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Troubadour et jongleurGui­no­cha­tus qui­dam, un cer­tain Gui­ne­ho­chet, racontent les Actes des Saints, prince des sau­teurs, ambas­sa­deur de la lune, maître-​fou, empe­reur des ânes, ayant failli se rompre le cou en état de péché mor­tel, se sen­tit tou­ché par la grâce et fit vœu de se consa­crer à la Vierge Marie. À l’un, il donna ses cer­ceaux, à l’autre, la corde qui lui ser­vait à sau­ter, à celui-​ci, à celui-​là, tous les ins­tru­ments de son métier, spe­ciosa quae his­triones expe­diunt, et il se ren­dit, les mains vides mais le cœur plein de foi, vers le monas­tère le plus proche.

Le Prieur du couvent fut bien sur­pris de voir l’étrange pèle­rin, et plus sur­pris encore quand il connut le vœu qu’il avait fait. C’était un homme de grande science et de haute vertu, vir sapiens et egre­gia vir­tute ador­na­tus, mais trop enclin à mettre la connais­sance avant les œuvres, inge­nio autem ad sapien­tiam prius opera propenso.

– Mon fils, lui demanda-​t-​il, que sais-​tu faire pour le ser­vice de Dieu ?

– Hélas ! répon­dit l’autre, je ne sais guère faire que freins pour vaches, gants pour chiens, coiffes pour chèvres, hau­berts pour lièvres, et sot­tises pareilles, comme sai­gner les chats, ven­tou­ser les bœufs ou cou­vrir les mai­sons d’œufs frits. J’imite le cri du renard, l’appel de la colombe, je puis par­ler avec mon ventre et faire mille autres tours pour amu­ser le monde. Mais il n’est que trop vrai de dire que je ne me suis jamais élevé vers le saint Para­dis plus haut que la hau­teur d’un saut.

– Passe donc ton che­min, mon ami, répon­dit le Prieur, et sois homme de bien dans ton métier. Ta place n’est pas dans ce couvent. On y adore Dieu le Père, son divin Fils et la Vierge Marie, par la prière, la médi­ta­tion et le chant, hym­nis et can­ti­cis, et cela ne s’apprend plus à ton âge.

Mais le jon­gleur insista tel­le­ment, tam vehe­men­ter Prio­rem pre­ci­bus obse­cra­vit, qu’il finit par obte­nir qu’on le gar­dât dans le monas­tère en qua­lité de frère lai.

Multo modo, en cent manières diverses, le nou­veau frère se ren­dit utile. Jar­di­nier, menui­sier, cor­don­nier, tailleur, pêcheur, cui­si­nier, que sais-​je encore, omni­bus arti­bus prae­cel­le­bat, il excel­lait en tous métiers. De ses dix doigts il était incom­pa­rable, manu per­itis­si­mus, mais de l’esprit il était mal­ha­bile, imbe­cil­li­tate qua­dam inge­nii. Mys­tère pour lui, les livres écrits dans le lan­gage que les Anges parlent entre eux dans les prai­ries du Para­dis, sermo quem usur­pant Angeli inter prata Para­di­sii. Mys­tère aussi, les notes de musique posées sur les anti­pho­naires comme des oiseaux sur les branches, tan­quam aves in ramis. Conti­nuez à lire »

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- Oh ! Bon­jour, chère amie ! Comme je suis contente de vous ren­con­trer ! Com­ment allez-​vous ?

- Beau­coup mieux que les jours pré­cé­dents ! Le doc­teur de Révot m’a donné un remède for­mi­dable. Mes maux de tête ont dis­paru, comme par enchan­te­ment ! Me voilà en pleine forme !

- Quelle mer­veilleuse nou­velle ! J’ai bien regretté votre absence, l’autre jour, au dîner orga­nisé par la famille Pagé.

La vie des saints racontée au catéchisme - Saint Louis de Monfort- Com­ment donc c’est passé cette fameuse soirée ?

- Ma foi, je n’ai pas fort appré­cié la fête. Figurez-​vous que made­moi­selle Pagé et plu­sieurs de ses amis en sont venus à par­ler du brave Mon­sieur de Mont­fort. Sans aucune cha­rité, ils se sont mis à le cri­ti­quer, à le ridiculiser…

- Com­ment ? Ils se sont moqué d’un prêtre si dévot ? Mais pour quel motif ?

- Oh ! Ce n’est pas com­pli­qué ! Vous savez comme moi, le bien que fait ce saint prêtre dans toute la région. Il secoue tel­le­ment les âmes que beau­coup se conver­tissent et changent de vie. Il n’a pas peur de dire les choses.

Der­niè­re­ment, il a même osé cri­ti­quer la toi­lette d’une jeune demoi­selle en plein ser­mon. La mère de celle-​ci était tel­le­ment furieuse que lorsque le bon père est sorti de l’église, la dame, en furie, s’est jeté sur lui et lui a donné plu­sieurs coups de canne. Le bon Mon­sieur de Mont­fort n’a même pas essayé de se défendre, il a sim­ple­ment attendu que la tem­pête se calme. Puis il a dit, avec beau­coup de dou­ceur : « Madame, j’ai fait mon devoir ; il fal­lait que votre fille fasse le sien ! ». Je pense que les solides leçons de ce saint homme dérange la men­ta­lité de made­moi­selle Pagé et de ses amis !

