La tour de Grandcroix

Dans une modeste mais charmante habitation, située en pleine campagne normande, demeurait la famille Verdier, composée du père, de la mère et de quatre enfants : Lucienne âgée de treize ans, déjà sérieuse et raisonnable, Roger, grand garçon de onze ans, Ninette, qui en avait huit, et enfin le petit Paul qui n’en comptait que six. Cette aimable et nombreuse famille n’avait pour tout revenu que les appointements de M. Verdier qui exerçait…

les fonctions de percepteur. Aussi la maman devait-elle réaliser des prodiges d’économie pour parvenir à boucler le budget ; on y’arrivait cependant.

À côté de l’habitation de M. Verdier s’élevait une tour délabrée, dernier vestige d’un château…

qui avait connu des siècles de splendeur. Il était la propriété des comtes de Grandcroix, anciennement hauts et puissants seigneurs, dont les générations successives avaient fait retentir les bois de leurs classes et chevauchées. Cette noble famille était peu à peu tombée en décadence et avait fini par se trouver totalement ruinée.
