Saint Grégoire le Grand, Pape et Docteur de l’Église

Ouvrage : Le Saint du Jour | Auteur : Berthet, Abbé Henri

Gré­goire, qui fut plus tard sur­nom­mé le Grand, était romain et fils du séna­teur Gor­dien. For­mé aux études juri­diques, il était deve­nu pré­teur quand, à l’âge de 35 ans, il quit­ta le monde. Il fon­da six monas­tères en Sicile et un sep­tième à Rome, où il se reti­ra. Les aus­té­ri­tés aux­quelles il se livra ne tar­dèrent pas à alté­rer sa san­té. C’est alors que le pape Pélage II, après l’a­voir ordon­né diacre, l’en­voya comme légat à Constan­ti­nople. Pélage étant mort quelques années plus tard, Gré­goire, après une éner­gique résis­tance, dut accep­ter de lui suc­cé­der sous le nom de Gré­goire Ier. La situa­tion était des plus cri­tiques : déchi­rée par une mul­ti­tude d’hé­ré­sies, déso­lée par la tié­deur de son cler­gé, l’É­glise, au dire de Gré­goire lui-même, « était comme un vieux navire vio­lem­ment secoué, fai­sant eau de toutes parts » ; on croyait la fin du monde arri­vée. Gré­goire ne se décou­ra­gea pas. Il répri­ma les Dona­tistes en Afrique, les Ariens en Espagne, expul­sa les Agnoètes d’A­lexan­drie, obli­gea les Goths à quit­ter l’hé­ré­sie arienne. Il conver­tit la Grande-Bre­tagne en y envoyant saint Augus­tin et qua­rante moines. Au patriarche de Constan­ti­nople il fit aban­don­ner le titre de patriarche œcu­mé­nique qu’il s’é­tait attri­bué pour lui don­ner une leçon il s’in­ti­tu­la lui-même et intro­dui­sit pour les papes l’u­sage de s’in­ti­tu­ler « ser­vi­teur des ser­vi­teurs de Dieu, ser­vus ser­vo­rum Dei ». Il s’ef­for­ça de réfor­mer le cler­gé sécu­lier et régu­lier. Il ajou­ta à l” « Hanc igi­tur » de la messe les mots diesque nos­tros in tua pace dis­po­nas : éta­blis­sez nos jours dans votre paix ». Consi­dé­rant la musique sacrée, non comme un acces­soire, mais comme une par­tie du culte, il ras­sem­bla les anciennes mélo­dies et en ajou­ta d’autres : ce qui a valu à ce chant le nom de chant gré­go­rien. Auteur de nom­breux ouvrages qui lui ont méri­té le titre de Doc­teur de l’É­glise, saint Gré­goire mou­rut le 12 mars 604, après qua­torze ans d’un pon­ti­fi­cat surmené.

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