Catégorie : <span>2 *** LES AUTEURS ***</span>

Ouvrage : L'Étoile noëliste | Auteur : Valdor

DANS un vil­lage d’O­rient où ils étaient nés et où ils avaient tou­jours vécu, per­sonne cer­tai­ne­ment ne connais­sait, mieux les étoiles que le petit ber­ger Rhaël et sa sœur Noé­mie. Ils les avaient si sou­vent contem­plées pen­dant les belles nuits chaudes, alors qu’ils cou­chaient en plein air, à côté de leurs troupeaux.

Rhaël et Noé­mie étaient pauvres et orphe­lins, mais ils n’é­taient pas mal­heu­reux, car ils s’ai­maient ten­dre­ment, et savaient se conten­ter de leur très humble position. 

Ils avaient de petites âmes très poé­tiques et un vif sen­ti­ment du beau et de l’i­déal ; c’est pour­quoi les étoiles du ciel les atti­raient par leur clar­té et leur mystère.

Ils les appe­laient par leurs noms, savaient l’heure d’a­près leur posi­tion sur l’ho­ri­zon, et s’en ser­vaient très bien pour se guider. 

Aus­si, quel ne fut, pas leur éton­ne­ment, une nuit, d’en aper­ce­voir une nou­velle qu’ils n’a­vaient encore jamais vue !

Elle était petite, mais très brillante et parais­sait lointaine.

Le len­de­main, l’é­toile était un peu plus grosse et parais­sait plus près, et il en fut de même les nuits sui­vantes : l’astre gran­dis­sait, et se rap­pro­chait visiblement. 

Nuit étoilé - Noël, l'étoile des mages

Les petits ber­gers étaient ravis d’é­ton­ne­ment et d’ad­mi­ra­tion et for­maient mille conjec­tures concer­nant ce phé­no­mène ; mais ils n’en par­laient à per­sonne ; d’a­bord, ils vivaient presque tou­jours dans la soli­tude, éloi­gnés de toute habi­ta­tion, et puis ils étaient peu com­mu­ni­ca­tifs, se suf­fi­sant par­fai­te­ment l’un à l’autre.

Main­te­nant, l’é­toile occu­pait toutes leurs pen­sées ; ils, atten­daient la nuit avec impa­tience pour voir. Elle brillait d’un éclat, incom­pa­rable, jetant mille feux comme une escar­boucle et mon­tant chaque soir un peu plus haut dans le ciel.

Ouvrage : La semaine de Suzette | Auteur : Giraud, Mad H.

C’EST incroyable ! s’é­cria Cadiche, voi­ci encore la vieille Sophie qui fait un nou­veau gâteau ! C’est au moins le qua­trième depuis deux jours et elle n’a pas l’air dis­po­sée à s’arrêter !

Ata­lante, la jolie jument ale­zane, regar­da l’âne avec pitié : 

— Toi qui es tou­jours si bien infor­mé, dit-elle, je suis sur­prise que tu ne saches pas que c’est demain Noël, un grand jour de fête !

— D’au­tant plus, rumi­na Colombe, une grosse vache blonde, que tu devrais te rap­pe­ler l’his­toire que l’on t’a contée comme à moi, quand tu étais petit, et dans laquelle l’un de tes ancêtres, comme l’une des miennes, réchauf­fait le petit Jésus qui venait de naître…

— Beuhhh… dit le bœuf, vous vous trom­pez ma com­mère ! C’é­tait l’un de mes ancêtres, à moi !

Ouvrage : Le sabot de Noël | Auteur : Giron, Aimé

L’hor­loge a son­né… un — deux — trois — quatre — cinq — six — sept — huit — neuf – dix — onze — douze… — Minuit !

À chaque coup un ange se déta­chait de la cloche et s’en­vo­lait au ciel : Noël ! Noël ! L’en­fant Jésus est né !… Noël !

Voi­ci que de la tour de l’é­glise monte un bour­don­ne­ment comme si des ruches s’é­veillaient. — Ce sont en effet les cloches, grosses abeilles du clo­cher, qui com­mencent à vol­ti­ger. Dig ! ding ! dong ! Noël ! Noël ! Dig ! ding ! dong !