- C’est évident ! Pour­tant tout ce que l’on raconte sur Mon­sieur de Mont­fort devrait les faire réflé­chir ! Pour moi, mon opi­nion est faite, c’est un saint ! Il suf­fit de suivre une de ses mis­sions pour en être convain­cue ! Vous souvenez-​vous de celle qu’il a prê­ché dans l’église des domi­ni­cains l’an dernier ?

évangélisation des enfants : Saint Louis-Marie Grignon de Monfort et le Saint-Sacrement- Oh oui ! Pour rien au monde je ne l’aurai man­qué ! L’église était bon­dée, nous étions bien trois mille femmes à l’écouter… Je ne peux oublier la façon dont il nous parla du rosaire ! Et son amour pour Notre-​Dame…

- Vous a-​t-​on raconté dans quelle cir­cons­tance le bon père Gri­gnion de Mont­fort a pu prê­cher une mis­sion sur l’île d’Yeu, dernièrement ?

- Non ! Racon­tez moi…

–Eh bien, voici ce qu’un ami de mon frère, marin de Saint-​Gilles, nous a raconté… Écoutez-​moi, c’est assez édifiant…

Mon­sieur de Mont­fort avait décidé de par­tir évan­gé­li­ser l’île d’Yeu. La chose était périlleuse car des cor­saires anglais, en ce début d’année 1712, infes­taient les parages. Arrivé aux Sables-d’Olonne, le mis­sion­naire cher­cha un patron de cha­loupe prêt à le mener sur l’île. Per­sonne ne vou­lut l’y conduire. Mais cela ne le décou­ra­gea nul­le­ment. Il prit le che­min d’un autre port bre­ton : Saint-​Gilles. Là aussi, les mate­lots refu­sèrent de le pas­ser. Le prêtre ne se tint pas pour vaincu. Avant repar­tir vers La Rochelle, il pria avec grande fer­veur le rosaire, puis fit une der­nière ten­ta­tive. Il retourna voir le patron de la plus grande cha­loupe du port, lui pro­mit, au nom du Ciel, que le voyage se pas­se­rait sans pro­blème puis le sup­plia tel­le­ment que le brave capi­taine finit pas accep­ter. Conti­nuez à lire »

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Les Saintes Maries de la Mer

Qui sont ces saintes Maries de la Mer que l’on trouve en Pro­vence ?… C’est une his­toire très belle, si belle que les vagues cares­santespour l’écouter, cou­raient le long du rivage, — à troupeaux.

À la conquête des âmes

Ces saintes Maries, ce sont les amies du Christ, ces saintes femmes qui le sui­vaient, au long des che­mins de Pales­tine, alors qu’il allait, annon­çant « la bonne nouvelle ».

Histoire des Saintes Maries de la Mer pour les jeunesLes Trois Maries : Marie-​Jacobé, sœur de la Vierge ; Marie-​Salomé, mère de Jacques et Jean, les apôtres au cœur ardent et Marie de Mag­dala, la Made­leine, sœur de Marthe et Lazare, celle que Jésus avait gué­rie de ses péchés et qui, fidèle, jusqu’au bout l’accompagna de son amour. Avec elles, Marthe, la bonne maî­tresse de mai­son, et Sara, la ser­vante au brun visage.

Les Juifs, qui avaient fait mou­rir le Sau­veur, fer­mant au mes­sage divin leurs oreilles et leur cœur, mal­trai­taient ses amis. Ils chas­sèrent de leur pays les saintes femmes, les jetant dans une barque sans gou­ver­nail, sans voiles ni rames. Ils embar­quèrent en même temps Lazare, le res­sus­cité, Maxi­min l’évêque et le saint vieillard Tro­phime, témoins gênants du Christ.

Sur la mer bleue, qui bai­gna les pieds de Jésus, au rivage de Pales­tine, vogue la barque au caprice des flots. Une vague la lance à l’autre vague, comme un jouet. Jours gris sous un ciel tour­menté de nuages, nuits inter­mi­nables où ne sou­rit aucune étoile. La tem­pête fait rage : tan­tôt au fond d’un gouffre plonge la barque ruis­se­lante d’embruns ; tan­tôt, comme un fétu de paille, une trombe d’eau la sou­lève et, tran­sis et trem­blants, les pauvres voya­geurs lèvent leurs regards sup­pliants vers le Ciel.

Les saintes prient, confiantes… tout dre e li man jun­cho « toutes droites et les mains jointes ». Invi­sibles, les Anges guident la barque… Vers les côtes de Pro­vence, pour en faire don au beau pays qui sera la France, tout dou­ce­ment, ils la poussent… Sur le rivage désert, les exi­lés abordent à la plage de sable fin.

