Le bienheureux Pierre-Louis-Marie Chanel

Ouvrage : Le Saint du Jour | Auteur : Berthet, Abbé Henri

Pierre-Louis-Marie Cha­nel naquit le 12 juillet 1803, à Cuet, vil­lage du dio­cèse de Lyon ; il était le cin­quième de huit enfants. Il fit ses huma­ni­tés à Mexi­mieux et ses études théo­lo­giques au Grand Sémi­naire de Brou. Ordon­né prêtre le 15 juillet 1827, il fut d’a­bord vicaire d’Am­bé­rieu, puis curé de Cro­zet. Pris du désir de la vie reli­gieuse, il entra en 1831 dans la Socié­té de Marie. Après cinq ans de pro­fes­so­rat au Petit Sémi­naire de Bel­ley, il deman­da Les mis­sions d’O­céa­nie. Avec deux com­pa­gnons, on l’en­voya dans Pile de Futu­na. Le roi de l’île les héber­gea pen­dant deux ans. Mais il prit bien­tôt ombrage des pro­grès du chris­tia­nisme et ces­sa de ravi­tailler les mis­sion­naires, qui, pour sub­sis­ter, durent se mettre à défri­cher un champ de manioc. Pour les obli­ger à par­tir, on volait leurs fruits : un jour ils en furent réduits à man­ger leur chien pour ne pas mou­rir de faim. Ils tinrent bon et le petit groupe de fidèles ne ces­sa de s’ac­croître. Le roi, jaloux et furieux, déci­da la mort des mis­sion­naires. Le P. Cha­nel se tenait prêt. À quel­qu’un qui lui disait : « Pour­quoi vous don­ner tant de peine à tra­vailler, puisque nous allons mou­rir demain ? », il répon­dit aus­si­tôt « Eh bien ! ce ne sera pas le plus mau­vais de nos jours. Ne savez-vous pas la réponse de saint Louis de Gon­zague lors­qu’on lui deman­da ce qu’il ferait s’il devait mou­rir à l’ins­tant ? » Et, sans se trou­bler, le P. Cha­nel conti­nua à bêcher son jar­din. Le 28 avril 1841, à la pointe du jour, une horde sau­vage se jeta sur le mis­sion­naire et l’as­som­ma à coups de bâtons et de mas­sues. C’est ain­si que, sans une plainte, le P. Cha­nel ren­dit son âme à Dieu. Peu d’an­nées après ce drame, toute l’île “de Futu­na était chré­tienne, y com­pris les assas­sins du saint martyr.

Les commentaires sont fermés.