Un troupeau mysterieux (Songe)
La belle vertu
Ce songe a été raconté par Don Bosco à ses élèves en 1867 :

« Dans la nuit du 29 au 30 mai, dit le Saint, je me trouvais dans une immense plaine peuplée de brebis.
La Confirmation
Chapitre XI
Vacances de Pâques ! Qui dira ce que ces trois mots contiennent de joie ?

L’hiver est passé. Les petites primevères blanches ou roses étalent leurs grosses touffes dans la mousse ; les
Saint Honorat
Le chant des Alyscamps
Devant nous s'ouvre la longue allée, bordée de hauts peupliers d'Italie au feuillage touffu. De chaque côté s'alignent des tombeaux, des dalles funéraires, des monuments en ruines.
Du moine qui voulut voir Notre-Dame
Tous ceux qui prétendent que rien ne vaut la joie de voir, chaque jour, en leur place, les belles choses que Dieu a créées, je répliquerai par le cas d’un jeune clerc qui eût donné
Au temps du Christ
I

La première mission chrétienne
Les missionnaires, ouvrant l'Évangile, y lisent leur consigne ; ils y lisent aussi l'annonce de ce qui sera peut-être leur destinée.

Jésus-Christ ordonna lui-même
Au soir de la Saint-Sylvestre
Jour de l'An
De leur local de la rue de Grenelle, les fillettes sortent en courant. Les visages sont radieux et les langues marchent bon train.

« Moi, je voudrais une belle poupée.

Épilogue
Il y a sur terre un milliard sept cent vingt-six millions d'hommes.

Sur ce nombre, un milliard quarante-trois millions ne sont pas encore chrétiens.

Sur les six cent quatre-vingt-trois millions de chrétiens,

Et maintenant une histoire ! Posts

Auteur : Lenotre, G. | Ouvrage : Autres textes .

Légende de Noël sous la Révolution - G. Lenôtre
C’était une grande poupée.

Aus­si loin que se repor­tent dans le passé mes sou­venirs, je revois la vieille mar­quise de Flav­i­gny, souri­ante et sere­ine, habituelle­ment assise dans une antique bergère gar­nie de velours couleur de pêche, sur lequel se détachaient ses cheveux gris et ses grands bon­nets de den­telle ornés de nœuds trem­blants.

Près d’elle se tenait, presque sans cesse, sur une chaise basse, une femme du même âge, souri­ante aus­si, le vis­age calme et apaisé. On appelait celle-ci « made­moi­selle Odile ». Ce n’était pas une ser­vante ; une grande famil­iar­ité sem­blait unir les deux vieilles dames qui, tout en tri­cotant des jupons de laine bleue à gross­es mailles qu’elles dis­tribuaient aux pau­vres, le jeu­di matin, avec une miche de pain et cinq pièces de deux liards, échangeaient à voix basse, d’un air de cama­raderie, presque de com­plic­ité, d’interminables con­fi­dences. À cer­tains jours, jours de grands range­ments, quand le tri­cot chô­mait, les deux amies entre­pre­naient la vis­ite de leurs armoires, immenses bahuts de chêne verni à longues pom­melles de cuiv­re, avec des entrées de ser­rures, étroites et hautes, découpées en arabesques ; elles ouvraient des boîtes, enruban­naient le linge, étendaient sur les rayons de beaux nap­per­ons brodés, épous­se­taient, frot­taient toute la journée. Nous étions là une bande d’enfants admis à ce spec­ta­cle salu­taire, à con­di­tion de ne touch­er à rien.

Au fond d’une de ces mys­térieuses armoires, comme en un sanc­tu­aire, repo­sait, debout dans une boîte de verre, un objet pour lequel les deux dames sem­blaient avoir une sorte de vénéra­tion. C’était une grande poupée vêtue, à l’ancienne mode, d’une robe de soie élimée ; les années l’avaient faite presque chauve ; son nez était cassé, ses mains et son vis­age étaient écail­lés et déver­nis, et je me rap­pelle qu’elle n’avait plus qu’un souli­er, un vieux souli­er de maro­quin tout craque­lé, avec une boucle d’argent noir­ci et un haut talon qui avait été rouge.

