À l’occasion des Croisades, beaucoup de chrétiens tombaient entre les mains des infidèles et devenaient esclaves. De plus, les corsaires mahométans infestaient les mers et s’emparaient des équipages et des passagers qu’ils entassaient ensuite dans les bagnes infects d’Alger, de Tunis ou du Maroc. Les malheureux captifs, outre les tourments physiques, avaient à subir les violences morales par lesquelles on essayait de les arracher à la foi chrétienne. Jean de Matha fut l’un venir des bons ouvriers suscités la Providence par à leur aide. Né en 1160 à Faucon, en Provence, il étudia successivement à Marseille, Aix et Paris. Pendant sa première messe, un ange lui apparut, portant sur sa poitrine une croix rouge et bleue ; à ses pieds, et dans la posture de suppliants, étaient deux esclaves chargés de chaînes, l’un maure et l’autre chrétien. Perplexe, Jean se rendit du côté de Meaux, où il se joignit à un noble solitaire de sang royal, Félix de Valois. Ils attendaient ensemble une manifestation plus claire de la volonté de Dieu quand, un jour, ils virent un cerf blanc venir se désaltérer à une source voisine, avec, entre ses bois, une croix rouge et bleue pareille à celle de la première vision. Sans hésiter plus longtemps, ils fondèrent un Ordre religieux pour le rachat des captifs : celui des Trinitaires. Une première expédition partit pour le Maroc, une autre pour Tunis et Tripoli. Le retour triomphal des esclaves libérés provoqua d’abondantes aumônes dans tous les pays catholiques. Épuise par ses austérités, ses voyages et ses luttes contre l’insatiable cupidité des musulmans, Jean de Matha mourut en 1213 dans son couvent de Rome.
Saint Jean de Matha, Confesseur
Ouvrage : Le Saint du Jour | Auteur : Berthet, Abbé Henri


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