<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?> <rss
version="2.0"
xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
xmlns:series="http://organizeseries.com/"
> <channel><title>Et maintenant une histoire !</title> <atom:link href="http://www.maintenantunehistoire.fr/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" /><link>http://www.maintenantunehistoire.fr</link> <description>Histoires à l’usage des parents, catéchistes et éducateurs.</description> <lastBuildDate>Mon, 20 May 2013 20:36:49 +0000</lastBuildDate> <language>fr-FR</language> <sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod> <sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency> <generator>http://wordpress.org/?v=3.4.2</generator> <item><title>Une confirmation tragique</title><link>http://www.maintenantunehistoire.fr/une-confirmation-tragique/</link> <comments>http://www.maintenantunehistoire.fr/une-confirmation-tragique/#comments</comments> <pubDate>Sat, 18 May 2013 16:00:49 +0000</pubDate> <dc:creator>Le Raconteur</dc:creator> <category><![CDATA[90 Histoires pour les catéchistes I]]></category> <category><![CDATA[Christiano, J.]]></category> <category><![CDATA[II. Les sept sacrements]]></category> <category><![CDATA[Anjou]]></category> <category><![CDATA[Confirmation]]></category> <category><![CDATA[Réfractaire]]></category> <category><![CDATA[Révolution]]></category> <category><![CDATA[Terreur]]></category> <guid
isPermaLink="false">http://www.maintenantunehistoire.fr/?p=6866</guid> <description><![CDATA[La confirmation C’était au temps de la Grande Révolution, au pays d’Anjou. La guillotine était installée en permanence à Angers où l’on poursuivait de tous côtés les prêtres qui n’avaient pas voulu quitter le pays. Tel était le cas d’un saint curé de village du nom de Noël. Son dévouement à toute épreuve lui valait [...]]]></description> <content:encoded><![CDATA[<h3 style="text-align: right;">La confirmation</h3><p><a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/une-confirmation-tragique/terreur-la-guillotine/" rel="attachment wp-att-7189"><img
class="alignleft size-thumbnail wp-image-7189" title="Terreur - La Guillotine" src="http://www.maintenantunehistoire.fr/wp-content/uploads/2013/05/Terreur-La-Guillotine-150x150.jpg" alt="Terreur - La Guillotine" width="150" height="150" /></a>C’était au temps de la Grande Révolution, au pays d’Anjou. La guillotine était installée en permanence à Angers où l’on poursuivait de tous côtés les prêtres qui n’avaient pas voulu quitter le pays. Tel était le cas d’un saint curé de village du nom de Noël. Son dévouement à toute épreuve lui valait d’ailleurs l’admiration des fidèles et c’était à qui lui préparerait la cachette la plus sûre. A la métairie de la Comouillère, l’abbé Noël se sentait particulièrement chez lui, car on l’y entourait de la plus affectueuse vénération. René Landry, le fils aîné de la famille, avait 12 ans. Il aimait de tout son cœur l’abbé qui le prenait souvent sur ses genoux et il n’était jamais plus heureux que lorsqu’il pouvait lui rendre service.</p><p>Intrépide agent de liaison, il le rejoignait au fond des bois, lui portant des livres ou du linge. Il avait aussi le secret de lui dénicher des cachettes introuvables afin de permettre au courageux confesseur de célébrer la Sainte Messe.</p><p><a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/une-confirmation-tragique/lecon-de-catechisme/" rel="attachment wp-att-7190"><img
class="alignright size-full wp-image-7190" title="leçon de catéchisme" src="http://www.maintenantunehistoire.fr/wp-content/uploads/2013/05/lecon-de-catechisme.jpg" alt="leçon de catéchisme" width="300" height="225" /></a>Depuis près de trois ans toutefois celui-ci n’avait pu trouver la possibilité de faire faire la Première Communion aux enfants de sa paroisse. Ayant établi son quartier général dans une ferme perdue au milieu des bois, il entreprit d’y préparer une vingtaine d’entre eux, dont le jeune René. On imagine ce que fut cette préparation et les leçons données tantôt dans un champ de genêts tantôt sous une hutte de charbonnier ! Enfin <span
id="more-6866"></span>le grand jour arriva ! La cérémonie eut lieu dans une grange. L’abbé Noël célébra la messe sur une humble table de  cuisine autour de laquelle se groupèrent les jeunes communiants. Derrière eux s’étaient rangés les paysans aux longs cheveux, les femmes en coiffes blanches et les bonnes aïeules avec le capuchon de leur mante rabattu sur le front. L’abbé prêcha avec tout son cœur devant ce groupe de chrétiens dignes des Catacombes ; ensuite il communia tous les assistants. Au moment où les enfants renouvelaient leurs promesses de baptême, la main sur l’Évangile, un guetteur signala la présence des soldats sur la route ! Aussitôt on éteignit les cierges, il se fit un grand silence et l’on entendit, le cœur battant, le pas rythmé des hommes sur les cailloux du chemin… Grâce à Dieu, ils n’avaient rien vu ! Bientôt le bruit de leur marche s’estompa dans la nuit et la cérémonie s’acheva pieusement par la consécration à la Très Sainte Vierge.</p><p>Quelques heures plus tard l’abbé Noël était appelé à la Comouillère où une vieille servante des parents de Roger allait mourir. Il était à peine entré qu’un voisin vint le prévenir qu’un piquet de la Garde Nationale était en marche dans la direction de la ferme ! Le prêtre confessa tout de même la mourante, mais il n’avait pas achevé de lui donner l’Extrême-Onction que les soldats encerclaient la maison, frappant à la porte à grands coups de crosses.</p><p>Le petit communiant du matin guettait derrière une fenêtre du premier étage l’arrivée des gardes. Il craignait que son cher abbé n’eût pas le temps de gagner le grenier où se trouvait une cachette sûre. « Ce qu’il me faut faire à tout prix, se dit-il, c’est amuser cette bande de soldats au moins pendant quelques minutes. Si ça tourne mal pour moi, tant pis ! La vie d’un prêtre vaut mille fois plus que celle d’un gamin de 12 ans ! Et puis le Jésus de ma Première Communion me prendra dans son Paradis si je meurs ! » Aussitôt son plan est établi. Avisant un vieux coffre où l’on retirait les vêtements, il s’y glissa lestement, ayant bien soin de laisser dépasser au-dehors un morceau d’étoffe noire…</p><p><img
class="alignleft size-medium wp-image-7191" title="coffre ancien" src="http://www.maintenantunehistoire.fr/wp-content/uploads/2013/05/coffre-ancien-300x224.jpg" alt="coffre ancien" width="300" height="224" /></p><p>Au rez-de-chaussée les cris, les jurons et le bruit des meubles renversés disaient clairement que les sans-culottes étaient dans la place. Bientôt René entendit qu’ils se ruaient dans l’escalier conduisant au premier étage. La haine au cœur, ils envahissaient la pièce, fouillant les lits, la cheminée, sondant de la crosse de leurs fusils ou de leurs baïonnettes le plancher et les murailles. Soudain l’un d’eux, apercevant le coffre éclata d’un gros rire méchant : « Ah ! Ah ! fit-il, le calotin s’est trop pressé pour entrer dans sa boîte ! Il a laissé prendre au-dehors un morceau de sa soutane ! Le voilà pris au piège ! »</p><p> </p><p>Le garde bondit vers le coffre puis souleva le couvercle d’un air de triomphe tandis qu’un de ses camarades enfonçait à l’intérieur la pointe de son fusil. On entendit un faible cri puis, dominant sa douleur, René, dans un geste d’héroïque courage, se dressa, la joue sillonnée d’une large balafre rouge. Éclatant alors de rire il cria aux soldats stupéfaits : « Vous cherchez un calotin par ici ! Eh bien ! le v’la pour vous servir ! Êtes-vous contents, Messieurs ? » Furieux d’être ainsi dupés, les gardes tirèrent les oreilles de René, qui en profita pour faire encore quelques grimaces et amuser la galerie. Enfin, n’ayant rien trouvé à l’étage les soudards montèrent au grenier… Mais celui qu’ils cherchaient avait eu le temps de gagner sa cachette ! Malgré tous leurs efforts ils ne purent rien découvrir et s’en allèrent bredouilles.</p><p><img
class="alignright size-medium wp-image-7192" title="Gardes nationaux" src="http://www.maintenantunehistoire.fr/wp-content/uploads/2013/05/5-Garde-nationale-207x300.jpg" alt="Gardes nationaux" width="207" height="300" /></p><p>Dès qu’ils eurent quitté la maison, la mère du jeune héros, encore toute tremblante d’émotion, s’empressa d’étancher le sang qui coulait de la blessure. Tandis qu’elle le pansait, les larmes aux yeux, l’intrépide garçon, pâli par la douleur mais gardant intact son courage, lui dit avec le sourire : « Pourquoi pleurer, maman ? Il n’y avait pas d’évêque pour confirmer les premiers communiants ce matin… Eh bien ! me voilà confirmé maintenant ! »</p><p
style="text-align: right;"><strong>J. Christiano</strong>, « <em>Flores martyrum</em> »</p><p> </p> Thèmes : <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/category/1-livres/90-histoires-pour-les-catechistes-i/" title="90 Histoires pour les catéchistes I" rel="tag">90 Histoires pour les catéchistes I</a>, <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/tag/anjou/" title="Anjou" rel="tag">Anjou</a>, <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/category/2-auteurs/christiano/" title="Christiano, J." rel="tag">Christiano, J.</a>, <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/tag/confirmation/" title="Confirmation" rel="tag">Confirmation</a>, <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/category/1-livres/90-histoires-pour-les-catechistes-i/ii-les-sept-sacrements/" title="II. Les sept sacrements" rel="tag">II. Les sept sacrements</a>, <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/tag/refractaire/" title="Réfractaire" rel="tag">Réfractaire</a>, <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/tag/revolution/" title="Révolution" rel="tag">Révolution</a>, <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/tag/terreur/" title="Terreur" rel="tag">Terreur</a><br
/> ]]></content:encoded> <wfw:commentRss>http://www.maintenantunehistoire.fr/une-confirmation-tragique/feed/</wfw:commentRss> <slash:comments>0</slash:comments> </item> <item><title>La communion d’Imalda</title><link>http://www.maintenantunehistoire.fr/la-communion-dimalda/</link> <comments>http://www.maintenantunehistoire.fr/la-communion-dimalda/#comments</comments> <pubDate>Sat, 11 May 2013 16:00:54 +0000</pubDate> <dc:creator>Le Raconteur</dc:creator> <category><![CDATA[Daniel-Rops]]></category> <category><![CDATA[Légende dorée de mes filleuls]]></category> <category><![CDATA[12 mai]]></category> <category><![CDATA[Hostie]]></category> <category><![CDATA[Imelda]]></category> <category><![CDATA[Miracle]]></category> <category><![CDATA[Patronne des premiers communiants]]></category> <category><![CDATA[Première communion]]></category> <guid
isPermaLink="false">http://www.maintenantunehistoire.fr/?p=6851</guid> <description><![CDATA[— Imalda ! Imalda ! La mère de l’enfant, qui l’appelait, se dirigea sans hésiter vers le fond du jardin. Quand on ne voyait pas la fillette, on pouvait être sûr qu’elle était là, dans ce coin tranquille où l’on n’entendait que le souffle du vent sur la cime des cyprès et le gazouillement de la fontaine. [...]]]></description> <content:encoded><![CDATA[<p>— Imalda ! Imalda !</p><p><a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/wp-content/uploads/2013/05/Vital-des-madones-Bologne.jpg"><img
class="alignright size-medium wp-image-6856" title="Vital des madones - Bologne" src="http://www.maintenantunehistoire.fr/wp-content/uploads/2013/05/Vital-des-madones-Bologne-205x300.jpg" alt="Fresque de la Vierge - Vital des madones - Bologne" width="205" height="300" /></a>La mère de l’enfant, qui l’appelait, se dirigea sans hésiter vers le fond du jardin. Quand on ne voyait pas la fillette, on pouvait être sûr qu’elle était là, dans ce coin tranquille où l’on n’entendait que le souffle du vent sur la cime des cyprès et le gazouillement de la fontaine. Contre le mur se dressait un petit oratoire, fait tout simplement d’un toit en auvent, abritant une fresque : cette peinture représentait une Sainte Vierge tenant l’Enfant Jésus sur ses genoux, comme en avait tant peint le meilleur artiste de la ville, celui qu’on appelait « Vital des Madones », une Sainte Vierge d’une merveilleuse douceur. Imalda aimait cette belle image. De longues heures, bien qu’elle eût seulement neuf ans, elle demeurait agenouillée sur les dalles de l’allée, priant, méditant, récitant les Psaumes qu’elle savait par cœur comme un moine ou une religieuse. Et ses parents s’en étonnaient.</p><p>Son père, le comte Lambertini, un des plus riches seigneurs de la ville, plus accoutumé, comme beaucoup d’hommes de son temps, à faire des affaires et à se battre qu’à prier humblement le Seigneur, trouvait exagérée cette piété. « Va-t-elle donc se faire nonne ? » criait-il quand il  apprenait que sa fille était encore à genoux devant la Madone du jardin. Mais sa femme, émerveillée de trouver dans son enfant cette âme si pure et si chrétienne, lui répondait qu’elle ne pouvait certainement souhaiter mieux que de voir sa petite continuer à grandir dans l’amour du Christ.</p><p>— Qu’avons-nous à lui reprocher ? Jamais une désobéissance, jamais un mensonge, jamais un mouvement de mauvaise humeur. Nous avons peut-être donné le jour à une petite Sainte. Laissons-la répondre à la voix qui l’appelle…</p><p>Et l’amabilité, la gentillesse de cette enfant étaient si exemplaires que, dans toute la famille, on lui avait changé son nom de Madeleine en celui d’Imalda, qui voulait dire : « aussi douce que le miel ».</p><p