De très loin on entend leur carillon. — Les cor­beaux qui logent à côté, dans la char­pente, s’en­volent par les ouver­tures en criant, et ils tour­noient comme une cou­ronne noire autour de la flèche pointue.

Dig ! ding ! dong ! Noël ! Noël ! Dig ! ding ! dong ! Les branches nues des arbres se balancent. les portes des mai­sons s’ouvrent. les sabots passent dans la rue.

Aux fenêtres les lampes s’al­lument, et par les che­mi­nées s’é­chappent des fumées bleues, comme des filets de gaze à prendre les papillons d’hi­ver. — Le feu pétille clair et joyeux sur la pierre du foyer.

Le vent roule la neige contre les por­tails des cours, et secoue au bord du toit le ché­neau de fer-blanc.

Dans le gre­nier quel vacarme ! Noël ! Noël ! Dig ! ding ! dong !

Écou­tez au jour de l’é­table. Les bœufs meuglent… les agneaux bêlent… les coqs chantent… les poules caquettent… — Les voi­là éveillés !

Ils ont tous pres­sen­ti l’an­ni­ver­saire de la nuit où l’en­fant Jésus est venu au monde. On avait gar­ni de paille fraîche les râte­liers, de feuilles mortes les man­geoires et de grains nou­veaux les poulaillers.

Ayant enten­du tin­ter minuit, len­te­ment, pieu­se­ment, ils se sont agenouillés.

— C’est la seule nuit de l’an­née et l’heure bénie où ils flé­chissent ain­si le genou dans la litière.

Deman­dez au vieux pay­san de la plaine ; au mon­ta­gnard fervent qui vit sur les mon­tagnes, près du ciel.

Le maître de l’é­table ne l’i­gnore pas ; aus­si va-t-il le long des crèches, son bon­net à la main, dis­tri­buer aux ani­maux des poi­gnées de sel.

— Eh bien ! les grands bœufs !… L’en­fant Jésus est né… qu’il vous donne belle force et bon cou­rage au tra­vail. La terre gelée devient dure. Il faut creu­ser pro­fond les sillons ; et le champ est vaste. À vous, la bou­chée de sel de l’en­fant Jésus.

Distribution du sel aux animaux durant la nuit de Noël

Les grands bœufs, tou­jours accrou­pis dans la paille, ont remué leur grosse tête et souf­flé avec bruit leur haleine de vapeur ; puis, sérieu­se­ment, ils se sont mis à rumi­ner le sel, en remuant les oreilles.

Ouvrage : Petites Vies Illustrées pour enfants | Auteur : Goldie, Agnès

Les Quarante Martyrs

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Il fal­lait un fameux cou­rage et une grande grâce de Dieu pour attendre de pied ferme l’ours qui doit vous étouf­fer, la lionne prête à vous dévo­rer. Il fal­lut non moins de cou­rage pour subir le mar­tyre si dif­fé­rent, qui consis­tait à res­ter cou­ché sur la glace jus­qu’à la mort. 

Tan­dis que Constan­tin le païen conver­ti par la croix et deve­nu empe­reur — tra­vaillait en Occi­dent au triomphe de l’Église, Luci­nus, qu’il s’é­tait asso­cié, la per­sé­cu­tait en Orient. 

Ce prince ordonne que toutes les légions fassent aux dieux des sacri­fices publics, cela, sous peine de mort.

À Sébaste, en Armé­nie, qua­rante offi­ciers et sol­dats refusent d’o­béir. « Nous sommes chré­tiens »

— On ver­ra si vous le serez encore quand vous cla­que­rez des dents ! Qu’on les couche sur l’é­tang gla­cé, aux portes de la ville !

Les Quarante Martyrs de Sébaste morts sur la glace
« …Len­te­ment il se traîne sur la glace…

Pour les ten­ter, un bain chaud est entre­te­nu sur la berge. La seule vapeur qui s’en dégage, donne envie de cou­rir s’y jeter… 

La prière sou­tient leur cou­rage. L’un d’eux aurait-il ces­sé de prier ?… Voi­ci que son cou­rage fai­blit… len­te­ment il se traîne sur la glace. Les païens qui entre­tiennent l’eau chaude l’aident à se his­ser dans la bai­gnoire. La dif­fé­rence de tem­pé­ra­ture le sai­sit et il expire presque aussitôt. 

