La bienheureuse Marie de l’Incarnation, Converse carmélite

Ouvrage : Le Saint du Jour | Auteur : Berthet, Abbé Henri

Elle naquit à Paris en 1565. À onze ans, elle fut mise en pen­sion dans une mai­son reli­gieuse, où elle don­na tous les exemples de la pié­té. Par obéis­sance à ses parents, elle renon­ça à son attrait pour la vie reli­gieuse et épou­sa à 18 ans Pierre Aca­rie de Vil­le­mor. De ce mariage naquirent six enfants : trois filles et trois gar­çons. Notre sainte mit un soin extrême à leur édu­ca­tion. Ils se levaient de bonne heure, réci­taient ensemble la prière du matin, fai­saient la médi­ta­tion et allaient entendre la messe ; venaient ensuite l’é­tude et les récréa­tions. La mère pré­si­dait à tout : elle les avait tel­le­ment accou­tu­més à sa pré­sence qu’ils ne pou­vaient s’en pas­ser, et il lui fal­lait prendre part à leurs diver­tis­se­ments. Ces enfants pro­fi­tèrent admi­ra­ble­ment d’une telle édu­ca­tion : les trois filles devinrent Car­mé­lites et les trois fils, enga­gés dans les dif­fé­rentes car­rières de la magis­tra­ture, du sacer­doce et des armes, conser­vèrent tou­jours dans leur cœur les sen­ti­ments que leur sainte mère s’é­tait effor­cée de leur ins­pi­rer. En celle-ci d’ailleurs les qua­li­tés d’é­pouse et de maî­tresse de mai­son valaient les qua­li­tés de mère : on admi­rait son dévoue­ment à l’é­gard de son mari, sa bon­té à l’é­gard des domes­tiques. Lorsque Pierre Aca­rie fut ban­ni par Hen­ri IV comme par­ti­san de la Ligue et que ses biens furent confis­qués, Marie sup­por­ta cette ruine com­plète avec une patience admi­rable. Elle aida M. de Bérulle à intro­duire en France l’Ordre des Car­mé­lites, récem­ment réfor­mé en Espagne par sainte Thé­rèse. Deve­nue veuve en 1613, elle entra elle-même chez les Car­mé­lites comme sœur converse, et ses infir­mi­tés crois­santes ne l’empêchèrent pas de se char­ger des plus humbles offices. Elle mou­rut en 1618 dans la com­mu­nau­té de Pon­toise. On cite d’elle cette parole adres­sée à ses enfants : « Quand vous auriez tout per­du ou ren­ver­sé la mai­son, si vous l’a­vouez lors­qu’on vous le deman­de­ra, je vous par­don­ne­rai de bon cœur ; mais je ne vous par­don­ne­rai jamais la plus petite dis­si­mu­la­tion. Seriez-vous aus­si hauts que le pla­fond, je loue­rai des hommes s’il le faut, mais je ne lais­se­rai pas vos men­songes impunis. »

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