style="text-align: center;">* * *</p><p>Cela se passait dans la ville de Bologne, au début du XIVe siècle, vers l’année 1330. A cette époque, l’Italie toute entière était dans une très douloureuse situation. Depuis déjà longtemps, les guerres civiles succédaient aux guerres étrangères, les unes et les autres faisant beaucoup de mal au pays. Le Pape et l’Empereur ne s’entendaient pas ; leurs partisans se livraient des combats terribles, où des villages flambaient, des villes étaient assiégées, prises et pillées. Très peu de temps avant, Bologne avait été ainsi champ de bataille et avait énormément souffert. Ce n’était pas encore assez ! Dans la cité même les clans s’opposaient aux clans. On luttait famille contre famille, et chaque maison seigneuriale se transformait en véritable forteresse, capable de supporter des sièges : certaines avaient même dressé de très hautes tours, — l’une n’avait pas moins de cent mètres, — semblables à des donjons, pour y installer leurs guetteurs et leurs soldats ; deux de ces tours se voient  encore. Douloureuse situation, et dont une petite fille sensible se rendait parfaitement compte.</p><p>D’ailleurs, tant de choses étaient tristes en cette époque ! Ne disait-on pas que le Pape avait été obligé de fuir Rome où sa personne sacrée n’était plus en sûreté, et qu’il s’était réfugié, bien loin de là, au royaume de France, dans une ville nommée Avignon où il construisait un grand palais : preuve qu’il voulait y demeurer bien longtemps. Dans l’Église entière, cette absence du Saint Père hors de la Ville Éternelle était considérée comme un mauvais présage : depuis treize siècles, depuis que saint Pierre est <span
id="more-6851"></span>mort martyr dans le cirque de Néron, au Vatican, est-ce que les Papes n’ont pas toujours résidé non loin de son tombeau ? Qu’allait-il arriver maintenant que le Siège romain était vide ?…</p><p><a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/wp-content/uploads/2013/05/fra-angelico-rencontre-de-saint-francois-et-de-saint-dominique-staatliche-museen-berlin-c-1429.jpg"><img
class="alignleft size-medium wp-image-6863" title="Fra Angelico, vers 1429 - rencontre de saint François et de saint Dominique" src="http://www.maintenantunehistoire.fr/wp-content/uploads/2013/05/fra-angelico-rencontre-de-saint-francois-et-de-saint-dominique-staatliche-museen-berlin-c-1429-300x251.jpg" alt="Rencontre de saint François et de saint Dominique, gloires de Bologne" width="300" height="251" /></a>C’était pour tout cela que la petite Imalda priait tant. Elle demandait au Seigneur de ramener la paix parmi les hommes, de les rendre moins violents, moins attachés à l’argent, moins brutaux et de protéger sa Sainte Église contre tous ses ennemis… Heureusement qu’en Italie, il y avait encore de vrais chrétiens ! Au siècle précédent, n’avait-on pas connu deux saints exceptionnels, dont tout le monde parlait encore ? Saint François, celui qu’on surnommait « le petit pauvre d’Assise », qui, après avoir été, dans son adolescence, un garçon ardent et prompt aux combats, comme tant d’autres, avait d’un seul coup jeté ses armes, renoncé à toute la fortune de son père, et s’était consacré à Dieu, pour vivre dans la sainte pauvreté. Il n’était guère lieu d’Italie où l’on ne racontât les merveilles de sa vie, et comment il avait apprivoisé un loup furieux, et comment il parlait aux oiseaux du ciel, où l’on ne chantât aussi les cantiques si simples et si sublimes qu’il avait composés.</p><p>Et l’autre saint, dont la gloire devenait immense, était  saint Dominique, l’éloquent Espagnol installé en Italie, dont on rapportait qu’au jour de sa naissance une étoile avait brillé sur son front. Par sa parole, par son action, il avait mené des luttes acharnées contre les hérétiques dont les doctrines étaient contraires à la vraie foi. Il avait été le fondateur de ces « Frères Prêcheurs », de ces « Dominicains » vêtus d’une robe blanche et d’un grand manteau noir, dont les sermons faisaient courir les foules aux églises. Or c’était justement à Bologne que le grand saint avait son tombeau, un tombeau de marbre où l’on voyait les scènes principales de sa vie, sculptées par un très grand artiste, Nicolo Pisano. Bien souvent Imalda était allée prier dans la basilique Saint-Dominique, auprès du monument funéraire. Bien souvent elle avait demandé au Saint de l’accepter dans l’immense famille de ceux qui voulaient suivre son exemple, parmi les religieuses blanches qu’elle avait vues, dans leur couvent, si heureuses de prier Dieu toute la journée, et la nuit même, de le prier pour les pauvres hommes afin qu’ils deviennent un peu meilleurs.</p><p
style="text-align: center;">***</p><p>— Imalda ! Imalda !</p><p>La chère voix de la fillette ne répondit pas. Un peu inquiète, la mère courut le long des allées, vers le fond du jardin, pensant que, selon son habitude, l’enfant se trouvait à genoux devant la Madone et que, sans doute, elle était si absorbée par sa prière qu’elle n’entendait même pas les cris d’appel. Mais, surprise, elle constata que la place était vide… La petite forme ne s’apercevait pas comme d’ordinaire, entre les trois fuseaux élancés des cyprès : simplement, sur le petit rebord de l’oratoire, sous la fresque de la Sainte Vierge, une rosé rouge était posée, fraîchement  coupée. A quoi la mère comprit qu’Imalda était venue là mais n’était point restée.</p><p>Où pouvait-elle bien être ? Jamais elle ne sortait dans la ville sans être accompagnée d’une servante, et surtout jamais sans en avoir demandé la permission. Le gardien de la porte ne l’avait pas vu passer. Et le père qui n’était pas là, en train — une fois de plus — de se battre, avec ses hommes, dans la plaine du côté de Padoue ou de Venise !</p><p>Mais, peu après, deux religieuses vinrent heurter le marteau du lourd vantail blindé de fer forgé. Elles portaient la robe blanche et le manteau noir des filles de saint Dominique. Ce matin même, dirent-elles, tandis qu’elles sortaient de la chapelle, elles avaient entendu frapper à petits coups à la porte du couvent. Imalda était sur le seuil, si menue, si fragile… Mais quand on lui avait demandé pourquoi elle se trouvait là, elle avait répondu d’une voix si ferme et décidée que Madame la Prieure n’avait pas osé la renvoyer. Pour que cette petite fille fût venue, toute seule, demander à entrer au couvent, ne fallait-il pas que le Seigneur lui-même l’eût guidée ? La mère hésitait ; qu’allait dire son mari, en rentrant de ses batailles ? Bien sûr, sa colère serait grande : sa fille unique, religieuse ! Mais elle savait, elle, que l’âme de sa petite sainte, depuis longtemps déjà, appartenait au Christ, et elle accepta.</p><p
style="text-align: center;"><strong>* * *</strong></p><div
id="attachment_6853" class="wp-caption aligncenter" style="width: 493px"><a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/wp-content/uploads/2013/05/Sainte-Imelda-entre-au-couvent-dominicain.jpg"><img
class=" wp-image-6853  " title="Sainte Imelda entre au couvent dominicain" src="http://www.maintenantunehistoire.fr/wp-content/uploads/2013/05/Sainte-Imelda-entre-au-couvent-dominicain-483x600.jpg" alt="Coloriage de Sainte Imelda chez les dominicaines" width="483" height="600" /></a><p
class="wp-caption-text">Sainte Imelda entre au couvent dominicain</p></div><p>Ce fut ainsi qu’Imalda, à peine âgée de neuf ans, devint religieuse dominicaine. Bien vite elle fut la joie et l’exemple du couvent. La Prieure aurait voulu qu’elle restât à dormir la nuit au lieu de se lever pour chanter les offices, mais quand la communauté s’en allait, par les couloirs obscurs, puis le long du cloître, en silencieuse file, vers la chapelle, on voyait une petite silhouette, si minuscule, qui se glissait avec les autres,et, quand le chant des psaumes commençait, on distinguait sa voix cristalline s’élevant au-dessus de toutes. Elle qui avait connu dans la maison de ses parents l’éclat des richesses, et tout le luxe et tout le confort pos¬sibles, elle vivait désormais dans une cellule nue, où il n’y avait qu’un méchant lit de planches à paillasse, une table et une chaise, et, sur le mur, un crucifix fait de deux bâtons croisés. Magnifique exemple, et dont toute la communauté était dans l’émerveillement.</p><p>Cependant, à certains moments, les religieuses observaient une sorte de tristesse sur les traits de leur petite compagne. C’était au sortir de la messe, lorsque toutes venaient à la Sainte Communion et qu’Imalda, à cause de son jeune âge, n’avait pas pu y participer. Les enfants de notre temps ne peuvent pas bien comprendre cela, car ils ont la chance, tout petits, de recevoir la Sainte Hostie. Au temps où vivait Imalda, il fallait avoir quatorze ans pour y être admis. Et c’était de cela que la jeune religieuse se désolait.</p><p>Communier ! Nul mieux qu’elle ne comprenait ce que cela signifie de joie, de bonheur surnaturel ! Nul mieux qu’elle ne devinait les trésors que l’âme acquiert à l’instant même où le petit disque de pain est posé dans la bouche et que le cœur tressaille à la seule idée de porter en soi la chair du Seigneur Bien souvent, durant ses longues prières, Imalda avait rêvé de ce moment où Jésus lui-même lui serait accordé, où elle posséderait, au plus profond d’elle, le Sauveur du Monde, Dieu, celui qui a tant aimé les hommes qu’il a voulu se donner à eux. Viendrait-il, ce moment ? Ah, comme elle en avait hâte ! Et la tristesse qui se peignait parfois sur son doux visage n’avait pas d’autre cause : quand elle voyait les autres revenir de la Sainte Table,  les yeux baissés, dans un magnifique recueillement, Imalda ne pouvait pas retenir ses larmes.</p><p>Mais Jésus, qui sait lire dans le secret des âmes, avait décidé que, pour elle, la date obligatoire de la quatorzième année serait avancée miraculeusement…</p><p
style="text-align: center;">* * *</p><p>Le jour de l’Ascension, le 12 mai 1333, comme tous les ans, se célébrait au couvent de Sainte-Marie-Madeleine, chez les religieuses de Saint-Dominique, la belle cérémonie de la première communion. Venues de tous les quartiers de la ville, maintes fillettes de quatorze ans, habillées un peu comme des mariées, arrivaient, dès le matin, portant toutes de grandes brassées de lys qu’elles allaient, en entrant, déposer devant l’autel de la Sainte Vierge. Et la messe commença.</p><p>Dans sa stalle du chœur des novices, en robe de bure blanche, Imalda regardait. Elle regardait toutes ces jeunes filles qui s’apprêtaient à recevoir le corps du Christ ; comprenaient-elles ce qu’elles étaient sur le point de faire ? avaient-elles assez la certitude que l’événement qui allait s’accomplir pour elles était d’une importance capitale ? Elle les regardait… Peut-être certaines ne pensaient-elles qu’à leur belle robe, au voile de dentelle qui couvrait leurs chevelures bien coiffées. Et elle, elle, ah comme elle eût désiré se trouver parmi ces formes blanches ! ah de quel cœur elle eût accueilli Celui que le Prêtre allait donner à chacune !</p><p><a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/wp-content/uploads/2013/05/Tableau-du-miracle-de-l-hostie-Imelda-Lambertini-Bologne.jpg"><img
class="alignleft size-full wp-image-6859" title="Tableau du miracle de l hostie - Imelda Lambertini - Bologne" src="http://www.maintenantunehistoire.fr/wp-content/uploads/2013/05/Tableau-du-miracle-de-l-hostie-Imelda-Lambertini-Bologne.jpg" alt="Tableau du miracle de l'hostie - Imelda Lambertini - Bologne" width="403" height="403" /></a>Le moment de la communion vint. Deux par deux les jeunes filles s’approchèrent de l’autel, lentement, pendant que le chœur des religieuses lançait vers la voûte le plus beau, le plus joyeux des Psaumes. Mais la voix pure d’Imalda n’était point, pour une fois, mêlée à celle des autres. Sa tristesse avait été la plus forte. Ecroulée à genoux sur les dalles de la chapelle, la tête dans ses mains, elle pleurait.</p><p>Alors… ce fut un spectacle si stupéfiant que, d’un seul coup, le chœur des religieuses s’arrêta de chanter. Un silence profond s’abattit sur l’église ; l’assistance toute entière sembla se retenir presque de respirer. Du Saint Ciboire dans lequel le Prêtre puisait, l’une après l’autre, les hosties consacrées pour les poser entre les lèvres des communiantes, une d’elles venait de se détacher. Elle s’était littéralement envolée, comme si une main invisible la tenait, la main d’un ange peut-être, l’emportant haut dans les airs. Un court instant on vit l’hostie flotter au-dessus de l’autel, puis glisser vers le chœur des religieuses, franchir la grille qui le séparait du reste de l’église… Toute l’assistance la suivait des yeux, blanche petite tache de lumière, qu’un rayon mystérieux semblait accompagner.</p><p>En voyant l’hostie miraculeuse s’avancer vers elles, les religieuses furent bouleversées. Les unes tendaient les mains dans sa direction ; d’autres se laissaient tomber sur le sol, prosternées, pleines de crainte. Une seule forme, dans les stalles, n’avait pas bougé : la petite Imalda qui, toujours agenouillée, priait et pleurait sans faire nulle attention à ce qui se passait autour d’elle. Mais, comme si elle avait su exactement où elle devait aller, ou toujours portée par la main invisible, l’hostie s’immobilisa. A quelque vingt centimètres au-dessus du front de l’enfant, elle demeura suspendue en l’air, et au moment où elle s’arrêta ainsi, une lumière surnaturelle jaillit d’elle, éclaira toute cette partie du chœur, qui était fort sombre, en même temps qu’une odeur suave se répandait.</p><p>Personne n’osait bouger. Personne n’osait surtout toucher la petite sainte qui, plongée dans une extase, ne faisait plus aucun mouvement. Mais le miracle durait. Des minutes  passaient : l’hostie était toujours là, entre ciel et terre, visiblement décidée à désigner la petite forme agenouillée. La Prieure enfin fit un signe. Le prêtre qui, à l’autel lui aussi frappé de stupeur, considérait la scène, immobile, prit une patène, — cette sorte de petit plateau d’or ou d’argent sur lequel on pose les hosties, — et il s’approcha. Docile, l’hostie du miracle se laissa saisir et placer sur la patène. A ce moment, Imalda releva la tête. Elle avait les yeux clos, les lèvres entr’ouvertes, comme si elle allait recevoir la Sainte Communion. Le prêtre comprit et obéit à l’ordre silencieux… Il fit communier la trop heureuse enfant.</p><p
