Étiquette : Première communion

Auteur : Schnebelin, Marguerite | Ouvrage : 90 Histoires pour les catéchistes II, III. Dévotion à la Sainte Vierge .

Sor­tant de l’usine où elle a tra­vaillé tout le jour, une femme aux traits amai­gris s’engage dans l’étroit che­min qui mène hors de la ville jusqu’à une « grotte de Lourdes ». Voi­là huit jours qu’elle fait ce tra­jet. L’inquiétude et la peine courbent ses épaules lasses. Au logis, son mari est cou­ché depuis six mois, souf­frant cruel­le­ment. De son tra­vail à elle dépend l’existence de tous. Mais la mal­heu­reuse, épui­sée de sur­me­nage et de pri­va­tions, voit venir l’heure où la misère fera suite à la gêne au foyer désolé.

À peu de dis­tance se dresse le rocher où rayonne la blanche sta­tue de la Sainte Vierge. Celle qui monte vers ce but s’arrête dans le sen­tier, indé­cise, l’âme angoissée.

— Qu’est-ce que je fais !… Moi, pro­tes­tante, venir la prier ! Qu’est-ce que j’espère ! De quel droit récla­mer sa pitié ?…

Mais une voix s’élève au fond de l’âme trou­blée, une voix qui ras­sure et invite à l’espoir « Ton mari et tes enfants sont catho­liques et c’est pour eux que tu viens. » « Et puis, mur­mure la pauvre femme, j’ai fait ce que je devais : j’ai res­pec­té les croyances du père, j’ai veillé à ce que les petits connaissent et pra­tiquent leurs devoirs… »

| Ouvrage : 90 Histoires pour les catéchistes I, II. Les sept sacrements .

L’Eucharistie.

La Révo­lu­tion fran­çaise venait d’éclater. Par­tout les églises étaient pro­fa­nées, les prêtres dénon­cés, tra­qués comme des bêtes fauves, sou­vent fusillés sur le bord des che­mins. Les fidèles eux-​mêmes voyaient leurs mai­sons enva­hies par des bandes de for­ce­nés qui mena­çaient de les égor­ger s’ils ne dénon­çaient pas les prêtres qu’ils connaissaient.

Auteur : Daniel-Rops | Ouvrage : Légende dorée de mes filleuls .

— Imal­da ! Imalda !

Fresque de la Vierge - Vital des madones - BologneLa mère de l’enfant, qui l’appelait, se diri­gea sans hési­ter vers le fond du jar­din. Quand on ne voyait pas la fillette, on pou­vait être sûr qu’elle était là, dans ce coin tran­quille où l’on n’entendait que le souffle du vent sur la cime des cyprès et le gazouille­ment de la fon­taine. Contre le mur se dres­sait un petit ora­toire, fait tout sim­ple­ment d’un toit en auvent, abri­tant une fresque : cette pein­ture repré­sen­tait une Sainte Vierge tenant l’Enfant Jésus sur ses genoux, comme en avait tant peint le meilleur artiste de la ville, celui qu’on appe­lait « Vital des Madones », une Sainte Vierge d’une mer­veilleuse dou­ceur. Imal­da aimait cette belle image. De longues heures, bien qu’elle eût seule­ment neuf ans, elle demeu­rait age­nouillée sur les dalles de l’allée, priant, médi­tant, réci­tant les Psaumes qu’elle savait par cœur comme un moine ou une reli­gieuse. Et ses parents s’en étonnaient.

Son père, le comte Lam­ber­ti­ni, un des plus riches sei­gneurs de la ville, plus accou­tu­mé, comme beau­coup d’hommes de son temps, à faire des affaires et à se battre qu’à prier hum­ble­ment le Sei­gneur, trou­vait exa­gé­rée cette pié­té. « Va-​t-​elle donc se faire nonne ? » criait-​il quand il  appre­nait que sa fille était encore à genoux devant la Madone du jar­din. Mais sa femme, émer­veillée de trou­ver dans son enfant cette âme si pure et si chré­tienne, lui répon­dait qu’elle ne pou­vait cer­tai­ne­ment sou­hai­ter mieux que de voir sa petite conti­nuer à gran­dir dans l’amour du Christ.

— Qu’avons-nous à lui repro­cher ? Jamais une déso­béis­sance, jamais un men­songe, jamais un mou­ve­ment de mau­vaise humeur. Nous avons peut-​être don­né le jour à une petite Sainte. Laissons-​la répondre à la voix qui l’appelle…

Et l’amabilité, la gen­tillesse de cette enfant étaient si exem­plaires que, dans toute la famille, on lui avait chan­gé son nom de Made­leine en celui d’Imalda, qui vou­lait dire : « aus­si douce que le miel ».