Quand elles en arrivaient à cet imposant bibelot, la mar­quise et Mlle Odile le déplaçaient avec des ménage­ments d’enfant de chœur mani­ant un reli­quaire : elles en par­laient à voix crain­tive, en phras­es cour­tes :

« ELLE a encore per­du des cheveux… Son jupon est main­tenant tout usé… Voilà un doigt qui tombera bien­tôt. »

On soule­vait avec mille pré­cau­tions le cou­ver­cle de verre, on raje­u­nis­sait le poivre, on défripait la jupe à petits coups d’ongle très pru­dents. Puis on remet­tait la poupée en place, debout sur le plus beau ray­on, comme sur un autel.

« Tient-elle bien, ma mie ? » demandait la mar­quise. C’est ain­si qu’elle désig­nait Mlle Odile. Celle-ci, famil­ière­ment, l’appelait « madame Solange », sans jamais lui don­ner son titre, par­lant avec une sorte d’accent loin­tain d’Alsace, sans rudesse pour­tant, et si dis­cret qu’on l’eût dit estom­pé par le temps.

Nous n’en savions pas davan­tage sur l’histoire des deux vieilles dames et de leur poupée quand, un soir — c’était la veille de Noël d’une année qui est déjà bien loin — nous fûmes, d’un coup, ini­tiés à tout le mys­tère. Ce jour-là, Odile et la mar­quise avaient bavardé avec plus d’animation encore qu’à l’ordinaire. Vers le soir, toutes deux s’étaient recueil­lies et avaient fait silence : les mains jointes, elles se regar­daient d’un air atten­dri et l’on dev­inait qu’un com­mun sou­venir leur rem­plis­sait l’âme.

Quand la nuit fut tout à fait tombée, Odile alluma les bou­gies ; puis, sor­tant de dessous son tabli­er un trousseau de clefs, elle ouvrit l’armoire à la poupée. On tira la poupée de sa boîte ; dans ses fal­balas ter­nis, avec sa tête sans cheveux, elle parais­sait bien plus vieille que les deux dames qui se la pas­saient, de main en main, avec des mou­ve­ments soigneux, presque ten­dres. La mar­quise la prit sur ses genoux, rame­na douce­ment le long du corps les bras de plâtre, dont les join­tures firent enten­dre un vieux petit grince­ment sem­blable à une plainte, et elle se mit à con­tem­pler la « dame » avec un sourire d’affection.

Auteur : Herbé | Ouvrage : Et maintenant une histoire I, Les commandements à observer, les vertus à pratiquer .

Décem­bre. La tem­pête fai­sait rage. La neige tour­bil­lon­nait sans arrêt depuis des heures. Volets clos, silen­cieuses sous les rafales ; les maisons se tas­saient, à demi ensevelies sous l’épaisse couche blanche que le vent des Alpes accu­mu­lait en mass­es énormes.

Le docteur rentre à sa maison dans la tempêteLa porte de la demeure du doc­teur Ner­val, de G…, s’ouvrit brusque­ment, et le médecin, entrant d’un geste vif chez lui, refer­ma la porte et sec­oua ses vête­ments.

« C’est toi, Hen­ri ? », appela une voix de femme.

« Oui, c’est moi. Ouf ! quel temps, Seigneur ! J’en ai rarement vu de pareil. J’ai dû met­tre un quart d’heure pour faire les 1oo mètres qui nous sépar­ent de la clin­ique. M’a-t-on appelé en mon absence ?

— Non, par bon­heur, dit Mme Ner­val. S’il te fal­lait sor­tir par un tel temps, je serais ter­ri­ble­ment inquiète.

— Et les enfants ?

— Ils vont bien ; je les fai­sais tra­vailler quand tu es entré. »

À ce moment, la son­ner­ie du télé­phone reten­tit.

« Veux-tu pren­dre la com­mu­ni­ca­tion en atten­dant que je sois prêt ? », deman­da le doc­teur Ner­val à sa femme.

Celle-ci décrocha l’écouteur :

« Allo… Oui, c’est bien chez le doc­teur Ner­val… Il vient de ren­tr­er à l’instant même. Un acci­dent ? D’où télé­phonez-vous ? De La Ser­raz ? Bien, mais com­ment est le malade ? Atten­dez, je vous passe le doc­teur… »

Aux pre­miers mots pronon­cés par sa femme, le doc­teur venait de s’avancer rapi­de­ment vers l’appareil qu’il prit en main ; sa voix calme et grave con­tin­ua l’interrogatoire :

« Ici, le doc­teur Ner­val… Où s’est passé l’accident ? À la ferme des Mouchet… Bon, je vois… Qu’y a-t-il eu ?