style="text-align: center;">* * *</p><p>Ce fut alors, dans l’église entière, un instant de joie sans pareille, d’exultation. Le chœur des religieuses entonna avec ferveur le plus beau des chants de gratitude, celui du « Magnificat » : « Elle glorifie le Seigneur, mon âme, et mon esprit tressaille de joie en Dieu, mon Sauveur, parce qu’il a jeté les yeux sur la plus humble de ses servantes. Ah, comme je suis contente, moi que les hommes nommeront bienheureuse… »</p><p><a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/wp-content/uploads/2013/05/Bienheureuse-Imelda-Lambertini.jpg"><img
class="alignright size-medium wp-image-6860" title="Bienheureuse Imelda Lambertini" src="http://www.maintenantunehistoire.fr/wp-content/uploads/2013/05/Bienheureuse-Imelda-Lambertini-300x277.jpg" alt="Bienheureuse Imelda Lambertini" width="300" height="277" /></a>Seule, Imalda ne semblait point participer du tout à cette joie. Elle avait de nouveau baissé la tête et paraissait profondément absorbée dans ses actions de grâces. Nul ne voyait son visage ; elle ne faisait aucun mouvement. Certainement, pensa-t-on, elle est encore perdue dans son extase ; elle vit en ce moment la plus belle heure de sa vie ; elle a le Christ en elle, et par un miracle à nul autre semblable… Mais les minutes passaient, puis les quarts d’heure. Une sourde inquiétude commençait, à peser sur l’assistance. La Prieure alors se leva de sa place, traversa le chœur, s’approcha de la petite sainte prosternée. Elle la toucha. Imalda ne  bougea pas. Deux religieuses, croyant peut-être à un malaise, lui relevèrent la tête. Et la tête retomba et l’enfant s’affaissa entre leurs bras.</p><p>Imalda, la miraculée de l’Hostie, était morte. Celui à qui elle avait tant voulu appartenir l’avait prise avec lui pour toujours. Et sur les traits de la petite morte se lisait une joie qui n’appartenait plus à la terre, une céleste félicité.</p><p
style="text-align: right;"><strong> Daniel-Rops.</strong></p><p
style="text-align: center;"><a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/wp-content/uploads/2013/05/Image-pieuse-de-la-bx_imelda_lambertini.jpg"><img
class="aligncenter size-large wp-image-6861" title="Image pieuse de la bienheureuse Imelda Lambertini, patronne des premiers communiants" src="http://www.maintenantunehistoire.fr/wp-content/uploads/2013/05/Image-pieuse-de-la-bx_imelda_lambertini-600x271.jpg" alt="Image pieuse de la bienheureuse Imelda Lambertini, patronne des premiers communiants" width="600" height="271" /></a></p> Thèmes : <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/tag/12-mai/" title="12 mai" rel="tag">12 mai</a>, <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/category/2-auteurs/daniel-rops/" title="Daniel-Rops" rel="tag">Daniel-Rops</a>, <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/tag/hostie/" title="Hostie" rel="tag">Hostie</a>, <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/tag/imelda/" title="Imelda" rel="tag">Imelda</a>, <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/category/1-livres/legende-doree-de-mes-filleuls/" title="Légende dorée de mes filleuls" rel="tag">Légende dorée de mes filleuls</a>, <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/tag/miracle/" title="Miracle" rel="tag">Miracle</a>, <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/tag/patronne-des-premiers-communiants/" title="Patronne des premiers communiants" rel="tag">Patronne des premiers communiants</a>, <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/tag/premiere-communion/" title="Première communion" rel="tag">Première communion</a><br
/> ]]></content:encoded> <wfw:commentRss>http://www.maintenantunehistoire.fr/la-communion-dimalda/feed/</wfw:commentRss> <slash:comments>0</slash:comments> </item> <item><title>Jésus, je le dirai à ta Mère</title><link>http://www.maintenantunehistoire.fr/jesus-je-le-dirai-a-ta-mere/</link> <comments>http://www.maintenantunehistoire.fr/jesus-je-le-dirai-a-ta-mere/#comments</comments> <pubDate>Sat, 04 May 2013 16:00:17 +0000</pubDate> <dc:creator>Le Raconteur</dc:creator> <category><![CDATA[90 Histoires pour les catéchistes II]]></category> <category><![CDATA[III. Dévotion à la Sainte Vierge]]></category> <category><![CDATA[Conversion]]></category> <category><![CDATA[Enfant]]></category> <category><![CDATA[Foi]]></category> <category><![CDATA[Lourdes]]></category> <category><![CDATA[Malade]]></category> <category><![CDATA[Miracle]]></category> <guid
isPermaLink="false">http://www.maintenantunehistoire.fr/?p=6836</guid> <description><![CDATA[Quelques miracles entre beaucoup — Docteur, dites-moi la vérité — Mon pauvre ami, il est perdu… Seul un miracle pourrait le sauver… Lentement, Pierre L… ferma la porte. Ainsi, son petit Jean allait mourir… et cela, à la fleur de l’âge ; dans huit jours il aurait treize ans ! Irait-il seulement jusque-là ? Depuis quelques jours Pierre [...]]]></description> <content:encoded><![CDATA[<h3 style="text-align: right;">Quelques miracles entre beaucoup</h3><p>— Docteur, dites-moi la vérité</p><p>— Mon pauvre ami, il est perdu… Seul un miracle pourrait le sauver…</p><p>Lentement, Pierre L… ferma la porte. Ainsi, son petit Jean allait mourir… et cela, à la fleur de l’âge ; dans huit jours il aurait treize ans ! Irait-il seulement jusque-là ?</p><p><a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/wp-content/uploads/2013/05/Dessin-l-enfant-malade.jpg"><img
class="alignleft size-medium wp-image-6942" title="L'enfant malade" src="http://www.maintenantunehistoire.fr/wp-content/uploads/2013/05/Dessin-l-enfant-malade-232x300.jpg" alt="Histoire pour le catéchisme, le miracle de la guérison d'un enfant malade" width="232" height="300" /></a>Depuis quelques jours Pierre voyait la progression du mal. Cependant les paroles du docteur aujourd’hui l’ont bouleversé. Il est dur d’admettre l’évidence dans un pareil cas ! Abattu, mais faisant le fort, il revient vers la salle à manger où un lit a été installé pour son enfant. Un moment il s’arrête près de sa couche et regarde son fils comme si c’était la première fois. Jean ne le voit même pas ; sa tête repose sur l’oreiller, ses traits sont tirés, ses joues creusées par la souffrance. La tristesse envahit le cœur du malheureux père… Ah ! s’il pouvait prendre sa maladie et souffrir à sa place ! Et les dernières paroles du docteur résonnent à ses oreilles seul un miracle pourrait le sauver ! Un miracle !… Mais il n’y a pas de miracles ! Ce sont des histoires d’enfants… Quant à lui, il n’y croit plus depuis longtemps. D’ailleurs, s’il y avait un Dieu, son enfant ne serait pas malade ! Qu’ont-ils fait dans sa famille pour être traités de la sorte ? Certes, lui ne pratique pas mais il n’est pas contre la religion ! Chacun fait comme il l’entend ! Sa femme, elle, va à l’église, et jamais il ne s’y est opposé ! Quant à son Jean, voilà plusieurs années qu’il est enfant de chœur à la paroisse Saint-Pierre. Non, non, Dieu n’existe pas, sinon il ne permettrait pas de semblables malheurs. Et le pauvre père affolé se tait… Des larmes coulent sur ses joues… mais craignant que son fils ou sa femme ne s’en aperçoivent il les essuie furtivement puis se dirige vers la cuisine où son épouse prépare le repas. D’un seul regard elle voit que son mari a pleuré… Les mamans voient toujours quand il y a quelque chose qui ne va pas ! En vain Pierre essaie de cacher la triste nouvelle. Finalement, il doit rapporter les paroles du médecin : Seul un miracle pourrait sauver leur enfant !</p><p>— C’est tout ce qu’il t’a dit ? questionne la mère.</p><p>— Oui… Mais ce sont des histoires… et je ne crois pas aux miracles.</p><p>— Pierre, ne parle pas comme cela, je t’en prie. Moi j’y crois ! dit la mère. Veux-tu m’accorder quelque chose ?<span
id="more-6836"></span></p><p>— Quoi donc ?</p><p><a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/wp-content/uploads/2013/05/Image-pieuse-Notre-Dame-de-lourdes.jpg"><img
class="alignright size-medium wp-image-6944" title="Image pieuse - Notre-Dame de lourdes" src="http://www.maintenantunehistoire.fr/wp-content/uploads/2013/05/Image-pieuse-Notre-Dame-de-lourdes-193x300.jpg" alt="Histoire pour la catéchèse - Notre-Dame de lourdes" width="193" height="300" /></a>— Rappelle-toi, peu avant de tomber malade, Jean nous demandait d’aller à Lourdes avec l’Abbé, aux grandes vacances. Tu étais d’accord. Pourquoi n’irions-nous pas tous les trois maintenant ?</p><p>— Tu crois qu’il va guérir ? Non, c’est impossible… Il est perdu</p><p>— Raison de plus pour réaliser le dernier désir de notre enfant, il sera si heureux !</p><p>— Puisque tu y tiens, soit. Je demanderai un congé à mon patron et nous irons.</p><p>Huit jours plus tard, une ambulance prenait Jean chez lui pour le conduire à la gare… Cependant, il allait de plus en plus mal et le docteur n’assurait pas qu’il supporterait le voyage ! On l’installa dans un compartiment spécial et le train s’ébranla… Les sentiments des voyageurs étaient bien différents… Jean et sa maman partaient avec une immense espérance tandis que le papa ne savait que penser. Après de longues heures de chemin de fer, le convoi arrive enfin à Lourdes. Jean est à toute extrémité… Humainement parlant sa mort est imminente. Vu son état, il reçoit les derniers sacrements avant d’être conduit à l’esplanade où va se dérouler la procession du Saint-Sacrement.</p><p
style="text-align: center;"><a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/wp-content/uploads/2013/05/lourdes-benedictions-malades.jpg"><img
class="aligncenter size-full wp-image-6943" title="Lourdes - Bénedictions des malades" src="http://www.maintenantunehistoire.fr/wp-content/uploads/2013/05/lourdes-benedictions-malades.jpg" alt="récit d'une guérison miraculeuse d'un enfant - Lourdes - Bénedictions des malades" width="448" height="277" /></a></p><p>Bientôt la Procession s’avance… Un Cardinal tient l’ostensoir au-dessus de sa tête. Tandis que Jésus-Hostie approche de l’endroit où Jean est étendu, celui-ci murmure doucement et à plusieurs reprises : « Jésus, Fils de Marie, rends-moi la santé ! » Mais Jésus passe… et le miracle attendu ne se produit pas. Alors, Jean, rassemblant le peu de forces qui lui reste, se soulève péniblement sur son coude et crie : « Jésus, Fils de Marie, tu ne m’as pas guéri ! Je le dirai à ta Mère ! » Épuisé par ce suprême effort, l’enfant retombe sur son brancard…</p><p>Ému d’une telle détresse et d’une si grande foi, le Cardinal, qui a tout entendu, revient vers le petit moribond et, une seconde fois, lui donne la bénédiction. Alors, quelque chose d’extraordinaire se passe… De nouvelles forces envahissent les membres du jeune malade… il se sent guéri ! D’un geste brusque, il rejette ses couvertures et se lève, vacillant mais rayonnant ! Et avec joie cette fois il s’écrie tourné vers l’ostensoir « Jésus, Fils de Marie, tu m’as guéri… Merci ! Je le dirai à ta Mère pour qu’elle m’aide à te remercier ! »</p><p>Ce jour-là ce ne fut pas un miracle mais deux qui se produisirent sur l’Esplanade de Lourdes. Le père de Jean, bouleversé devant une telle merveille, tombait à genoux et éclatait en sanglots… Son âme était guérie !</p><p> </p><p
style="text-align: center;"><a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/jesus-je-le-dirai-a-ta-mere/coloriage-notre-dame-de-lourdes/" rel="attachment wp-att-6945"><img
class="aligncenter size-large wp-image-6945" title="Coloriage Notre-Dame de Lourdes" src="http://www.maintenantunehistoire.fr/wp-content/uploads/2013/05/Coloriage-Notre-Dame-de-Lourdes-388x600.jpg" alt="Coloriage Notre-Dame de Lourdes" width="388" height="600" /></a></p> Thèmes : <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/category/1-livres/90-histoires-pour-les-catechistes-ii/" title="90 Histoires pour les catéchistes II" rel="tag">90 Histoires pour les catéchistes II</a>, <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/tag/conversion/" title="Conversion" rel="tag">Conversion</a>, <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/tag/enfant/" title="Enfant" rel="tag">Enfant</a>, <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/tag/foi/" title="Foi" rel="tag">Foi</a>, <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/category/1-livres/90-histoires-pour-les-catechistes-ii/iii-devotion-a-la-sainte-vierge/" title="III. Dévotion à la Sainte Vierge" rel="tag">III. Dévotion à la Sainte Vierge</a>, <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/tag/lourdes/" title="Lourdes" rel="tag">Lourdes</a>, <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/tag/malade/" title="Malade" rel="tag">Malade</a>, <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/tag/miracle/" title="Miracle" rel="tag">Miracle</a><br
