Et maintenant, une histoire ! III

Et Maintenant Une Histoire III - CouvertureTitre : Et main­te­nant, une his­toi­re !

Troi­siè­me volu­me

His­toi­res mer­veilleu­ses
His­toi­res d’aventures
His­toi­res de bêtes

Date : 1957

Col­lec­tion « Psy­cho­lo­gie et édu­ca­tion », Série B

Auteur : Tex­tes recueillis par Marie-​Colette Mai­né

Édi­tions : Fleu­rus, Paris

Thè­mes : Édu­ca­tion

 


 

AVANT – PROPOS

 

Ce troi­siè­me volu­me va vous paraî­tre tout à fait dif­fé­rent des deux pre­miers.

Alors, en effet, que le Tome I et le Tome II de « Et main­te­nant une his­toi­re » pré­sen­taient une série de récits des­ti­nés soit à illus­trer des leçons de caté­chis­me, soit à mar­quer les fêtes de l’année, celui-​ci ne vous pro­po­se appa­rem­ment que des his­toi­res de pure dis­trac­tion : his­toi­res mer­veilleu­ses, quel­ques aven­tu­res, et un grand nom­bre de ces his­toi­res de bêtes qui plai­sent tant aux petits.

Pour­quoi une tel­le dif­fé­ren­ce ? Par­ce que ce sty­le d’histoires, assez sou­vent délais­sé dans les œuvres catho­li­ques, appor­te cepen­dant une for­me d’éducation aux enfants.

Ces contes, pleins de fan­tai­sie et d’extraordinaire, par­lent à leur ima­gi­na­tion, répon­dent à leur besoin de mer­veilleux, et, très curieu­se­ment, l’utilisation des thè­mes sym­bo­li­ques leur faci­li­te la décou­ver­te de la vie quo­ti­dien­ne avec sa com­plexi­té et la pla­ce de cha­cun.

Les enfants ne s’y trom­pent pas et savent très bien trans­po­ser dans le réel de leur vie les his­toi­res qui vien­nent de les char­mer.

Par­fois même, cela va plus loin. Tel petit enfant, qui subit nor­ma­le­ment tou­tes les pres­sions de l’entourage du mon­de des grands sur son uni­vers enfan­tin, trou­ve une cau­se d’épanouissement à s’identifier à la pin­ta­de qui vou­lait « man­ger le loup com­me on gobe des œufs de four­mis », et c’est peut-​être là une des expli­ca­tions de la joie qui ani­me les enfants lors­que le conteur, met­tant en scè­ne des ani­maux, fait que le plus fai­ble, appa­rem­ment, s’en vient à triom­pher du plus fort ou du méchant.

On nous objec­te­ra peut-​être le dan­ger du mer­veilleux, et ce, par rap­port à la pré­sen­ta­tion du Chris­tia­nis­me.

Pour y répon­dre, je me conten­te­rai de trans­cri­re, ici, quel­ques lignes de Jean­ne Cap­pe, extrai­tes d’un arti­cle sur le pro­blè­me du mer­veilleux 1 :

« … Je n’ai jamais ren­con­tré, pour ma part, d’enfants ou d’adultes qui aient, à cau­se de l’affabulation, per­du la foi et consi­dé­ré la reli­gion com­me une inven­tion éga­le à d’autres.

Un mer­veilleux bien choi­si éta­blit la hié­rar­chie des valeurs, conduit l’enfant aux conclu­sions néces­sai­res, et par la voie de la cha­ri­té qui est la seule voie. Bien enten­du, il faut abso­lu­ment reje­ter tou­te his­toi­re qui mêle­rait le sur­na­tu­rel et l’invention, les anges et les fées, la baguet­te magi­que et la Toute-​Puissance de Dieu.

C’est l’art du conteur que de fai­re les dis­tinc­tions néces­sai­res et le choix qui s’impose. L’imagination créa­tri­ce de celui qui sait conter, sa facul­té de fai­re naî­tre l’émotion de qua­li­té vien­nent, en tout pre­mier lieu, de sa convic­tion spi­ri­tuel­le. Et voi­là qui nous per­met­tra, en maniè­re de sui­te à ce plai­doyer pour le mer­veilleux, de par­ler de l’art de conter que tout édu­ca­teur se doit de culti­ver et d’utiliser oppor­tu­né­ment, pour for­mer les enfants, pour atta­cher leur esprit et leur cœur aux pro­di­gieu­ses riches­ses du Royau­me pro­mis ».

Est-​il besoin d’ajouter autre cho­se ? je ne le crois pas, et sou­hai­te, à tous ceux qui uti­li­se­ront ces peti­tes his­toi­res, autant de joie à les conter que les enfants auront à les enten­dre.

Marie-​Colette Mai­ne.

Notes :

  1. Arti­cle paru dans l’Anneau d’Or. Janvier-​Février 1949.