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Conte russe

Conte de Noël russe - Babouchka et les rois magesIl était une fois une vieille femme nom­mée Babou­ch­ka qui habi­tait, seule, une toute petite mai­son au cœur de la forêt.  Sans cesse, elle s’affairait, cou­sait, cui­si­nait, net­toyait et, tout en tra­vaillant, elle chan­tait. Pour se tenir com­pa­gnie, elle chan­tait des chan­sons, vieilles et nou­velles, et en inven­tait ; elle était de nature joyeuse. La grand-​route pas­sait loin de la mai­son­nette si bien que les visi­teurs étaient rares.

Babou­ch­ka fut donc bien éton­née, un après-​midi d’hiver, d’entendre un grand vacarme dans la forêt.

« C’est peut-​être un ours » se dit-​elle et elle se mit à trem­bler.  Mais non, un ours ne fait pas cris­ser la neige sous ses pas de la sorte.

Elle ten­dit à nou­veau l’oreille et enten­dit réson­ner des bruits de pas.  Cette fois, c’était sûr, elle allait avoir de la visite !  Elle s’empressa d’ajouter quelques bûches et de mettre la grosse bouilloire noire sur le feu.  Quelques ins­tants plus tard, on frap­pa fort à la porte. Babou­ch­ka sursauta :

— Qui est là ? demanda-​t-​elle d’une petite voix craintive.

— Des voya­geurs éga­rés et épui­sés. Pouvez-​vous nous aider ?

— Mais bien sûr ! Entrez donc ! cria Babou­ch­ka et elle ouvrit grand la porte.  Soyez les bien­ve­nus !  Venez vous réchauf­fer au coin de mon feu !  Il fait si froid dehors !

Un jeune homme entra, en sou­riant d’un air recon­nais­sant.  Un second, plus âgé, le sui­vit, puis un troi­sième qui secoua de son man­teau une épaisse couche de neige.  Tous trois étaient super­be­ment vêtus et le troi­sième por­tait aux oreilles des anneaux d’or étincelants.

Pen­dant que Babou­ch­ka fai­sait réchauf­fer une bonne soupe et cou­pait du pain, les voya­geurs lui racon­tèrent qu’ils étaient à la recherche d’un roi nouveau-né.

— Son étoile nous gui­dait, expliquèrent-​ils, mais le ciel est si char­gé de neige que nous ne la voyons plus.

Auteur : Theuriet, André | Ouvrage : Autres textes .

Les trois rois mages, Bal­tha­zar, Mel­chior et Gas­pard, por­tant l’or, l’encens et la myrrhe, étaient par­tis à la recherche de l’Enfant Jésus, mais comme ils ne connais­saient pas bien le che­min de Beth­léem, ils s’étaient éga­rés en route et, après avoir tra­ver­sé une forêt pro­fonde, ils arri­vèrent à la nuit tom­bante dans un vil­lage du pays de Langres. Ils étaient las, ils avaient les bras cou­pés à force de por­ter les vases conte­nant les par­fums des­ti­nés au fils de Marie et, de plus, ils mou­raient de faim et de soif. Ils frap­pèrent donc à la porte de la pre­mière mai­son du vil­lage, pour y deman­der l’hospitalité.

Conte de l'Epiphanie et des rois magesCette mai­son, ou plu­tôt cette hutte, située presque à la lisière du bois, appar­te­nait à un bûche­ron nom­mé Denis Fleu­riot qui y vivait fort chi­che­ment avec sa femme et ses quatre mar­mots. Elle était bâtie en tor­chis avec une toi­ture de terre et de mousse à tra­vers laquelle l’eau fil­trait les jours de grande pluie.

Les trois rois, van­nés de fatigue, heur­tèrent à la porte, et quand le bûche­ron l’eut ouverte, prièrent qu’on vou­lût bien leur don­ner à sou­per et à coucher.

— Hélas ! braves gens, répon­dit Fleu­riot, je n’ai qu’un lit pour moi et un gra­bat pour mes enfants, et quant à sou­per, nous ne pou­vons vous offrir que des pommes de terres cuites à l’eau et du pain de seigle. Néan­moins, entrez, et si vous n’êtes pas trop dif­fi­ciles, on tâche­ra de vous arranger.

Auteur : Voirol, Edgar | Ouvrage : Autres textes .

Or, la nuit était venue vio­lette et troublante.