À genoux, les amis du Christ remer­cient le Sei­gneur. Ils baisent cette terre qui les accueille et, pleins de zèle, les voilà qui partent à la conquête des âmes.

Lazare, dans Mar­seille, la riche et orgueilleuse cité, porte le mes­sage du Christ, ami des pauvres et des humbles et Mar­seille pleure ses péchés.

La Sainte Baume

Où va celle-​ci, les yeux bais­sés sous son voile qui dérobe aux regards l’éclat de sa che­ve­lure d’or, si belle que, pour la voir pas­ser, les vieux pins se font signe.

Par les landes pier­reuses, les vignobles et les oli­vettes, par delà les mon­ta­gnettes peu­plées de pins odo­rants, elle va… Long­temps, long­temps elle marche sur les pas d’un guide invi­sible à nos yeux. C’est Marie-​Madeleine, Marie la contem­pla­tive, que Dieu appelle dans la solitude…

La noire mon­tagne des Maures court le long de la mer ; une autre chaîne, plus éle­vée, par le même che­min, s’en va vers Mar­seille. Sur la plus haute mon­tagne, Made­leine suit l’appel divin. Et voici que s’ouvre devant elle une vaste forêt qui laisse dans l’étonnement, tant elle est dif­fé­rente des pay­sages du Midi. Plus de pins ni d’eucalyptus, plus d’orangers ni de chênes-​liège, mais de hautes fûtaies de hêtres et de chênes que jamais ne pro­fane la hache du bûche­ron. Quel silence, quelle soli­tude dans ses– pro­fon­deurs ! Tout en haut, parmi les rochers sau­vages, une grotte béante, comme sus­pen­due au-​dessus de l’abîme. Sans hési­ter, Marie-​Madeleine pénètre dans l’ouverture de rochers. C’est là la demeure que le Sei­gneur lui a choi­sie : la sainte Baume 1. Conti­nuez à lire »

Notes:

  1. Baume signi­fie : grotte.

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L’ange visible

Par extra­or­di­naire, Jacques Tri­mard ne ren­trait pas ivre ce soir-​là. L’inquiétude de savoir sa femme malade, la peur de faire empi­rer la fièvre lui avaient imposé la sobriété au sor­tir de l’atelier.

Tris­te­ment il avait suivi son che­min à tra­vers les rues… plus tris­te­ment encore, il gra­vis­sait ses étages en se disant :

– Que vais-​je trou­ver là-​haut ? Ma femme mou­rante… aban­don­née… la mai­son en désordre comme je l’ai lais­sée ce matin… pas de dîner… Ah ! misère de misère !…

Et, blas­phé­mant, il pousse la porte.

Il s’arrête, jetant un cri, non d’effroi… mais d’étonnement…

Tout dans la cham­brette est rangé… le plan­cher balayé… le lit de la malade propre et blanc… sur la table une nappe et une sou­pière fumante…

– Hein ?… fit l’homme.

– Tu es bien chez toi, entre donc, Jacques, répond la femme en sou­riant de ses lèvres pâlottes.

Tri­mard croit rêver.

– On n’est pour­tant plus au temps des fées ! s’écrie-t-il.

– Si donc… j’en ai vu une aujourd’hui… et bienfaisante.

– Et quelle est-​elle ? demande l’homme intrigué.

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Chemin de Croix des scouts - Jésus est mis au tombeau

Que fait-​on lorsque quelqu’un est mort ? On le dépose dans un tom­beau. Sa vie est finie.

C’est ce qu’on a fait pour le corps de Jésus : on l’a déposé dans un tom­beau. Alors tout est fini ?…

Mais non. Pour Jésus, ce n’est pas fini. Pour­quoi ? Que va-​t-​il se passer ?

Jésus est mort dans son corps d’homme, et Il est mort à cause de nos péchés.

Mais vous savez bien que Jésus est en même temps homme et Dieu.

Et parce qu’Il est Dieu, Il est tout-​puissant, Il peut TOUT faire.

Alors, par sa force de Dieu, Il va rede­ve­nir vivant, le troi­sième jour après sa mort : on dit qu’il va « res­sus­ci­ter ». Il n’y a que Jésus qui a pu faire cela, parce qu’Il est Dieu.

C’est la grande vic­toire de Jésus sur le diable et sur le mal : Il a vaincu la mort pour que, à notre tour, nous puis­sions être plus forts que le mal.

Main­te­nant, nous allons attendre le moment de sa Résur­rec­tion : ce sera la très belle fête de Pâques.

Mais, pour le moment, Jésus est dans le tombeau :

la Sainte Vierge est ren­trée dans sa mai­son, elle repense avec une grande dou­leur à tout ce qui s’est passé. Allons-​nous la lais­ser seule ?

Et si nous res­tions près d’elle ? Que pourrons-​nous faire pour la consoler ?

Res­ter calme, recueilli, en pen­sant que tout ce que Jésus a souf­fert, c’est pour moi, pour m’aider à deve­nir bon.

Deman­dons à la Sainte Vierge de bien pré­pa­rer notre cœur pour la fête de Pâques.

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