/> ]]></content:encoded> <wfw:commentRss>http://www.maintenantunehistoire.fr/jesus-je-le-dirai-a-ta-mere/feed/</wfw:commentRss> <slash:comments>0</slash:comments> </item> <item><title>Les saints de tous les métiers I</title><link>http://www.maintenantunehistoire.fr/les-saints-de-tous-les-metiers-i/</link> <comments>http://www.maintenantunehistoire.fr/les-saints-de-tous-les-metiers-i/#comments</comments> <pubDate>Sat, 27 Apr 2013 16:00:44 +0000</pubDate> <dc:creator>Le Raconteur</dc:creator> <category><![CDATA[Goldie, Agnès]]></category> <category><![CDATA[Petites Vies Illustrées pour enfants]]></category> <category><![CDATA[12 septembre]]></category> <category><![CDATA[25 août]]></category> <category><![CDATA[25 octobre]]></category> <category><![CDATA[8 octobre]]></category> <category><![CDATA[Colporteur]]></category> <category><![CDATA[Comédien]]></category> <category><![CDATA[Cordonnier]]></category> <category><![CDATA[Danseur]]></category> <category><![CDATA[Métier]]></category> <category><![CDATA[Sacristain]]></category> <category><![CDATA[Saint Crépin]]></category> <category><![CDATA[Saint Crépinien]]></category> <category><![CDATA[Saint Genès]]></category> <category><![CDATA[Saint Guy]]></category> <category><![CDATA[Saint patron]]></category> <category><![CDATA[Sainte Pélagie]]></category> <guid
isPermaLink="false">http://www.maintenantunehistoire.fr/?p=6649</guid> <description><![CDATA[Ne disons pas : « La sainteté, ce n’est pas pour moi ; je ne suis ni un évêque, ni un moine, ni ceci, ni cela… » Il est des saints de tous métiers : cabaretiers, agriculteurs, cordonniers, serviteurs, sacristain-colporteurs, charbonniers, soldats, médecins, avocats, instituteurs.… on trouve même un ex-comédien. De même, pour les femmes, nous avons des cultivatrices, [...]]]></description> <content:encoded><![CDATA[<p
style="padding-left: 30px;"><em>Ne disons pas : « La sainteté, ce n’est pas pour moi ; je ne suis ni un évêque, ni un moine, ni ceci, ni cela… » Il est des saints de tous métiers : cabaretiers, agriculteurs, cordonniers, serviteurs, sacristain-colporteurs, charbonniers, soldats, médecins, avocats, instituteurs.… on trouve même un ex-comédien. De même, pour les femmes, nous avons des cultivatrices, des servantes, une teinturière, et… une star d’Athènes !</em></p><h2 style="text-align: right;">Le comédien</h2><p>Il se nommait Genès, et sans doute, dans tout l’élan de sa « jeunesse », ne songeait-il qu’à faire le pitre, à rire et à faire rire. C’est ainsi que, païen de Rome, il se fit instruire des cérémonies chrétiennes pour les tourner en ridicule sur la scène. Les spectacles de ce genre étaient très à la mode au temps de Dioclétien.</p><p>Aujourd’hui, Genès s’apprête à jouer une farce impie dont il tiendra le rôle principal, celui du néophyte un peu niais qui va recevoir le baptême. La comédie commence… Les spectateurs s’en donnent à cœur joie quand, soudain, saisi par la grâce, le jeune homme se sent envahi d’un ardent désir du baptême : « <em>O Dieu, s’écrie-t-il en son cœur, lavez-moi en cette eau baptismale ; en toute sincérité je veux être chrétien !</em> »</p><p>Personne n’a pu voir l’action intérieure de la grâce ni entendre le cri de Genès, mais tout le monde remarque le sérieux de l’acteur. Il entre trop bien dans son rôle ; ce n’est plus amusant du tout ; les rires se sont tus : « <em>Dis donc ! fais-nous rire un peu !</em> »</p><div
id="attachment_6659" class="wp-caption aligncenter" style="width: 428px"><a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/wp-content/uploads/2013/04/Coloriage-Saint-Genes-Patron-des-comediens.jpg"><img
class="size-full wp-image-6659" title="Condamnation de Saint Genès, comédien et martyr" src="http://www.maintenantunehistoire.fr/wp-content/uploads/2013/04/Coloriage-Saint-Genes-Patron-des-comediens.jpg" alt="Coloriage - Vie pour les jeunes de Saint Genès, comédien et martyr" width="418" height="188" /></a><p
class="wp-caption-text">« O Dieu, lavez-moi en cette eau »</p></div><p>Ces sortes de parodies se terminaient généralement par l’interrogatoire du soi-disant nouveau chrétien qui, à la grande joie des spectateurs, n’hésitait pas à sacrifier aux idoles, après avoir répondu aux interrogatoires de la façon la plus cocasse, ou bien, qui refusait de sacrifier et recevait, pour la forme, sa condamnation. Un magistrat complaisant (un vrai, celui-la !) consent à se prêter à cette comédie. Genès est donc conduit à l’interrogatoire par des acteurs déguisés en soldats : mais quoi, il répond avec une fermeté, une sincérité qui ne laissent pas de doute : « <em>Jusqu’ici j’avais une telle haine contre les chrétiens que je ne savais que les tourner en dérision ; je raillais leurs cérémonies sur la scène, j’allais les insulter au milieu des tourments. Aujourd’hui, à peine l’eau du baptême a-t-elle touché mon front, que toute ma vie m’a fait horreur. Vous qui avez applaudi aux profanations que j’ai faites des mystères chrétiens, commencez donc par les révérer avec moi.</em> »</p><p>La foi, l’amour, éclatent dans le regard et l’attitude du comédien. Il est clair qu’il n’est plus seulement « <em></em>dans so<span
id="more-6649"></span>n rôle ». Il parle franc. Hors de lui, le magistrat ordonne à Genès de sacrifier aux idoles.</p><p>— <em>Jamais ! Dieu seul est Dieu !</em></p><p>Alors, c’est la torture. Dans les supplices il n’a qu’un mot</p><p>— Mille morts ne m’ôteront pas du cœur le nom du Christ ! Mon seul regret est d’avoir commencé si tard à l’adorer ! »</p><p>Il est décapité le 25 août.</p><p>Le dernier acte, (non plus de la comédie bouffe mais du drame) a réparé au centuple toutes les parodies sacrilèges. Au ciel se joua l’apothéose.</p><p>Saint Genès, faites-nous apprécier ce baptême qui nous a faits chrétiens. Que notre religion ne soit jamais une comédie mais l’expression vraie de notre foi !</p><p> </p><h2 style="text-align: right;">Guy sacristain-colporteur</h2><p>Celui-ci ne joua jamais d’odieuses comédies sacrilèges ; né de parents très pauvres, il entra à quinze ans, comme sacristain, au service de l’église de Laeken, près de Bruxelles. Il avait à balayer l’église, entretenir les autels, ranger les ornements, sonner les cloches, servir la messe… tout cela lui allait droit au cœur ; et tout en faisant son ménage, en rangeant la sacristie, en allant et venant, il ne cessait de prier. Son travail fini, il s’agenouillait devant le tabernacle et n’en bougeait plus ; il lui arrivait même souvent d’y passer toute la nuit en prière. Enfant, il était déjà si pieux qu’on l’avait surnommé <em>l’ange</em> du village. Avec cela, calme, aimable, poli, sans rien d’exagéré ou de ridicule. Tout le monde l’appréciait et l’aimait dans sa paroisse, à commencer par son curé qui espérait bien le garder toujours à Laeken.</p><p>Oui ! Mais Guy avait deux amours : celui de son église et celui des pauvres ; or, pour secourir ses pauvres, il lui fallait de l’argent ; et pour gagner de l’argent, le métier de colporteur valait mieux que celui de sacristain… Ainsi  lui dit un marchand de Bruxelles qui cherchait un « associé ». Le brave Guy s’y laissa prendre. Ils réunirent quelques pacotilles et partirent les vendre en Angleterre − Naufrage − Guy n’a d’autre ressource que de regagner son église. Il y reste douze ans, sacristain si exemplaire qu’a l’estime, à l’affection du clergé et des paroissiens, se joint la plus sincère vénération. Autrefois on l’appelait l’ange du village ; maintenant, on le nomme :<em> le saint</em> : saint Guy, priez pour nous !</p><p>L’humble Guy pense que le mieux est de s’éloigner. Depuis si longtemps, il projette un pèlerinage à Rome et à Jérusalem ! Le prix du voyage ne l’arrête pas ; il ira à pied, quitte à y mettre le temps. À la fin dixième siècle, c’est tout à fait courant.</p><div
id="attachment_6657" class="wp-caption aligncenter" style="width: 437px"><a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/wp-content/uploads/2013/04/Saint-Guidon-d-Anderlecht-Patron-des-sacristains.jpg"><img
class="size-full wp-image-6657" title="Saint Guidon ou saint Guy d Anderlecht - sacristains" src="http://www.maintenantunehistoire.fr/wp-content/uploads/2013/04/Saint-Guidon-d-Anderlecht-Patron-des-sacristains.jpg" alt="Récit de la vie de Saint Guidon d Anderlecht - sacristains et colporteur" width="427" height="185" /></a><p
class="wp-caption-text">« À Rome il rencontre le curé d’Anderlacht »</p></div><p>Il part : Bruxelles, Rome, Jérusalem ; et de nouveau Rome. Le cœur de l’Église l’a conquis. Qui a vu Rome une fois, n’aspire qu’a y retourner. Bien volontiers aussi, Guy reverrait Jérusalem, mais serait-ce raisonnable de refaire un tel voyage ? Une occasion de charité lui en fournit le prétexte : à Rome, il rencontre le Curé d’Anderlacht, sa paroisse natale, avec un groupe de paroissiens. Ces Belges hésitent à poursuivre en Terre Sainte ; l’inconnu les effraie : périls, misère, mendicité, car c’est l’habitude des pèlerins de demander leur pain en route par esprit de pauvreté, de pénitence et aussi parce que bien peu auraient eu le moyen d’emporter de quoi subvenir aux frais d’hôtelleries d’aussi longs voyages. Il y avait sept ans déjà que Guy pérégrinait… Bref, il accepta avec joie de se faire le guide du petit groupe. Il aurait pu faire le fanfaron : « J’ai vu ceci, j’ai vu cela…  »  Bien humble, il se montre charmant compagnon : et le curé d’Anderlacht envie son confrère, le Cure de Laeken, d’avoir un pareil sacristain.</p><p>À Jérusalem, un des pèlerins est atteint d’une maladie contagieuse qu’il communique aux autres. Guy les soigne tous avec la plus grande charité : malgré ses soins, ils meurent jusqu’au dernier, et Guy revient seul à Anderlacht où il annonce la mort du Doyen. Retenu au service de l’église, il y reprend la charge de sacristain… pas pour longtemps… Épuisé de son long voyage, il part pour le ciel le 12 septembre 1012. Les chanoines d’Anderlacht l’enterrent dans leur cimetière et tant de miracles s’opèrent sur son tombeau qu’il est bien évident que les paroissiens de Laeken ne s’étaient pas trompés en le nommant le saint. Une église fut élevée près de sa tombe ; on y vint en foule vénérer ses reliques. Aurait-il jamais pensé être le but d’un pèlerinage, le grand pèlerin si humble ?</p><p>À vous, saint Guy, nous demandons un grand respect de nos églises et de tout ce qui s’y trouve, un fervent amour de l’Église catholique et roumaine, cette Église que Jésus fonda par sa mort à Jérusalem. Faites que nous allions tous vous rejoindre à la Jérusalem céleste où il fera si beau !</p><p> </p><h2 style="text-align: right;">Crépin et Crépinien, cordonniers</h2><p>Au temps de Crépin et de Crépinien, temps plus reculé que celui de Guy, les routiers étaient moins des pèlerins que des apôtres qui allaient porter l’Évangile, des soldats romains, des émigrants, des commerçants, des étrangers et autres voyageurs… et tout ce monde portait sandales, et les cordonniers avaient fort à faire.</p><p>Patrons des cordonniers, Crépin et Crépinien se mirent dans le chaussure de façon très inattendue. Jeunes romains, issus de riche famille païenne, l’un des deux frères ayant embrassé le christianisme, et son frère avait suivi aussitôt, tels, plus tard, et chez nous, Donatien et Rogatien : « <em>Nous sommes</em>, disaient-ils, <em>plus unis par la foi et par le cœur que par le sang</em> ».</p><p>Un jour, Crépinius et Crépinianus apprennent que le pape Fabien a envoyé en Gaule sept missionnaires destinés aux villes d’Arles, Narbonne, Toulouse, Clermont, Limoges, Tours et Paris. À cette nouvelle, nos amis n’ont qu’une idée, les suivre, les aider. Cette idée, ils la partagent avec d’autres jeunes gens : Quentin, Lucien, Rufin, Valère et Eugène ; et ils partent sans provisions et sans argent, car leurs parents païens ne les ont pas lestés pour le voyage.</p><p>Remonter l’Italie, traverser une partie de la Gaule, ne se fait pas en un jour : nos milliers ont bon appétit et s’ils tendent  la main, n’inspirent pas compassion : « Des garçons en pleine force, quelle honte Travaillez ! Gagnez votre pain ! »</p><p>Ils décident alors d’apprendre un métier. Crépinius et Crépinianus entrent chez un artisan faire leur apprentissage de cordonniers, puis reprennent la route en chantant. Ils s’arrêtent dans les fermes, sur les places des villages. Aussitôt les sandales s’amoncellent autour d’eux.</p><p>D’étape un étape, ils atteignent Paris. Saint Denis les y reçoit à bras ouverts : on ne rebute pas de jeunes auxiliaires aussi courageux : « Puisque vous vous êtes faits cordonniers, restez cordonniers ; vous serez apôtres parmi vos clients. »</p><div
id="attachment_6665" class="wp-caption aligncenter" style="width: 422px"><a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/wp-content/uploads/2013/04/Saint-Crepin-et-Saint-Crepinien-Patron-des-cordonniers.jpg"><img
class="size-full wp-image-6665" title="Saint Crepin et Saint Crepinien - Patron des cordonniers" src="http://www.maintenantunehistoire.fr/wp-content/uploads/2013/04/Saint-Crepin-et-Saint-Crepinien-Patron-des-cordonniers.jpg" alt="Récit pour le KT de la vie des Saint Crepin et Saint Crepinien - Patron des cordonniers" width="412" height="179" /></a><p