Tan­dis que ceci se passe, une des sen­ti­nelles a vu le ciel se peu­pler d’anges qui tiennent des cou­ronnes au-des­sus des trente-neuf sol­dats res­tés fidèles. L’ange du trans­fuge n’a plus per­sonne à cou­ron­ner. Alors, ne fai­sant ni une ni deux, le sol­dat laisse tom­ber sa chaude cape et, gre­lot­tant, mais brave, va se cou­cher à la place vide : « Je crois en Dieu. Je suis chré­tien ! » dit-il.

Au petit jour, les qua­rante corps sont entas­sés sur un char­riot et jetés au feu… Et, grâce à la sen­ti­nelle, c’est bien au nombre de qua­rante qu’ils furent cou­ron­nés dans la gloire…

Saint Sébastien

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Sébas­tien naquit à Nar­bonne, d’une famille chré­tienne ori­gi­naire de Milan. Par­ve­nu à l’âge de choi­sir une car­rière, il s’en­ga­gea dans l’ar­mée de César. L’ar­mée romaine était fort nom­breuse et fort répu­tée et, pour tout sujet de l’Em­pire, c’é­tait une gloire d’y ser­vir et de por­ter les aigles romains de l’O­rient à l’Oc­ci­dent, du Finis­tère à la Pales­tine, sans oublier l’A­frique du Nord.

Ouvrage : Les bons anges | Auteur : Lelong, M.-H.

Chapitre VII

MAINTENANT, je vais vous dire ce qui s’est pas­sé le jour de la fête Notre-Dame des Anges, ce qui s’est pas­sé dans les rues par­se­mées de bleuets, de mar­gue­rites et de fougères. 

La pro­ces­sion était déjà très belle, mais si l’on avait pu voir, comme les anges, ce qui se pas­sait dans le cœur des petites filles de la pro­ces­sion, on aurait vu quelque chose de plus beau encore.

D’a­bord, il fai­sait un grand soleil. 

Tous ceux qui ont vu, au moins 7 ou 8 fois, reve­nir les belles fêtes de l’an­née, savent que les sai­sons suivent le calen­drier. Les choses se passent un peu comme dans le livre des « Cinq cents recettes de cui­sine » : pour une belle fête de Noël, pre­nez une église de vil­lage, des sapins, sau­pou­drez-les de neige et de givre … Une Tous­saint bien réus­sie veut une petite pluie grise. La fête de Notre-Dame des Anges, elle, doit être ser­vie chaud. Thé­rèse l’a­vait défi­nie autre­fois : « C’est quand le Bon Dieu se pro­mène sous le soleil, et moi je lui jette des fleurs. » En effet, à Notre-Dame des Anges le Bon Dieu aime tel­le­ment se pro­me­ner qu’à l’As­somp­tion il fait comme si c’é­tait la Fête-Dieu ! Donc, il y avait, ce jour-là, beau­coup de soleil. 

Le petit vil­lage dont je vous parle est posé au croi­se­ment de deux routes. Comme, à chaque bout, un repo­soir a été dres­sé, le che­min du Saint Sacre­ment forme une croix, un grand signe de croix à tra­vers les fermes et les maisons. 

Les enfants de chœur suive la croix de procession

Cela com­mence, la veille au soir, par des écha­fau­dages de ton­neaux, de caisses, de poutres. On ne croi­rait jamais qu’il en sor­ti­ra quelque chose de bien. 

On a sac­ca­gé les parterres. 

Les fers à fri­ser du vil­lage sont mobi­li­sés : des têtes bou­clées, c’est encore ce qu’on a trou­vé de mieux pour repré­sen­ter des anges.

Sur le coup de 3 heures et demie, la pro­ces­sion débouche sur la place. 

Car elle sort, à Notre-Dame des Anges, la procession. 

Dans cer­tains pays, les gens sont si méchants, si méchants, qu’ils empêchent le Bon Dieu de sor­tir une mal­heu­reuse fois par an. Alors, comme un pauvre oiseau en cage, il fait seule­ment le tour de sa prison. 

Dans mon petit vil­lage, il sort, avec les ban­nières et la fan­fare muni­ci­pale au pas caden­cé, qui lance au ciel le ton­nerre de sa musique et l’é­clat de ses cuivres bien astiqués.