Récit de l'adoration de l'EpiphanieSur les pas du sacris­tain, la clef grin­ça et le pêne lourd fit dans la cathé­drale un gron­de­ment de ton­nerre. Le bruit por­té de voûte en voûte, d’ogive en ogive par tous ces gestes croi­sés des arcs, emplit la nef et s’évanouit dans les bas-​côtés en un mur­mure de voix confuses. La lampe d’autel, balan­cée len­te­ment sur son fil, trem­blait sa flamme rouge et paille­tait de clar­tés fugi­tives, le cuivre des can­dé­labres et le bois poli des stalles.

Dans la rue, quelques fenêtres roses où passent des ombres der­rière les rideaux, un chat noir.

Onze heures a son­né sur la ville assou­pie. Il fait sombre dans l’église et les vitraux ternes dans leur den­telle de pierre semblent des jeux de patience.

Et voi­là, qu’en ce soir des Rois, ils s’irradient, comme si un soleil mer­veilleux les péné­trait, les vivi­fiait ; ils éblouissent, ils aveuglent. Leurs tons cha­toyants ont des nuances exquises, les étoffes sont opu­lentes et dra­pées à grands plis, les visages trans­pa­rents, les yeux extatiques.

Auteur : Bastin, R., O.M.I | Ouvrage : La simple histoire de la Vierge Marie .

Les rois mages adorent l'Enfant-Dieu

Récit pour la jeunesse : La sainte familleANT bien que mal, la sainte Famille s’installa dans la grotte. Les ber­gers les aidèrent en appor­tant quelque mobi­lier rudi­men­taire, suf­fi­sant pour faire le ménage, laver les langes et pré­pa­rer les repas.

Joseph avait été s’inscrire dans la liste des des­cen­dants de David, son ancêtre, et atten­dait avec impa­tience que Jésus eût quelques jours de plus pour ren­trer à Naza­reth et retrou­ver son commerce.

La tem­pé­ra­ture était douce. Le soir seule­ment, le froid pin­çait ; heu­reu­se­ment, l’âne, de sa grosse cha­leur ani­male, réchauf­fait la petite grotte. Vrai­ment, per­sonne ne pou­vait se plaindre. D’ailleurs quand le Bon Dieu est avec nous, que peut-​il nous man­quer encore ?

C’était vers la fin de la jour­née. Elle avait été très belle, très claire et pas trop chaude. Sur le ciel bleu, le soleil déjà bas avait un bon rire d’or et safra­nait la campagne.

Marie et Joseph, assis à l’entrée de la grotte, goû­taient la paix du soir et contem­plaient Jésus, endor­mi en suçant son pouce. Un grand vol de pigeons, tour­noyant autour de la grotte, lui tra­çait une auréole mou­vante et soyeuse. Sou­dain, l’âne, qui pais­sait pai­si­ble­ment, dres­sa d’abord l’oreille, puis la queue, puis, trem­blant, s’arc-bouta sur les quatre pattes. Les pigeons élar­girent leur ronde et se déployèrent en une large roue au-​dessus du che­min creux dont le fos­sé borde l’étable.

Histoire de l'Évangile : l'arrivée des mages« Que se passe-​t-​il ? » deman­da Joseph à Marie.

« Je ne sais, dit la sainte Vierge. N’entends-tu pas du bruit ? »

Joseph ten­dit l’oreille. En effet, d’indistincts mur­mures bruis­saient dans la plaine et, bien­tôt, un nuage de pous­sière cou­rut sur la route. Dans la nuée étin­ce­lèrent tout à coup deux petits che­vaux pies, flan­qués de cava­liers jaunes et bleus.

Immé­dia­te­ment, Marie craint pour l’enfant. Rapi­de­ment, elle sai­sit Jésus et l’emporte. Joseph est debout et n’a pas assez de ses deux yeux pour voir se dérou­ler le cor­tège. Voi­ci dix cha­meaux de poil fauve, bien relui­sants, avec des coffres lourds aux fer­rures cui­vrées, accro­chés à leurs flancs. Voi­là trois dro­ma­daires, d’un blanc d’ivoire, dont la bosse est recou­verte d’une riche étoffe vio­lette sur laquelle sont assis, droits et majes­tueux, de superbes per­son­nages dont deux ont, pour le moins, une étrange figure. L’un est noir, avec des lèvres rouges. L’autre est jaune comme un citron, avec des petits yeux plis­sés et une figure toute chif­fon­née. Joseph a bien le temps de les exa­mi­ner, car ces trois-​là avancent très lentement.