class="wp-caption-text">« Ils engagent la conversation avec serfs, esclaves, artisans »</p></div><p>Et voila comment Crépin et son frère devinrent « <em>Crépins</em> ». Ils laissèrent leur nom au métier ; et voilà pourquoi saint Crépin fut ; au moyen-âge, patron très fêté de la corporation. Il est d’ailleurs, toujours, patron des cordonniers.</p><p>Conquise par César cinquante ans avant Jésus-Christ, la Gaule comprenait alors quatre provinces : l’Aquitaine, la Lugdunaire, la Belgique et la Narbonnaise. La Gaule-Belgique englobait, outre la Belgique, une très grande partie de la Gaule. C’est cette Gaule-Belgique qui fut confiée par saint Denis à l’évangélisation des deux frères. Ils parcourent les routes en tous sens… et tout en cousant le cuir à gros points, ils engagent la conversation avec serfs, esclaves, artisans… Ayant vu beaucoup de pays, ils savent des choses intéressantes, de plaisantes anecdotes ; on cause avec eux volontiers, et très vite on parle religion. Crépins et clients se quittent les meilleurs amis du monde, se promettant de se revoir au cours d’une prochaine tournée… et, peu à peu, les idées changent, le terrain se prépare… Beaucoup se font chrétiens…</p><p>Pendant trente ans, Crépin et Crépinien vivent ainsi de leur métier, cordonniers et apôtres. Enfin ils se fixent à Soissons où ils prennent la tète de la communauté chrétienne.</p><p>Sur ce, l’impie Maximien vient en Gaule-Belgique. Il y entend parler des deux frères et les fait arrêter. On les trouve réparant les chaussures des pauvres. Maximien les interroge, leur offre le choix entre le martyre ou les honneurs et richesses, s’ils sacrifient aux dieux. Ils optent pour le martyre et pour le Christ. On leur fait subir divers tourments, puis, le 25 octobre 287, on leur tranche la tête.</p><p>Abandonnés aux chiens, leurs corps sont recueillis et bien cachés par un vieillard et, sa vieille sœur. Plus tard, saint Éloi les fait retirer de leur cachette. Leur culte devint très populaire.</p><p>Crépin et Crépinien ont fait mieux que de faciliter la marche de leurs contemporains sur les voies romaines et les sentiers des Gaules. Ils ont aidé leurs frères à marcher sur les chemins de Dieu.</p><p>Saints frères Crépin et Crépinien, vous avez encore en ce monde beaucoup de frères à bien chausser pour le chemin des cieux ! Travaillez ! Aidez-nous de votre prière !</p><p> </p><h2 style="text-align: right;">Pélagie, la danseuse</h2><p>Tous les saints ne meurent pas martyrs, nous en avons pour preuve Guy et Pélagie. Celle-ci s’occupait moins de ressemeler de vieilles chaussures que de taire admirer l’agilité extraordinaire de ses jolis pieds. Danseuse de profession, sa beauté, ses talents, sa voix, lui avaient attiré beaucoup d’admirateurs.</p><div
id="attachment_6660" class="wp-caption aligncenter" style="width: 426px"><a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/wp-content/uploads/2013/04/Sainte-Pelagie-danseuse.jpg"><img
class="size-full wp-image-6660 " title="Sainte Pélagie, la Pénitente d'Antioche - danseuse" src="http://www.maintenantunehistoire.fr/wp-content/uploads/2013/04/Sainte-Pelagie-danseuse.jpg" alt="Vie de Sainte Pelagie - danseuse - récit pour les enfants du catéchisme" width="416" height="186" /></a><p
class="wp-caption-text">« Pendant qu’il parlait entra la plus belle des mimes »</p></div><p>L’Évêque d’Héliopolis vint prêcher à Antioche. Pendant qu’il parlait entra « la plus belle des mimes, la plus renommée des danseuses, ses jambes nues disparaissent sous les perles d’or ; la tête et les épaules sont découvertes. » « <em>Je la considère comme une colombe noire et souillée</em>, dit ensuite le prélat, <em>mais cette colombe sera lavée dans les eaux du baptême et elle s’envolera blanche comme la neige.</em> »</p><p>De fait, la danseuse vient trouver l’Évêque :  « <em>Je m’appelle Pélagie, </em>lui dit-elle<em> et les gens d’Antioche m’ont surnommée la perle à cause des bijoux dont mes péchés m’ont ornée. Je désire me purifier par le baptême et me donner à Dieu.</em> »</p><p>Deux jours après, Pélagie donnait tout aux pauvres, se revêtait du cilice, et partait pour Jérusalem où elle vécut dans une cellule, au Mont des Oliviers.</p><p>Après une vie de prière et de pénitence, elle monta là où toutes les saintes dépassent en beauté les plus grandes beautés d’Antioche et du monde…</p><p>Sainte Pélagie, quels que soient notre métier et notre vocation, comme vous, nous ne voulons plus vivre que pour Dieu, chacun à notre place.</p><p
style="text-align: right;"><strong>Agnès Goldie</strong></p> Thèmes : <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/tag/12-septembre/" title="12 septembre" rel="tag">12 septembre</a>, <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/tag/25-aout/" title="25 août" rel="tag">25 août</a>, <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/tag/25-octobre/" title="25 octobre" rel="tag">25 octobre</a>, <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/tag/8-octobre/" title="8 octobre" rel="tag">8 octobre</a>, <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/tag/colporteur/" title="Colporteur" rel="tag">Colporteur</a>, <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/tag/comedien/" title="Comédien" rel="tag">Comédien</a>, <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/tag/cordonnier/" title="Cordonnier" rel="tag">Cordonnier</a>, <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/tag/danseur/" title="Danseur" rel="tag">Danseur</a>, <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/category/2-auteurs/goldie/" title="Goldie, Agnès" rel="tag">Goldie, Agnès</a>, <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/tag/metier/" title="Métier" rel="tag">Métier</a>, <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/category/1-livres/petites-vies-illustrees-pour-enfants/" title="Petites Vies Illustrées pour enfants" rel="tag">Petites Vies Illustrées pour enfants</a>, <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/tag/sacristain/" title="Sacristain" rel="tag">Sacristain</a>, <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/tag/saint-crepin/" title="Saint Crépin" rel="tag">Saint Crépin</a>, <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/tag/saint-crepinien/" title="Saint Crépinien" rel="tag">Saint Crépinien</a>, <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/tag/saint-genes/" title="Saint Genès" rel="tag">Saint Genès</a>, <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/tag/saint-guy/" title="Saint Guy" rel="tag">Saint Guy</a>, <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/tag/saint-patron/" title="Saint patron" rel="tag">Saint patron</a>, <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/tag/sainte-pelagie/" title="Sainte Pélagie" rel="tag">Sainte Pélagie</a><br
/> ]]></content:encoded> <wfw:commentRss>http://www.maintenantunehistoire.fr/les-saints-de-tous-les-metiers-i/feed/</wfw:commentRss> <slash:comments>0</slash:comments> </item> <item><title>La création du chien</title><link>http://www.maintenantunehistoire.fr/la-creation-du-chien/</link> <comments>http://www.maintenantunehistoire.fr/la-creation-du-chien/#comments</comments> <pubDate>Sat, 20 Apr 2013 16:00:56 +0000</pubDate> <dc:creator>Le Raconteur</dc:creator> <category><![CDATA[Noël, Marie]]></category> <category><![CDATA[Chien]]></category> <category><![CDATA[Création]]></category> <guid
isPermaLink="false">http://www.maintenantunehistoire.fr/?p=6672</guid> <description><![CDATA[Dès que le chien fut créé, il lécha la main du Bon Dieu et le Bon Dieu le flatta sur la tête : — Que veux-tu, Chien ? — Seigneur Bon Dieu, je voudrais loger chez toi, au ciel, sur le paillasson devant la porte. — Bien sûr que non ! dit le Bon Dieu. Je n’ai pas [...]]]></description> <content:encoded><![CDATA[<p><a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/la-creation-du-chien/bible-la-creation-du-chien-2/" rel="attachment wp-att-6678"><img
class="alignright size-medium wp-image-6678" title="Enluminure - bible - La création des animaux terrestres" src="http://www.maintenantunehistoire.fr/wp-content/uploads/2013/07/bible-La-creation-du-chien-300x213.jpg" alt="Conte et récit pour les enfants - La création du chien - Marie Noël" width="300" height="213" /></a>Dès que le chien fut créé, il lécha la main du Bon Dieu et le Bon Dieu le flatta sur la tête :</p><p>— Que veux-tu, Chien ?</p><p>— Seigneur Bon Dieu, je voudrais loger chez toi, au ciel, sur le paillasson devant la porte.</p><p>— Bien sûr que non ! dit le Bon Dieu. Je n’ai pas besoin de chien puisque je n’ai pas encore créé les voleurs.</p><p>— Quand les créeras-tu, Seigneur ?</p><p>— Jamais. Je suis fatigué. Voilà cinq jours que je travaille, il est temps que je me repose. Te voilà fait, toi, Chien, ma meilleure créature, mon chef-d’œuvre. Mieux vaut m’en tenir là. Il n’est pas bon qu’un artiste se surmène au-delà de son inspiration. Si je continuais à créer, je serais bien capable de rater mon affaire. Va, Chien ! Va vite t’installer sur la terre. Va et sois heureux.</p><p>Le chien poussa un profond soupir :</p><p>— Que ferais-je sur la terre, Seigneur ?</p><p>— Tu mangeras, tu boiras, tu croîtras et multiplieras.</p><p>Le chien soupira plus tristement encore.</p><p>— Que te faut-il de plus ?</p><p>— Toi, Seigneur mon Maître ! Ne pourrais-tu pas, toi aussi,<span
id="more-6672"></span> t’installer sur la terre ?</p><p>— Non ! dit le Bon Dieu. Non, Chien je t’assure. Je ne peux pas du tout m’installer sur la terre pour te tenir compagnie. J’ai bien d’autres chats à fouetter. Ce ciel, ces anges, ces étoiles, je t’assure, c’est tout un tracas.</p><p>Alors le chien baissa la tête et commença à s’en aller.</p><p>Mais il revint :</p><p><img
class="alignleft size-medium wp-image-6675" title="chien epagneul" src="http://www.maintenantunehistoire.fr/wp-content/uploads/2013/07/chien-epagneul-300x252.jpg" alt="Légende de la Création - chien epagneul s'adressant à Dieu" width="300" height="252" />— Ah ! si seulement, Seigneur Bon Dieu, si seulement il y avait là-bas une espèce de maître dans ton genre…</p><p>— Non, dit le Bon Dieu, il n’y en a pas.</p><p>Le chien se fit tout petit, tout bas, et supplia plus près encore :</p><p>— Si tu voulais, Seigneur Bon Dieu… Tu pourrais toujours essayer…</p><p>— Impossible, dit le Bon Dieu. J’ai fait ce que j’ai fait. Mon œuvre est achevée. Jamais je ne créerai un être meilleur que toi. Si j’en créais un autre aujourd’hui, je le sens dans ma main droite, celui-là serait raté.</p><p>— O Seigneur Bon Dieu, dit le chien, ça ne fait rien qu’il soit raté pourvu que je puisse le suivre partout où il va et me coucher devant lui quand il s’arrête.</p><p>Alors le Bon Dieu fut émerveillé d’avoir créé une créature si bonne et il dit au chien :</p><p>— Va ! qu’il soit fait selon ton cœur. Et, rentrant dans son atelier, Il créa l’homme.</p><p> </p><p>N.B. — L’homme est raté, naturellement. Le Bon Dieu l’avait bien dit. Mais le chien est joliment content !</p><p> </p><p
style="text-align: right;"><strong>Marie Noël</strong></p><p
style="text-align: center;"><a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/la-creation-du-chien/creation-d-adam-et-eve-domenicini-2/" rel="attachment wp-att-6680"><img
class="aligncenter size-full wp-image-6680" title="Création d'ADAM et EVE - DOMENICINI" src="http://www.maintenantunehistoire.fr/wp-content/uploads/2013/07/Creation-d-ADAM-et-EVE-DOMENICINI.jpg" alt="Pour les jeunes : Légende du chien - la Création d'ADAM et EVE" width="459" height="600" /></a></p> Thèmes : <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/tag/chien/" title="Chien" rel="tag">Chien</a>, <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/tag/creation/" title="Création" rel="tag">Création</a>, <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/category/2-auteurs/noel-marie/" title="Noël, Marie" rel="tag">Noël, Marie</a><br
/> ]]></content:encoded> <wfw:commentRss>http://www.maintenantunehistoire.fr/la-creation-du-chien/feed/</wfw:commentRss> <slash:comments>0</slash:comments> </item> <item><title>N.-D. De la Guadeloupe du Mexique</title><link>http://www.maintenantunehistoire.fr/n-d-de-la-guadeloupe-du-mexique/</link> <comments>http://www.maintenantunehistoire.fr/n-d-de-la-guadeloupe-du-mexique/#comments</comments> <pubDate>Sat, 13 Apr 2013 16:00:58 +0000</pubDate> <dc:creator>Le Raconteur</dc:creator> <category><![CDATA[Petites Vies Illustrées pour enfants]]></category> <category><![CDATA[12 décembre]]></category> <category><![CDATA[Apparition]]></category> <category><![CDATA[Guadalupe]]></category> <category><![CDATA[Juan-Diego]]></category> <category><![CDATA[Mexique]]></category> <category><![CDATA[Miracle]]></category> <category><![CDATA[Notre-Dame]]></category> <guid
isPermaLink="false">http://www.maintenantunehistoire.fr/?p=6596</guid> <description><![CDATA[N.-D. De la Guadeloupe du Mexique Première apparition Dix ans s’étaient écoulés depuis la prise de Mexico par les troupes espagnoles. A la faveur de la paix, la religion chrétienne commençait à se répandre dans le pays. Un samedi matin, le 9 décembre 1531, un Indien, pauvre d’aspect et de condition, un des récents convertis [...]]]></description> <content:encoded><![CDATA[<p
style="text-align: center;"><a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/wp-content/uploads/2013/02/Notre-Dame-de-Guadalupe-coloriage1.jpg"><img
class="aligncenter size-medium wp-image-6602" title="Notre-Dame de Guadalupe, Reine de toutes les Ameriques" src="http://www.maintenantunehistoire.fr/wp-content/uploads/2013/02/Notre-Dame-de-Guadalupe-coloriage1-286x300.jpg" alt="Catéchèse pour les enfants : Récit du miracle de ND de Guadeloupe au Mexique" width="286" height="300" /></a></p><p