Une jambe broyée sous un fayard… L’a-t-on ramené chez lui ? Bien… Beau­coup de sang ?… Par­le-t-il ?… Très pâle ?… Qui est avec lui ? Seule­ment sa femme et sa fille… Et vous ? Cer­taine­ment, il faut que je m’y rende… Enten­du, atten­dez-moi pour me guider à par­tir du col. »

Auteur : Péguy, Charles | Ouvrage : Les saints de tous les jours .

Il était une fois un homme, un homme qui s’ennuyait, mais qui s’ennuyait ! On ne pour­ra jamais dire com­bi­en s’ennuyait cet homme-là. Sa vie était telle­ment grise, morose, monot­o­ne. Il s’ennuyait tout le long de la journée. Mais cet homme qui s’ennuyait tout le long de la journée, qui s’ennuyait le matin, cet homme qui s’ennuyait le soir, savait que pour sor­tir de son ennui il n’avait qu’à com­met­tre un gros péché. Un gros péché, là. Pec­ca­tum enorme, ingens. Un gros péché qui le désen­nuierait une fois pour toutes. Un péché énorme. Une faute, une faute énorme, une trans­gres­sion abom­inable.

Et cette faute était ain­si faite que pour la com­met­tre une fois pour toutes, cet homme n’avait qu’à écrire une let­tre. Rien qu’une let­tre. Une let­tre de rien du tout. Pren­dre là une feuille de papi­er, la met­tre sur son bureau, bien devant soi, trem­per la plume dans l’encre, écrire. Et ça y était. Ça lui aurait don­né de l’occupation pour toute sa vie. Plusieurs fois il avait dit : Non, c’est trop bête, je m’ennuie trop, mais il s’était tou­jours arrêté à temps.

Saint Louis - 25 août
Saint Louis

Or, un jour que la vie de ce pau­vre homme était encore plus grise, plus terne qu’à l’ordinaire, il n’y tint plus du tout : Allons, dit-il, et il prit une feuille de papi­er à let­tre. Mais il faut que je vous apprenne que cet homme qui s’ennuyait avait une manie. Une manie quand il écrivait. Il ne pou­vait regarder la date sans regarder en même temps le saint du jour. Allons, dit-il, et il décrocha le cal­en­dri­er, same­di 21, dimanche 22, lun­di 23, mar­di 24, mer­cre­di 25… Saint Louis !

Saint Louis ! Ça n’allait pas tout seul. Saint Louis. Il se mâchon­nait la mous­tache. Non, vrai­ment, jamais il n’aurait le courage de com­met­tre un aus­si gros péché que le sien le jour de saint Louis. Ça n’était pas pos­si­ble. Il ne fal­lait pas même y songer. Pensez donc ! Saint Louis et tout ce que ça représen­tait. Blanche de Castille. Saint Louis ren­dant la jus­tice. Saint Louis et les Croisades. Saint Louis à Carthage et cette épée et ce scep­tre et ce lit de cen­dre. Saint Louis, roi de France, mod­èle et exem­plaire et patron des rois de France. Toute cette anci­enne France. Pro­tecteur de la France et des Français. De tous les Français. Avec son beau vête­ment bleu à fleurs de lys, la main de la jus­tice à la main comme dans le tableau du père Lau­rens. Pas moyen de pass­er out­re. Jamais saint Louis ne lais­serait com­met­tre une chose pareille.

Vous voyez la finesse. La seule idée, la seule représen­ta­tion de saint Louis suf­fit à l’arrêter instan­ta­né­ment. Parce que les saints français et saint Louis en par­ti­c­uli­er sont des saints qui enfon­cent les autres saints. Saint Louis ! Mais ça ne pou­vait pas dur­er tou­jours comme ça. Il remit le cal­en­dri­er des postes à sa place en se dis­ant que ça ne serait que par­tie remise. Il était décidé. Plus ça allait, plus il s’ennuyait. La pluie, le vent, le soleil, les gens qu’il ren­con­trait, sa femme, ses amis, le jour, le soir, ce qu’il fai­sait, ce qu’il ne fai­sait pas. Tout l’ennuyait. Le lende­main il rou­vrit sa boîte à papi­er à let­tres, éten­dit soigneuse­ment sur la table la feuille de papi­er, trem­pa sa plume dans l’encre : Ah ! la date. Mer­cre­di, jeu­di 26. Saint Zéphyrin. Ah ! Saint Zéphyrin. Bien. Bien. Et il se mit à écrire.

Auteur : Bourron, Edmée | Ouvrage : Et maintenant une histoire I, Les commandements à observer, les vertus à pratiquer .