* * *

Cela se pas­sait dans la ville de Bologne, au début du XIVe siècle, vers l’année 1330. A cette époque, l’Italie toute entière était dans une très dou­lou­reuse situa­tion. Depuis déjà long­temps, les guerres civiles suc­cé­daient aux guerres étran­gères, les unes et les autres fai­sant beau­coup de mal au pays. Le Pape et l’Empereur ne s’entendaient pas ; leurs par­ti­sans se livraient des com­bats ter­ribles, où des vil­lages flam­baient, des villes étaient assié­gées, prises et pillées. Très peu de temps avant, Bologne avait été ain­si champ de bataille et avait énor­mé­ment souf­fert. Ce n’était pas encore assez ! Dans la cité même les clans s’opposaient aux clans. On lut­tait famille contre famille, et chaque mai­son sei­gneu­riale se trans­for­mait en véri­table for­te­resse, capable de sup­por­ter des sièges : cer­taines avaient même dres­sé de très hautes tours, — l’une n’avait pas moins de cent mètres, — sem­blables à des don­jons, pour y ins­tal­ler leurs guet­teurs et leurs sol­dats ; deux de ces tours se voient  encore. Dou­lou­reuse situa­tion, et dont une petite fille sen­sible se ren­dait par­fai­te­ment compte.

D’ailleurs, tant de choses étaient tristes en cette époque ! Ne disait-​on pas que le Pape avait été obli­gé de fuir Rome où sa per­sonne sacrée n’était plus en sûre­té, et qu’il s’était réfu­gié, bien loin de là, au royaume de France, dans une ville nom­mée Avi­gnon où il construi­sait un grand palais : preuve qu’il vou­lait y demeu­rer bien long­temps. Dans l’Église entière, cette absence du Saint Père hors de la Ville Éter­nelle était consi­dé­rée comme un mau­vais pré­sage : depuis treize siècles, depuis que saint Pierre est 

Auteur : Par un groupe de pères et de mères de familles | Ouvrage : À la découverte de la liturgie avec Bernard et Colette .

Chapitre XXI

 

C’est demain l’Ordination, après-​demain la pre­mière Messe d’Yvon et la pre­mière Com­mu­nion de petit Pierre. Le grand cou­sin est en retraite depuis huit jours, et le ben­ja­min est en retraite aus­si. Par­fai­te­ment, trois grandes jour­nées de recueille­ment, entre maman et M. le Curé.

Ce soir, petit Pierre vient de ren­trer. Il monte trou­ver sa mère qui, par bon­heur, est toute seule dans sa chambre.

Comme lorsqu’il était « petit », Pier­rot grimpe sur ses genoux, et maman devine sans peine que c’est l’heure des confidences.

—    Qu’as-tu à me racon­ter, mon chéri ?

—    Je vou­drais que ce soit vous, ma maman à moi, qui me disiez les choses que je ne sais pas encore bien.

—    Les­quelles ?

—    On n’a jamais fini de m’expliquer toute la Messe, parce que les grands sont retour­nés sans moi à la cure… et puis Yvon a dis­pa­ru,… et moi, comprenez-​vous, je serais content de me pré­pa­rer à com­mu­nier comme fera Yvon. Je rece­vrai Jésus pour la pre­mière fois, et lui, pour la pre­mière fois, il Le tien­dra dans ses mains, avant de Le prendre dans son cœur.

Pierrot se confie à sa maman pour préparer sa première communionIl lui dira sûre­ment des mots très jolis, et je vou­drais dire les mêmes.

—    Rien de plus simple, mon ché­ri. Prends ton parois­sien. Nous allons y trou­ver ce que tu cherches.

—    Mon paroissien ?

—    Mais oui. Tu n’as cer­tai­ne­ment pas son­gé à ceci : Yvon n’aura d’autre pré­pa­ra­tion à sa com­mu­nion que celle qui est conte­nue dans les prières mêmes de la Messe, car la Com­mu­nion fait par­tie du Saint Sacrifice.
Te souviens-​tu, à la Cène, quand, le soir du Jeu­di Saint, Jésus ins­ti­tua l’Eucharistie ?

Auteur : Diethelm, P. Walther | Ouvrage : Le plus beau cadeau .

2 premiers communiantsJean-​Pierre, le fils du doc­teur, s’était réjoui depuis long­temps pour la ren­trée des classes après les vacances de Noël. Il aimait pour­tant bien les vacances, sur­tout en hiver, quand il y a de la neige et qu’on peut faire du ski ou aller en luge. Ce pre­mier jour de classe avait son impor­tance, car chaque pre­mier com­mu­niant devait tirer au sort son com­pa­gnon de pre­mière communion.

Jean-​Pierre, à ce sujet, a un désir secret : « Si seule­ment le sort tombe sur Albert Clé­ment. C’est le fils d’un riche fabri­cant, il a de si beaux jouets. Nous irions très bien ensemble : moi, le fils du doc­teur, et Albert, tou­jours si bien habillé ».

* * *

Le Bon Dieu connais­sait ce désir secret, puisqu’il sait tout ! Et pour­tant — il ne l’a pas exau­cé, car ce désir n’était pas tout à fait bon.

Ain­si, quand on eut fini de tirer au sort, ce n’était pas Albert qui se trou­vait à côté de Jean-​Pierre, mais le petit Charles, le plus pauvre de tous les gar­çons de la classe. Jean-​Pierre, très déçu, le regar­dait à peine, d’un œil méchant.