style="text-align: center;"><strong>N.-D. De la Guadeloupe du Mexique <a
class="simple-footnote" title="Ce sanctuaire est différent de celui de l&#039;Ile de la Guadeloupe (Antilles)&#160;; mais  l&#039;origine du nom Guadeloupe, qui signifie « Fleuve de Lumière&#160;», est la même, il  vient d&#039;un sanctuaire célèbre en Espagne dans la province de l&#039;Estramaduve." id="return-note-6596-1" href="#note-6596-1"><sup>1</sup></a></strong></p><h3>Première apparition</h3><p>Dix ans s’étaient écoulés depuis la prise de Mexico par les troupes espagnoles. A la faveur de la paix, la religion chrétienne commençait à se répandre dans le pays.</p><p>Un samedi matin, le 9 décembre 1531, un Indien, pauvre d’aspect et de condition, un des récents convertis à notre foi catholique, qui avait reçu au baptême le nom de Juan-Diego, marié à une Indienne de même condition, qui s’appelait Maria Lucia, suivait, pour se rendre à la messe dite en l’honneur de la Vierge Marie, le chemin qui conduit de Tolpetiad <a
class="simple-footnote" title="Village à quatre lieues de Mexico où habitait Juan Diego." id="return-note-6596-2" href="#note-6596-2"><sup>2</sup></a> à l’église fransciscaine de Tlaltelolco <a
class="simple-footnote" title="Une des paroisses de l&#039;époque, à Mexico." id="return-note-6596-3" href="#note-6596-3"><sup>3</sup></a>.</p><p>Il avait devancé le jour, mais le soleil se levait comme il arri­vait au pied de la colline Tepeyac <a
class="simple-footnote" title="Tepeyca, nom qui signifie&#160;: « extrémité ou cime aiguë de rochers&#160;»." id="return-note-6596-4" href="#note-6596-4"><sup>4</sup></a>. Tout à coup, un chant harmonieux et doux frappe son oreille, comme si une multitude d’oiseaux eussent tenu un concert. L’écho de la montagne en répétait les détails. Surpris, l’Indien leva les yeux du côté qui semblait envoyer la mélodie ; il aperçut une nuée éblouissante d’où se dégageaient de lumineux rayons, reflétant tout autour les couleurs de l’arc-en-ciel. Le pauvre homme resta cloué sur place, comme ravi en extase. Ni trouble ni crainte en son âme, mais un sentiment d’ineffable douceur.</p><p>— Est-ce que je vois bien ? se disait-il. Où suis-je donc ? Serait-ce déjà le paradis… ?</p><p>Or soudain, le chant cesse et une voix tendre et douce comme une voix de femme, sortant de la nuée, l’appelle par son nom et lui dit d’approcher. Sans hésiter, la joie au cœur, Juan gravit la colline.</p><p
style="text-align: center;"><a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/wp-content/uploads/2013/02/Apparition-de-ND-de-Gadeloupe-a-Juan-Coloriage.jpg"><img
class="aligncenter size-large wp-image-6600" title="Gravure : Apparition de ND de Gadeloupe à Juan" src="http://www.maintenantunehistoire.fr/wp-content/uploads/2013/02/Apparition-de-ND-de-Gadeloupe-a-Juan-Coloriage-600x468.jpg" alt="Coloriage image sainte pour le caté : Apparition de ND de Gadeloupe à Juan" width="600" height="468" /></a></p><p>Parvenu au sommet, il se trouva en face d’une dame, mer­veilleuse de beauté, debout au milieu du<span
id="more-6596"></span> nuage lumineux <a
class="simple-footnote" title="Telle la représenta plus tard l&#039;image miraculeuse dont nous parlerons tout à l&#039;heure, d&#039;après laquelle on peut juger de l&#039;exacte description faite par l&#039;Indien de sa vision." id="return-note-6596-5" href="#note-6596-5"><sup>5</sup></a>. « Ses vêtements, racontait-il ensuite, resplendissaient autant que les rocs escarpés de l’extrême pointe de la colline qui sous l’éclat de ces brillants rayons, prenaient l’apparence de diamants. Les cactus, les nopals, toutes les plantes qui poussent là paraissaient transformés en gerbes d’émeraudes, tandis que les troncs d’arbres et les branches semblaient faits d’or poli et que l’on eût pris le sol pour du jaspe diversement nuancé. »</p><p>Avec une physionomie calme et souriante, la dame, s’adres­sant à l’Indien, lui dit dans la langue du pays :</p><p>— Juan, mon fils, toi que j’aime comme un tendre et petit enfant, dis-moi, où vas-tu ?</p><p>— Ma noble Maîtresse, répondit Juan-Diego, je vais entendre la messe à Mexico.</p><p>— Sache bien cher enfant, reprit-elle, que je suis la toujours Vierge Marie, Mère du vrai Dieu, auteur de la vie, créateur de toutes choses et Seigneur du ciel et de la terre. Je veux qu’on me bâtisse une église en ce lieu. De là, Moi, ta pieuse Mère et celle de tes semblables, Je montrerai Mon amoureuse clémence et Ma com­passion pour les Indiens. Je la prouverai à tous ceux qui M’aiment et Me cherchent, à tous ceux qui viendront à Moi et m’invoqueront dans leurs difficultés et leurs souffrances ; ici leurs prières seront écoutées et Je les consolerai. Va trouver l’évêque de Mexico ; dis-lui que Je t’envoie pour l’informer de ma volonté et raconte-lui les merveilles que tu as vues et entendues. Je serai très reconnaissante de cette commission. Va en paix, cher enfant, agis de ton mieux et souviens-toi que ton zèle ne sera pas sans récompense.</p><p>L’Indien, s’inclinant répondit :</p><p>— Je vais de ce pas, très noble Dame, faire tout ce que vous m’avez dit. Je suis Votre serviteur. Adieu !</p><p>Mexico est à une lieue environ de la montagne. A l’évêché résidait Mgr Juan de Zumárraga, premier évêque du Mexique. L’Indien ne tarda pas à se présenter et demanda tout de suite une audience ; mais, soit à cause de l’heure matinale, soit à cause de la pauvreté du visiteur, les valets ne l’écoutèrent point. Il attendit longtemps. Sa patience les surprit et les impressionna : ils le laissèrent enfin entrer. Juan tomba à genoux devant l’évêque et lui fit part de son ambassade en disant : « la Mère de Dieu, que j’ai vue et qui m’a parlé ce matin de bonne heure, m’envoie, à vous ». Il lui raconta l’événement.</p><p>Mgr Zumárraga l’écouta non sans surprise. Pourtant, il ne fit pas grand cas de ce merveilleux récit, dans la pensée que l’Indien, récemment converti à la foi catholique, avait été dupe de son imagination ou d’une illusion du démon. Après lui avoir posé plusieurs questions sans pouvoir amener une réponse contra­dictoire, il le congédia, avec ordre de revenir quelques jours plus tard ; entre temps, lui-même examinerait l’affaire à loisir : son intention était de commencer par une enquête sur Juan-Diego en personne.</p><p>Celui-ci quitta le palais épiscopal, tout triste de n’avoir pas été cru sur parole et de voir que les volontés de la Vierge, n’étaient pas réalisées de suite.</p><p> </p><h3>Juan porte à Marie la réponse de l’Évêque</h3><p>Le soir du même jour, au coucher du soleil, il repartit de Tolpetlac. Près de la colline, Notre-Dame attendait la réponse :</p><p>— Très haute Reine et très aimée Dame, —dit Juan-Diego en se prosternant— Votre commission est faite. Il m’a fallu attendre longtemps je vous assure, mais j’ai fini par voir l’évêque et lui ai communiqué Vos désirs. Il m’a attentivement et aimablement écouté, mais, d’après l’interrogatoire que j’ai dû subir, j’ai tout lieu de penser qu’il ne m’a pas cru. Il tient à se renseigner sur mon compte et à examiner la chose avec lenteur : à l’entendre, c’est moi qui veux une église et non pas Vous ! Envoyez-lui donc une autre personne qui ait plus de prestige que moi et qui soit capable d’ins­pirer confiance, car Vous le voyez, je ne suis qu’un pauvre et mépri­sable paysan et cette négociation dépasse mes moyens. Excusez tant d’audace, je Vous prie, si j’ai manqué au respect que je dois à Votre Majesté : pour rien au monde je ne voudrais encourir Votre indignation ni Vous avoir été désagréable par ma réponse.</p><p>Notre-Dame avait laissé parler l’Indien avec une grande bonté.</p><p>Cher enfant, —lui dit-elle— Je ne manque pas de serviteurs ; J’en pourrais choisir plusieurs qui, à l’instant, se prêteraient à ma requête, mais il est parfaitement convenable que tout se fasse par ton entremise. Je te prie donc, et même Je t’ordonne, de retourner demain auprès de ton évêque. Tu lui reparleras de l’église demandée, en lui disant que Je la veux. Affirme-lui que Celle qui t’envoie est la Vierge Marie, Mère du vrai Dieu.</p><p>Juan-Diego reprit alors :<br
/> — Ne soyez pas peinée par les précédentes paroles, ma Reine et ma Dame ; j’irai de très bonne volonté et de tout mon cœur porter Votre message ; ce n’était point une excuse ; je ne crains ni la marche, ni le travail. Mais voilà ! peut-être serai-je mal reçu et l’évêque ne me croira pas ! N’importe ! je ferai tout mon possible et demain, au soleil couchant, je serai ici pour vous donner la réponse. Per­mettez, très gracieuse Dame, que je Vous laisse. Restez en paix et que Dieu Vous garde !</p><p>Il salua avec une profonde humilité et se retira chez lui. Le lendemain, dimanche 10 décembre, Juan va à l’église de San­tiago Tlaltelolco, et après avoir entendu la messe et assisté au catéchisme, il frappait à l’évêché. Il parvint à entrer, non sans avoir encore attendu longtemps ; puis, prosterné devant l’évêque, les yeux pleins de larmes, il lui dit « que pour la seconde fois il avait vu la Mère de Dieu au même endroit ; qu’Elle attendait sa réponse et qu’Elle l’avait renvoyé chez lui pour lui redire de Lui bâtir un temple à la place où il L’avait vue et Lui avait parlé ; et que c’était bien la Mère de Jésus-Christ qui l’envoyait, la tou­jours Vierge Marie ».</p><p>L’évêque, plus que la veille, s’intéressa à l’événement et parut davantage incliné à la confiance. Pourtant le fait valait qu’il se munit de certitudes et dans ce but, après l’avoir dûment averti de réfléchir à la portée de ses réponses, il posa à Juan-Diego toute une nouvelle série de questions. Bientôt, l’évidence fut acquise : on n’était en présence ni d’une rêverie ni d’une illusion.</p><p>Un reste d’appréhension bien légitime, retenait cependant l’évêque qui craignait malgré tout, les suites d’une trop facile crédulité. Il déclara à l’Indien « que son rapport n’offrait pas les garanties suffisantes pour que l’on pût agir ; qu’il fallait dire à la Dame de lui donner un signe manifeste de Son identité et de Sa volonté ».</p><p>Juan-Diego répartit avec assurance :<br
/> — Quel signe voulez-vous ? Je le Lui demanderai !</p><p>La promptitude de la riposte ne manqua pas de frapper Mgr Zumárraga, qui remarqua que l’Indien n’avait pas hésité dans sa foi. Mais il se contenta, finalement, d’appeler deux personnages de sa maison, gens de confiance, auxquels il enjoignit en espagnol, langue inconnue de l’Indien, de suivre ce dernier avec grand soin et de surveiller, sans être remarqués de lui, ses allées et venues et tous ses actes. Puis, il congédia son monde.</p><p>Or, lorsque Juan-Diego arriva au pont de la rivière qui coule au pied de la colline, il disparût soudain aux yeux de ses obser­vateurs. Leur diligence à le chercher demeura vaine, si bien qu’ils le prirent pour un imposteur ou un sorcier et que, très irrités contre lui, ils retournèrent à l’évêché. On conçoit que leur rapport ne fut guère favorable : l’évêque devait se méfier de l’Indien et le punir sévèrement s’il osait reparaître…</p><p>Juan-Diego, cependant, avait continué sa route. A la cime de la colline la Vierge l’attendait. Après une profonde inclination, il fit le récit de sa seconde audience, déclarant que Mgr Zumár­raga réclamait avant d’agir un signe convaincant. Marie remer­cia affectueusement Son serviteur et lui dit de repasser le len­demain chercher le signe en question. Il promit d’être fidèle et se retira courtoisement.</p><p>Or, le lendemain, de toute la journée, l’Indien ne parût point. Voici pourquoi :</p><p>De retour chez lui, la veille au soir, dimanche, il avait trouvé gravement malade d’une fièvre maligne, son oncle Juan Bernardino qu’il aimait à l’égal de son père. Dans sa détresse, il employa la plus grande partie du lundi à la recherche d’un méde­cin et demeura, le reste du temps au chevet du malade. Le mal s’accentuait ; la nuit fut mauvaise et Juan Bernardino, cons­cient de sa faiblesse, persuadé que la mort approchait, pria son neveu d’aller, avant le jour, chercher un prêtre à Tlaltelolco. Juan-Diego partit au plus vite, et c’est alors seulement, le mardi matin au moment où il longeait la colline Tepeyac, que lui revint à la mémoire le rendez-vous oublié.</p><p>Que faire ? Craignant, s’il passait par le lieu de l’apparition, que Marie ne lui adressât des reproches, il crut naïvement les éviter en prenant un autre sentier.</p><p>— Là, se dit-il, la Madone ne m’apercevra pas et ne me dira rien. Quand j’aurai prévenu le prêtre, je reviendrai La voir.</p><p> </p><h3>Marie vient au-devant de Juan</h3><p>Aussi marchait-il tranquillement, lorsque tout à coup à l’endroit où jaillit maintenant une source d’eaux minérales, la sainte Vierge se présenta venant à sa rencontre.</p><p>Elle descendait de la colline, enveloppée d’une nuée blanche, avec la splendeur de la première fois. Elle parla ainsi :<br
/> — Où vas-tu, cher fils ? Quel chemin as-tu pris ? L’Indien demeurait intimidé, confus, presque effrayé. Puis, tombant à genoux, il répondit :<br
/> — Ma Vierge et ma Dame très chère, que Dieu Vous protège ! Daignez m’écouter sans Vous offenser. Mon oncle, un de Vos ser­viteurs, est très malade, je me hâte vers la paroisse pour chercher le prêtre… Ne sommes-nous pas tous, hélas ! sujets à la mort ? Quand ce devoir sera rempli, je monterai vite me mettre à Vos ordres. Excusez-moi, je Vous prie et prenez patience quelque peu ; il n’y a pas de refus de ma part, ce n’est pas un prétexte que j’invoque, mais une raison grave. Demain, sans faute, je serai là.</p><p>La Vierge, avec bonté, laissa l’Indien se défendre. Quand il eût terminé, elle dit :<br