Suzon, Suzon, cria Claude, je viens d’entendre du bruit à l’étable !

— En es-tu sûr, deman­da la sœur aînée qui tri­co­tait au coin de l’âtre ? C’est la bise peut-être qui fait grin­cer la porte ou la fenêtre. La mai­son bouge toute. Quelle tem­pête dehors ! »

Suzon était une robuste fil­lette de douze ans au vis­age calme et énergique. Elle se leva de sa chaise pour voir l’heure que mar­quait l’horloge et ajou­ta :

« Comme Papa et Maman ren­trent tard ce soir !

— Je parie que le train est en panne au tun­nel du Val-Noir comme lun­di dernier », soupi­ra Riquou, l’un des cadets.

Histoire chrétienne pour les enfants« Ça se peut bien, fit-elle, la bise a souf­flé toute la journée. Il a dû s’amasser de for­mi­da­bles couch­es de neige sur la voie et dans les chemins… Allons, mes petits, il est tard, il faut aller se met­tre au lit. »

Ses qua­tre frères et sœurs l’entourèrent avec des cris de protes­ta­tion et Jean­nette, la petite dernière, se mit à pleur­nich­er :

« Atten­dons un peu. J’aurai peur toute seule dans ma cham­bre.

— Poltronne va, peur de quoi ? Des rats ? De la bise qui chante dans la chem­inée ? Je t’ai sou­vent répété que…

— Suzon, inter­rompit Claude, en la tirant par la manche de son tabli­er, je viens encore d’entendre du bruit dans l’étable.

— Allons voir, lança-t-elle. C’est peut-être la génisse qui s’est détachée. Si elle s’amuse à cor­ner le mulet, elle recevra une bonne ruade. Elle pour­rait avoir une pat­te cassée. Riquou, toi le plus courageux, viens avec moi. Les autres restez ici. »

Suiv­ie de son frère, elle s’en fut pouss­er la porte de bois qui fai­sait com­mu­ni­quer la cui­sine avec l’étable, comme dans beau­coup de fer­mes de la mon­tagne.

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1570… Une situation de crise

Les pays d’Europe, prin­ci­pale­ment à cause des suites de la révolte de Luther et des débuts du protes­tantisme, se dis­putent et se jalousent. Les “Ottomans”, c’est à dire les Turcs (musul­mans), en prof­i­tent pour devenir de plus en plus agres­sifs. Ils pren­nent ville après ville et port après port. Cela devient très inquié­tant.

Seul le pape de ce temps-là, le pape saint Pie V, voit vrai­ment le dan­ger. Il sonne l’alarme : tout l’Occident risque d’être envahi par l’Islam, enne­mi de la Croix et des chré­tiens.

Les musulmans envahissent ChypreSeptembre 1570… L’île de Chypre presque conquise

Le sul­tan Sélim écrase la ville de Nicosie, cap­i­tale de Chypre et assiège Fam­agouste, l’autre grande ville de l’île.

Pen­dant ce temps là, les ami­raux de la flotte chré­ti­enne se dis­putent… et cer­tains font marche arrière. Ils n’ont pas du tout le moral… et ont peur de la puis­sance meur­trière des Ottomans…

S’unir et s’organiser

Le pape réag­it. Avec beau­coup de courage et d’énergie, il mul­ti­plie les démarch­es auprès des gou­ver­nants. D’abord pour que, en tant que princes chré­tiens, ils se déci­dent à faire face.

Seules l’Espagne et la République de Venise répon­dront à l’appel du pape.

Ensuite, il faut que ces deux pays acceptent de se ranger sous une autorité unique, sinon ce serait la pagaille dans les com­bats : finale­ment, avec l’accord de tous, le pape nomme le fils de Charles-Quint, Don Juan, seul et unique général des armées de terre et de mer.

Décembre 1570… “Au nom du Christ, vous vaincrez”

Etendard donné par Saint Pie V à la Ligue - LépanteLa guerre est déclarée aux Turcs pour leur repren­dre “toutes les places qu’ils ont usurpées aux chré­tiens”.
Don Juan se voit remet­tre un mag­nifique éten­dard pour l’armée con­fédérée :

  • d’un côté, Notre-Seigneur en croix ;
  • de l’autre, les armes de l’Église entre les armes du roi d’Espagne et celles de Venise.

Allez, lui dit le pape, allez, au nom du Christ, com­bat­tre son enne­mi, vous vain­crez”.