui réser­vait une grande mis­sion.

Aus­si, toute petite, lui fit-il com­pren­dre la laideur du péché et l’horreur de la moin­dre tache sur la blancheur de son âme. Très vive, très remuante, devant un caprice, une dis­pute, « l’on n’avait qu’à me dire, racon­te Mar­guerite, que c’était offenser Dieu, cela m’arrêtait tout court ».

Un jour de car­naval, alors que Mar­guerite avait cinq ans et son frère Chrysos­tome, sept, celui-ci dénicha une épée et vint pro­pos­er à sa petite sœur de chang­er d’habits avec lui et de courir après les fer­miers du voisi­nage pour leur faire grand-peur. Mais Mar­guerite refusa, craig­nant de com­met­tre un péché. A l’âge de huit ans, Mar­guerite perdit son père. Sa mère, acca­blée par le cha­grin, absorbée par ses affaires à démêler, ses ter­res à sur­veiller, dut se décider à met­tre sa petite fille en pen­sion chez les Clariss­es de Charolles.

Mar­guerite, si pieuse, se plut au milieu des religieuses. Celles-ci, de leur côté, admi­raient cette char­mante enfant, docile, appliquée à l’étude du catéchisme. Elles virent que cette petite âme pure désir­ait ardem­ment recevoir Notre-Seigneur dans la sainte Eucharistie. Aus­si, mal­gré tous les usages de ce temps, la pré­parèrent-elles à faire, dès l’âge de neuf ans, sa pre­mière Com­mu­nion. Cette ren­con­tre avec Jésus alluma dans le cœur de Mar­guerite une flamme d’amour qui devait tou­jours grandir. A par­tir de ce moment, on la vit chang­er. Elle, si joyeuse, si remuante dans les récréa­tions, ne sut plus s’amuser. A peine com­mençait-elle à courir, à jouer avec les autres élèves qu’il lui sem­blait qu’au fond de son cœur Notre-Seigneur lui rap­pelait qu’Il était là et l’incitait à le prier. Il lui fal­lait quit­ter les jeux, aller se cacher dans un coin des bâti­ments et s’y met­tre à genoux.