D’une illustre naissance, riche et belle, Catherine, à 13 ans, avait sollicité son admission dans un couvent de la stricte observance, mais sa jeunesse l’avait fait refuser. Trois ans plus tard, son père la donna en mariage à un jeune noble de mœurs dissolues qui la traita avec tant de rudesse que, poussée à bout par cinq années de cruels tourments, elle abandonna la sévérité de sa vie pour se mêler à la société mondaine de la ville de Gênes. Mais bientôt le dégoût du monde et de ses fautes fut si vif en elle qu’elle manqua défaillir : elle résolut alors de s’adonner pour toujours à la prière et à la plus austère pénitence. Durant de longues années, elle ne put supporter d’autre aliment que la Sainte Hostie, mais, pour n’en laisser rien voir, elle prenait à table quelque nourriture qu’il lui fallait rejeter ensuite. Sur l’inspiration de Notre-Seigneur, elle se livra, quatre ans durant, à des rigueurs extraordinaires. Puis, pendant vingt-cinq ans, ce furent des extases presque continuelles, où elle reçut d’étonnantes révélations. Toutefois, elle conserva un rôle merveilleusement actif. La charité dont elle fit preuve dans les hôpitaux, en se dévouant au service des malades et en remplissant avec joie les plus humbles offices, amena son mari à sortir du péché et à faire une mort édifiante. Elle-même, sur la fin de sa vie, connut les deuils, les chagrins, la maladie ; malgré sa répugnance pour les remèdes, elle fut toujours entièrement soumise à ceux qui la soignaient. Ses derniers moments furent marqués par des peines intérieures et extérieures analogues à celles de Jésus crucifié. Le démon eut la permission de se montrer à ses yeux, mais elle le chassa honteusement. Elle mourut le 15 septembre 1510.
Sainte Catherine de Gênes, Veuve
Ouvrage : Le Saint du Jour | Auteur : Berthet, Abbé Henri


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