/> — Ecoute-moi bien, enfant. Ne te laisse troubler ni affliger par quoi que ce soit ; ni par la maladie, ni par quelque autre épreuve. Ne suis-Je pas ici, Moi, Ta Mère ? N’es-tu pas sous Mon ombre et Ma protection ? Ne suis-Je pas la vie et le salut ? Ne te porte-Je pas sur Mon sein pour prendre soin de toi ? Que veux-tu de plus ? Ne sois pas en peine de la maladie de ton oncle ; il ne mourra pas cette fois. Même, à cet instant, il est déjà guéri.</p><p>Ces paroles versèrent dans le cœur de l’Indien tant de quié­tude et d’assurance, qu’il s’écria :<br
/> — Alors, ma Dame, envoyez-moi vers Monseigneur avec le signe que vous m’avez promis.</p><p> </p><h3>Le Miracle des Roses</h3><p>— Monte, mon enfant, au faîte de la colline où tu M’as vue l’autre, jour ; coupe les fleurs que tu trouveras, mets-les dans ton manteau et apporte-les Moi ; Je te dirai ce que tu devras en faire.</p><p>Or, ce sommet était uniquement de roc. Juan-Diego savait pertinemment qu’aucune fleur ne pouvait y croître. Il obéit pour­tant en silence, et vit en atteignant l’endroit indiqué, s’épanouir un magnifique parterre de roses fraîches que la rosée couvrait encore. Comment décrire sa surprise ! Il déploya son manteau,  y plaça des roses tant qu’il en pût contenir et plein de joie, des­cendit en courant les présenter à Notre-Dame. Elle prit les fleurs dans Sa main, les rendit à Juan-Diego, et dit :</p><p>— Voilà le signe demandé… Que l’évêque fasse en vertu de ce témoignage, ce que Je lui ordonne. Ne découvre ton fardeau que devant lui et prends garde que personne ne voie ce que tu portes.</p><p>Puis Marie prit congé de l’Indien qui demeura tout heureux, prévoyant que son ambassade allait réussir. Alors, serrant les rosés avec sollicitude de peur qu’une seule ne vînt à tomber, il alla son chemin, leur donnant parfois un coup d’œil, douce­ment réjoui par leur fraîcheur et leur beauté.</p><p
style="text-align: center;"><a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/wp-content/uploads/2013/02/Coloriage-miracle-des-roses-Gadeloupe-Mexique.jpg"><img
class="aligncenter size-large wp-image-6599" title="Coloriage miracle des roses - Guadelupe - Mexique" src="http://www.maintenantunehistoire.fr/wp-content/uploads/2013/02/Coloriage-miracle-des-roses-Gadeloupe-Mexique-600x514.jpg" alt="Coloriage image catéchisme - miracle des roses - Guadeloupe - Mexique" width="600" height="514" /></a></p><p>En arrivant au palais épiscopal il pria qu’on voulût bien l’introduire, mais comme précédemment, on ne tint d’abord aucun compte de lui.</p><p>A la fin, importunés par ses instances, les valets, remarquant qu’il avait quelque chose dans ses bras voulurent savoir quel objet c’était. L’Indien résista autant que le lui permit sa timi­dité, mais on le força à soulever un petit coin du manteau. Devant de si belles roses qu’ils trouvaient à leur goût, l’idée vint à ces hommes d’en garder quelques-unes : trois fois ils y portèrent la main, mais trois fois leurs doigts ne saisirent que le vide, les fleurs semblaient peintes ou brodées artistiquement sur la toile. Etonnés, ils coururent tout raconter à Mgr Zumárraga, et Juan-Diego fut introduit. En annonçant le signe exigé, il ouvrit son manteau : les roses tombèrent à ses pieds et le portrait de la Vierge apparut fixé sur la toile, tel qu’on le voit encore aujour­d’hui. Double prodige qui jeta l’évêque dans la stupéfaction. Il prit avec respect l’image miraculeuse et après l’avoir vénérée en présence de toute sa maison, la transporta dans sa chapelle privée, rendant grâces à Dieu et à Sa glorieuse Mère.</p><p>Toute la journée Mgr Zumárraga conserva Juan-Diego près de lui et lui prodigua les marques d’une affectueuse estime. Le lendemain, il l’emmena sur la colline, où l’Indien lui indiqua les différents lieux des apparitions ainsi que l’endroit désigné par Marie pour l’érection d’une église. Enfin, désireux de retourner près de son oncle qu’il avait laissé si malade, le pauvre homme en demanda l’autorisation à l’évêque. Celui-ci, mis au courant de la guérison prédite, fit accompagner Juan-Diego de plusieurs personnes de sa suite qui devaient ramener Juan Bernardino à l’évêché, s’il était rétabli.</p><p> </p><h3>Guérison miraculeuse</h3><p>La surprise de Juan Bernardino fut grande, lorsqu’il aperçut son neveu entouré d’Espagnols, qui lui témoignaient tant d’égards et il le questionna, plein d’étonnement.</p><p>Juan-Diego raconta son histoire miraculeuse. Or, il se trouva qu’au même moment où l’Indien avait appris de Marie le réta­blissement de son oncle Juan Bernardino, celui-ci avait vu Notre-Dame sous la forme décrite plus haut. Elle avait chassé le mal, confirmé sa volonté de se voir dédier une église et décidé que son image porterait le nom de « Sainte Marie de la Guadeloupe ».</p><p>Les deux privilégiés de Marie furent conduits au palais épis-copal et Mgr Zumárraga, après enquête sur les faits qui concer­naient Juan Bernardino, convaincu de la vérité, retint chez lui oncle et neveu.</p><p>Le bruit du prodige se répandit promptement ; toute la ville accourait pour honorer le tableau miraculeux. Une telle affluence obligea l’évêque à le transporter dans la plus grande église de la ville, où il demeura, jusqu’au jour où un petit ermitage fut bâti tout près de la colline Tepeyac. Une procession y conduisit l’image sainte avec la plus grande solennité.</p><p>Depuis lors une vaste basilique fut construite un peu plus loin et c’est là qu’est actuellement conservée la précieuse peinture.</p><p> </p><blockquote><h2>Conversion rapide du Mexique</h2><p
style="text-align: center;"><a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/wp-content/uploads/2013/02/Image-sainte-de-ND-de-Guadalupe-Mexique.jpg"><img
class="aligncenter size-medium wp-image-6601" title="Image sainte de ND de Guadalupe Mexique" src="http://www.maintenantunehistoire.fr/wp-content/uploads/2013/02/Image-sainte-de-ND-de-Guadalupe-Mexique-233x300.jpg" alt="Image sainte de ND de Guadalupe Mexique" width="233" height="300" /></a></p><p>La miraculeuse image de N.-D. de la Guadeloupe représente le mystère de son Immaculée Conception : « Guadeloupe, Fleuve de Lumière ». Nom merveil­leusement choisi, car c’est bien la Lumière que Marie apportait à la nation mexicaine.</p><p>Les splendeurs de la foi dissipèrent bientôt les ténèbres de l’idolâtrie et en quelques années le Mexique devenait chrétien.</p><p>Les Indiens qui avaient obstinément refusé le baptême, venaient volontai­rement par milliers le demander après l’apparition. La Sainte Vierge a donc été la plus efficace missionnaire du Mexique. La dévotion du peuple mexicain est ardente, enthousiaste.</p><p>En 1753, le pape Benoît XIV déclara canoniquement la Vierge de la Guadeloupe, première Patronne de la nation mexicaine. Le pape saint Pie X la déclara Patronne de toute l’Amérique latine.</p><p>La traduction, reproduction, adaptation de cette brochure sont pleinement autorisées ; sa diffusion dans tous les pays nous sera très agréable.</p><p
style="text-align: right;"> <strong>L’Archevêque de Guadalajara (Mexique).</strong></p></blockquote><p
style="text-align: center;"><strong>Imprimatur</strong></p><pre>Verdun, le 8 sept. 1961                † M.-P.-georges petit
                                        Évêque de Verdun</pre><h2>Origine du Pèlerinage à N.-D.  de la Guadeloupe Impératrice de toutes les Amériques et Reine du Monde</h2><p>La piété du peuple mexicain envers la Vierge Marie a plus de quatre siècles d’existence. Environ 200 églises sont consacrées à Marie. Mais une image et un nom sont honorés entre tous dans la nation entière : ce sont ceux de Notre-Dame de la Guadeloupe, à Mexico.</p><p>Ce sanctuaire est pour le Mexique ce que <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/tag/lourdes/" title="Lourdes (3 txt)">Lourdes</a> est pour la France ; ses origines sont aussi touchantes que celles de notre basilique pyrénéenne : puisse le récit suivant donner au lecteur un nouveau zèle pour le culte si doux de la Très Sainte Vierge.</p><p
style="padding-left: 30px;"><em>Ce récit, qui reproduit fidèlement la relation mexicaine publiée par le Docteur Becerra Panco, avec l’approbation de l’Archevêque de Guadalajara (Mexique 1938), contient la tradition contemporaine telle que l’a rapportée M. Valériano.</em></p><p
style="padding-left: 30px;"><em>Des monuments, d’anciens manuscrits, d’autres témoignages encore en garantissent l’exactitude.</em></p><p> </p><p> </p><div
class="simple-footnotes"><p
class="notes">Notes:</p><ol><li
id="note-6596-1">Ce sanctuaire est différent de celui de l’Ile de la Guadeloupe (Antilles) ; mais  l’origine du nom Guadeloupe, qui signifie « Fleuve de Lumière », est la même, il  vient d’un sanctuaire célèbre en Espagne dans la province de l’Estramaduve. <a
href="#return-note-6596-1">↩</a></li><li
id="note-6596-2">Village à quatre lieues de Mexico où habitait Juan Diego. <a
href="#return-note-6596-2">↩</a></li><li
id="note-6596-3">Une des paroisses de l’époque, à Mexico. <a
href="#return-note-6596-3">↩</a></li><li
id="note-6596-4">Tepeyca, nom qui signifie : « extrémité ou cime aiguë de rochers ». <a
href="#return-note-6596-4">↩</a></li><li
id="note-6596-5">Telle la représenta plus tard l’image miraculeuse dont nous parlerons tout à l’heure, d’après laquelle on peut juger de l’exacte description faite par l’Indien de sa vision. <a
href="#return-note-6596-5">↩</a></li></ol></div> Thèmes : <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/tag/12-decembre/" title="12 décembre" rel="tag">12 décembre</a>, <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/tag/apparition/" title="Apparition" rel="tag">Apparition</a>, <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/tag/guadalupe/" title="Guadalupe" rel="tag">Guadalupe</a>, <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/tag/juan-diego/" title="Juan-Diego" rel="tag">Juan-Diego</a>, <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/tag/mexique/" title="Mexique" rel="tag">Mexique</a>, <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/tag/miracle/" title="Miracle" rel="tag">Miracle</a>, <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/tag/notre-dame/" title="Notre-Dame" rel="tag">Notre-Dame</a>, <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/category/1-livres/petites-vies-illustrees-pour-enfants/" title="Petites Vies Illustrées pour enfants" rel="tag">Petites Vies Illustrées pour enfants</a><br
/> ]]></content:encoded> <wfw:commentRss>http://www.maintenantunehistoire.fr/n-d-de-la-guadeloupe-du-mexique/feed/</wfw:commentRss> <slash:comments>0</slash:comments> </item> <item><title>Action de Grâce et vocation</title><link>http://www.maintenantunehistoire.fr/action-de-grace-et-vocation/</link> <comments>http://www.maintenantunehistoire.fr/action-de-grace-et-vocation/#comments</comments> <pubDate>Sat, 06 Apr 2013 16:00:57 +0000</pubDate> <dc:creator>Le Raconteur</dc:creator> <category><![CDATA[À la découverte de la liturgie avec Bernard et Colette]]></category> <category><![CDATA[Par un groupe de pères et de mères de familles]]></category> <category><![CDATA[Liturgie]]></category> <category><![CDATA[Vocation]]></category> <guid
isPermaLink="false">http://www.maintenantunehistoire.fr/?p=4047</guid> <description><![CDATA[Conclusion Cavalcades, fanfares, guirlandes, chants, que tout cela a donc été joyeux !… Mais comment dire la fête des âmes ? Ces joies-là ne s’expriment pas. Qui donc était le plus heureux, de l’Évêque, qui consacrait à Dieu trois nouveaux Prêtres ; du bon et saint Curé, qui accompagnait à l’autel l’enfant de ses prédilections ; d’Yvon, qui réalisait [...]]]></description> <content:encoded><![CDATA[<h2 style="text-align: center;">Conclusion</h2><p><strong></strong><br
/> Cavalcades, fanfares, guirlandes, chants, que tout cela a donc été joyeux !… Mais comment dire la fête des âmes ?</p><p>Ces joies-là ne s’expriment pas.</p><p>Qui donc était le plus heureux, de l’Évêque, qui consacrait à Dieu trois nouveaux Prêtres ; du bon et saint Curé, qui accompagnait à l’autel l’enfant de ses prédilections ; d’Yvon, qui réalisait son rêve sacerdotal ; de tante Jeanne, qui communiait des mains de son fils ; de petit Pierre, qui accueillait Notre-Seigneur dans son âme d’enfant ;… de papa, de maman, de Marianick, de tous les autres enfin ?</p><p>Seulement, dans l’après-midi qui suit sa première Messe, Yvon n’arrive pas à sortir de son recueillement, alors que petit Pierre va, vient, saute au cou de sa mère, embrasse son père, incapable de taire sa joie exubérante, communicative, radieuse.</p><p>Seul, dans cette atmosphère de complet bonheur, Nono reste fermé, presque triste. Tôt dans l’après-midi, il disparaît, et Yvon en éprouve un souci.</p><p>Cependant, cette journée qu’on voudrait retenir va passer comme les autres… Le soir vient.</p><p>Dans la paix délicieuse de ces premières soirées d’automne, Yvon s’échappe tout seul. Avant de se coucher, il veut retourner à l’église, remercier encore pour aujourd’hui, se préparer pour demain, car désormais, de Messe en Messe, sa vie sera comme une fête perpétuelle.</p><p>Le long des haies, où les bruyères commencent à courir toutes roses, il marche, l’âme perdue dans une gratitude sans nom. Toute sa vie passe devant lui…, longue suite de grâces de Dieu. Mais, désormais, il pourra remercier en « offrant Jésus ».</p><p>Voici l’église. Petite église bénie de son baptême…et des fêtes d’hier et de celle d’aujourd’hui. Il entre. Il fait sombre,… mais quelle paix ! L’autel est là et le tabernacle. Ici ou ailleurs, il sait que désormais il les retrouvera tous les jours.</p><p>Oh ! se mettre à genoux… se taire… adorer… rendre grâce.</p><p>Mais qu’est-ce que ce bruit léger ? <span