Mais ce n’est pas tout. Pour ter­mi­ner le cor­tège, sou­te­nue par un ange, une étoile éclipse le soleil et va se poser au-​dessus de la grotte. Elle est si claire que ses rayons, per­çant les parois, jettent à l’intérieur une douce lumière dont un reflet coule par l’ouverture. Joseph demeure inter­lo­qué. Que vient donc faire dans son pauvre abri cette brillante caval­cade ? Car c’est bien devant la grotte qu’elle s’arrête. Les esclaves portent des tapis sous les pieds des dro­ma­daires qui s’agenouillent. Solen­nels, les trois grands per­son­nages en des­cendent. Joseph n’a jamais vu des hommes aus­si riche­ment vêtus. Le pre­mier porte une cou­ronne d’or éblouis­sante à la lumière de l’étoile. Le second, pré­cieu­se­ment, serre sur son cœur un cof­fret de laque, et sa noire figure et ses mains basa­nées tranchent vigou­reu­se­ment sur ses vête­ments de soie nei­geuse. En pas­sant, il fait à Joseph un large sou­rire (le pre­mier à peine a salué !) : et l’on eût dit la brusque ouver­ture d’un cla­vier de pia­no. Le troi­sième semble être plus âgé, car sa des­cente de dro­ma­daire ren­contre de grosses dif­fi­cul­tés. Petit et jaune, vêtu d’une robe vert clair avec de larges bandes pourpres, il est coif­fé d’un immense cha­peau en pain de sucre où des mil­liers de clo­chettes tin­tin­na­bulent. De ses yeux bri­dés et malins, il fait un clin d’œil à Joseph et se dépêche de rejoindre ses compagnons.

Image de l'Epiphanie : l'adoration des mages

Auteur : Marcotte, Bernard | Ouvrage : Autres textes .

Après avoir ado­ré Jésus, les Rois Mages s’en retour­nèrent dans leur pays. Voi­ci un conte qui nous décrit ce voyage des Rois Mages avec poésie.

* * *

La nuit tombe vite en hiver : déjà le cré­pus­cule com­men­çait, ils allaient sor­tir du royaume de Juda et gra­vis­saient la der­nière col­line ; le roi Gas­pard était sur son che­val blanc, le roi Mel­chior sur son che­val brun, le roi Bal­tha­zar sur son che­val noir.

Légende des rois mages pour les enfants du KT

Or le Sei­gneur se pen­cha du haut du ciel et regar­da : un fris­son étrange par­cou­rait encore l’univers, toute la Créa­tion trem­blait, sai­sie de joie et d’angoisse, car un mys­tère venait de s’accomplir et depuis le jour où le Tout-​Puissant l’avait tirée du néant, rien d’aussi for­mi­dable ne s’était pro­duit : ter­ribles avaient été les grandes eaux du déluge qui avaient lavé la face de la terre, et cepen­dant le monde en avait été moins pro­fon­dé­ment ébranlé.

Comme nous dis­tin­guons au milieu d’un vaste pay­sage l’agitation de quelques insectes minus­cules, l’Éternel aper­çut les trois Rois qui che­vau­chaient sur la terre ; il appe­la à lui ses anges et, leur mon­trant la col­line que les voya­geurs allaient gra­vir : « Vous tra­ce­rez un che­min à tra­vers l’espace, depuis le som­met de cette col­line, à l’endroit où la route va s’incliner sur l’autre ver­sant, jusqu’au seuil de mon Para­dis. » Il dit, et tout aus­si­tôt les légions célestes prirent leur vol et se dis­per­sèrent dans l’étendue.

À toutes les heures, la nuit comme le jour, au cré­pus­cule comme à l’aurore, des nuages flottent au-​dessus de la terre ; le vent les dis­perse ou les ras­semble à sa guise, ils sont vains comme les tour­billons de pous­sière et n’ont aucune des­ti­née à accom­plir. Cette nuit-​là cepen­dant, ils allaient être les ins­tru­ments d’une pen­sée divine.

« Nous ferons ce che­min avec des nuées et des vapeurs », avaient dit les anges, et les vents avaient sus­pen­du leur souffle. Inertes et dociles, les masses légères des nuages demeu­rèrent en sus­pens et les ouvriers célestes com­men­cèrent à les pous­ser vers le som­met de la col­line. En même temps, quelques-​uns d’entre eux ayant glis­sé sans s’arrêter vers la terre, vinrent se poser au-​dessus des voya­geurs et les accom­pa­gnèrent, invi­sibles, mais chan­tant des chants d’une grâce mélan­co­lique et péné­trante afin de déta­cher leurs âmes de ce monde et des les pré­pa­rer au mira­cu­leux voyage.