id="more-4047"></span>Yvon écoute… On dirait quelqu’un qui pleure discrètement… mais où ? A la lueur de la lampe du sanctuaire, Yvon cherche à voir. Pas de doute, il y a une petite ombre là-bas devant l’autel de la Sainte Vierge.</p><p>Sans bruit, Yvon s’approche. Un enfant est là. La tête appuyée sur la balustrade, il pleure doucement, comme envahi d’une tristesse infinie. Un rayon de la petite lampe dore un peu sa chevelure brune, et c’est un tableau exquis que celui de ce petit, réfugié au pied de la Madone, dont la blancheur se devine dans la pénombre, au-dessus de lui.</p><p>Yvon, sans le reconnaître, est sûr que c’est Nono. Il murmure :</p><p>—    Nono ! mon cher petit. Qu’est-ce que ce grand chagrin ?</p><p>—    Oh ! m’sieu l’abbé… m’sieu l’abbé…</p><p>Et l’enfant, soulagé par cette présence amie, se jette tout bonnement dans les bras qui se tendent.</p><p>Quand il a pleuré là, tout son content, car Yvon n’interroge plus, il dit :</p><p>—    J’ai trop de peine !</p><p>—    Mais pourquoi ?</p><p>—    Parce que je suis qu’un pauvre forain… qui sait rien. Papa et maman n’ont pas d’argent. Je pourrai jamais apprendre, et pourtant… j’oserai jamais vous dire… je sais bien que c’est fou…</p><p>—    Mais c’est moi qui vais le dire, ce gros secret qui te pèse si lourd. Tu voudrais devenir Prêtre, Nono, et tu croix que c’est impossible. Or rien, mon petit, n’est impossible à Dieu.</p><p>L’enfant lève vers Yvon un visage extasié ; ses yeux disent : Ne me trompez pas, surtout.</p><p>—    Mais crois-moi donc ! Écoute un peu. Si le Bon Dieu t’appelle, ce que nous saurons plus tard, il ne peut pas te refuser les moyens de répondre à ses volontés sur toi. Et sa Mère, dont l’image est là, et que tu es venu prier, serait-il possible qu’elle t’abandonnât ?<br
/> Et ma mère à moi, et moi-même, est-ce que nous ne ferons rien pour toi ?<br
/> Allons, viens avec moi, là, devant le tabernacle et dis au Bon Dieu : Je serai Prêtre, si vous le voulez, Jésus. Je m’abandonne à Vous.</p><p>Ce que fut cette prière, on le devine.</p><p>En sortant, Nono, cramponné à la main de son grand ami, avait retrouvé une volubilité inconnue. Tous les rêves amassés en ces derniers mois s’exprimaient presque à la fois, et l’enfant redisait indéfiniment :</p><p>— Alors, voyez-vous, si le Bon Dieu m’appelle, comme vous dites, je serai le « curé » des forains. J’irai faire le catéchisme dans les roulottes. J’y porterai le Bon Dieu. Peut-être que j’aurai une roulotte-chapelle, avec un moteur pour courir plus vite d’une foire à l’autre. Ça marcherait à toute vitesse ! et puis… oh ! m’sieu l’abbé, j’avais pas pensé à ça ! Et le rire succède aux larmes. J’aurai des enfants de chœur !… Vous voyez ça !… Je leur ferai tout comprendre, et gare au<em> Suspiciat</em>et à la Liturgie !</p><h3 style="text-align: center;">FIN</h3><div
id="attachment_6792" class="wp-caption aligncenter" style="width: 310px"><a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/wp-content/uploads/2013/02/A-la-decouvert-de-la-liturgie.jpg"><img
class="size-full wp-image-6792" title="À la découverte de la liturgie" src="http://www.maintenantunehistoire.fr/wp-content/uploads/2013/02/A-la-decouvert-de-la-liturgie.jpg" alt="À la découverte de la liturgie traditionnelle" width="300" height="457" /></a><p
class="wp-caption-text">À la découvert de la liturgie avec Bernard et Colette par un groupe de mères et de pères de famille</p></div> Thèmes : <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/category/1-livres/a-la-decouverte-de-la-liturgie-avec-bernard-et-colette/" title="À la découverte de la liturgie avec Bernard et Colette" rel="tag">À la découverte de la liturgie avec Bernard et Colette</a>, <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/tag/liturgie/" title="Liturgie" rel="tag">Liturgie</a>, <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/category/2-auteurs/par-un-groupe-de-peres-et-de-meres-de-familles/" title="Par un groupe de pères et de mères de familles" rel="tag">Par un groupe de pères et de mères de familles</a>, <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/tag/vocation/" title="Vocation" rel="tag">Vocation</a><br
/> ]]></content:encoded> <wfw:commentRss>http://www.maintenantunehistoire.fr/action-de-grace-et-vocation/feed/</wfw:commentRss> <slash:comments>0</slash:comments> <series:name><![CDATA[À la découverte de la liturgie]]></series:name> </item> <item><title>Brin d’or</title><link>http://www.maintenantunehistoire.fr/brin-dor/</link> <comments>http://www.maintenantunehistoire.fr/brin-dor/#comments</comments> <pubDate>Sat, 30 Mar 2013 17:00:13 +0000</pubDate> <dc:creator>Le Raconteur</dc:creator> <category><![CDATA[Demetz, M.]]></category> <category><![CDATA[Et maintenant une histoire I]]></category> <category><![CDATA[Les commandements à observer, les vertus à pratiquer]]></category> <category><![CDATA[Amour]]></category> <category><![CDATA[Charité envers Dieu]]></category> <category><![CDATA[Parabole]]></category> <category><![CDATA[Poussière]]></category> <guid
isPermaLink="false">http://www.maintenantunehistoire.fr/?p=5605</guid> <description><![CDATA[Charité envers Dieu C’est un tout petit grain de sable doré qui était arrivé à Nazareth sur les ailes du vent. Il s’appelait « Brin d’Or ». Personne n’avait remarqué l’arrivée de cette poussière, infiniment petite et véritable atome dans l’immense structure de l’Univers. Le vent puissant l’avait déposé au seuil d’une humble demeure d’artisans. Brin [...]]]></description> <content:encoded><![CDATA[<h3 style="text-align: right;">Charité envers Dieu</h3><p>C’est un tout petit grain de sable doré qui était arrivé à Nazareth sur les ailes du vent. Il s’appelait « Brin d’Or ». Personne n’avait remarqué l’arrivée de cette poussière, infiniment petite et véritable atome dans l’immense structure de l’Univers.</p><p>Le vent puissant l’avait déposé au seuil d’une humble demeure d’artisans. Brin d’Or, tout étourdi d’un long voyage au-dessus des paysages de Palestine, restait dans l’encoignure de l’entrée, sans bouger. Toute la nuit déjà il avait dormi là : il se trouvait si seul… si dépaysé ! La veille, il était encore à gambader avec ses petits frères sur la dune, et le vent s’étant levé de fort mauvaise humeur était venu le ravir à l’affection des siens.</p><p><img
class="alignright size-medium wp-image-6935" title="Photo ancienne de Nazareth" src="http://www.maintenantunehistoire.fr/wp-content/uploads/2013/04/nazareth-300x240.jpg" alt="Conte et Vie de Jésus pour les petits - Nazareth" width="300" height="240" />Pendant des heures, il l’avait entraîné en un vol éperdu et puis l’avait laissé choir, sans l’avertir. C’est ainsi que le souffle de l’épreuve entraîne les hommes, petits et grands, qu’ils le veuillent ou non, dans une chevauchée pleine de mystère. Il les dépose tout meurtris en des lieux inconnus ; si ce n’est pas à Nazareth comme Brin d’Or, c’est souvent bien près du Divin Artisan qui habitait cette humble bourgade.</p><p>Le soleil d’orient resplendissait et dardait ses rayons ardents sur les campagnes, sur les maisons aux riantes terrasses. Brin d’Or commençait à se réchauffer ; il était assoiffé de lumière et de chaleur et ce soleil lui rendait toute sa vigueur.</p><p>Il s’enhardit, un peu indiscret peut-être, regarda à l’intérieur de la maison qui avait abrité son sommeil et, d’étonnement, passa au ravissement.</p><p>Oh ! ce que vit Brin d’Or<span
id="more-5605"></span> lui fit oublier à tout jamais sa dune… Dans un poudroiement léger de sciure blonde, un jeune adolescent d’une idéale beauté travaillait, légèrement penché sur un établi de menuisier ; il maniait habilement le rabot. Sous sa main naissaient des flots soyeux de copeaux dont les spirales venaient se mêler parfois aux longues boucles de sa chevelure. En s’arrêtant pour s’éponger le front, son beau regard profond tomba sur Brin d’Or et s’arrêta un moment sur cette infiniment petite merveille de la nature. Le petit grain de sable doré en tressaillit de joie et murmura tout extasié : « Seigneur, je Vous aime et je veux rester avec Vous toujours. »</p><p><img
class="alignleft size-medium wp-image-6936" title="La sainte-Famille - atelier de Saint Joseph" src="http://www.maintenantunehistoire.fr/wp-content/uploads/2013/04/sainte-Famille-atelier-221x300.jpg" alt="Légende et vie de Jésus : La sainte-Famille - atelier de Saint Joseph" width="221" height="300" />Depuis cette inoubliable rencontre, Brin d’Or s’est attaché à rester toujours avec Jésus ; il a pris demeure dans l’atelier de saint Joseph et il reste là, tout heureux d’être auprès du Maître.</p><p>Il a bien failli avoir des déboires avec la Sainte Vierge, parce que cette ménagère admirable aimait la propreté et, la journée de travail finie, venait balayer minutieusement l’atelier. Naturellement, le pauvre Brin d’Or reçut son arrêt d’expulsion avec toutes les autres poussières dès son premier jour d’arrivée.</p><p>Croyez-vous qu’il se tint pour battu ? Ah ! non point. Il avisa un pot de fleurs — car la Sainte Famille aimait et cultivait les fleurs — et se glissa parmi la terre de celui-ci. Dès le matin, les feux du jour le faisaient scintiller et Jésus le regardait en souriant.</p><p>Les années s’écoulèrent dans la paix pour Brin d’Or ; il se plaisait dans l’ambiance de cette maison sainte et laborieuse. Mais, sur la terre, tout a une fin, et vint le temps où le Maître commença sa vie publique.</p><p>Adieu la paix de la vie de famille, paix humble et cachée. C’est l’heure des longues marches fatigantes sur toutes les routes pour annoncer au monde la bonne nouvelle de l’Évangile, c’est l’heure des guérisons, de l’enthousiasme des foules, de la haine perfide des pharisiens.</p><p>Brin d’Or est avec Jésus partout : il ne Le quittera pas ; il s’est faufilé dans un pli de son vêtement, tout près de son Cœur, et le Maître ne l’a pas repoussé ; l’infime poussière demeure avec le Créateur. Jusque dans la flagellation, il n’a pas bougé ; mais quand les soldats arrachent les vêtements de la Victime qui ne se plaint pas, Brin d’Or quitte brusquement sa retraite et se jette dans un flot de sang qui colle au Corps de Jésus. Rien ne le sépare de son Dieu ; pas même Véronique ne réussira à le retirer ; quand le Maître expirera, il sera là toujours, serré contre Lui… jusqu’au tombeau.</p><p>Mais, au matin de Pâques, lorsque Jésus sortit tout resplendissant de gloire, on ne vit plus trace de Brin d’Or sur la terre.</p><p>« Il devait être en Paradis, me dit le vieil olivier qui m’a conté cette histoire. Va et fais comme Brin d’Or ; tu n’es qu’une poussière mais Dieu t’aime, tu es son enfant », ajouta-t-il.</p><p
style="text-align: right;"><strong>M. Demetz.</strong></p><p
style="text-align: center;"><a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/wp-content/uploads/2013/04/resurrection.jpg"><img
class="aligncenter size-large wp-image-6937" title="La Résurrection du Christ à Pâques" src="http://www.maintenantunehistoire.fr/wp-content/uploads/2013/04/resurrection-600x344.jpg" alt="Conte et Légende pour les enfants : La vie de Jésus" width="600" height="344" /></a></p> Thèmes : <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/tag/amour/" title="Amour" rel="tag">Amour</a>, <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/tag/charite-envers-dieu/" title="Charité envers Dieu" rel="tag">Charité envers Dieu</a>, <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/category/2-auteurs/demetz-m/" title="Demetz, M." rel="tag">Demetz, M.</a>, <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/category/1-livres/et-maintenant-une-histoire-i/" title="Et maintenant une histoire I" rel="tag">Et maintenant une histoire I</a>, <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/category/1-livres/et-maintenant-une-histoire-i/les-commandements-a-observer-les-vertus-a-pratiquer/" title="Les commandements à observer, les vertus à pratiquer" rel="tag">Les commandements à observer, les vertus à pratiquer</a>, <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/tag/parabole/" title="Parabole" rel="tag">Parabole</a>, <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/tag/poussiere/" title="Poussière" rel="tag">Poussière</a><br
/> ]]></content:encoded> <wfw:commentRss>http://www.maintenantunehistoire.fr/brin-dor/feed/</wfw:commentRss> <slash:comments>0</slash:comments> </item> <item><title>Le plus grand drame du monde</title><link>http://www.maintenantunehistoire.fr/le-plus-grand-drame-du-monde/</link> <comments>http://www.maintenantunehistoire.fr/le-plus-grand-drame-du-monde/#comments</comments> <pubDate>Thu, 28 Mar 2013 17:00:02 +0000</pubDate> <dc:creator>Le Raconteur</dc:creator> <category><![CDATA[Et maintenant une histoire II]]></category> <category><![CDATA[Fêtes de l'année liturgique]]></category> <category><![CDATA[Mainé, Marie-Colette]]></category> <category><![CDATA[Agonie]]></category> <category><![CDATA[Chemin de Croix]]></category> <category><![CDATA[Crucifixion]]></category> <category><![CDATA[Mort sur la Croix]]></category> <category><![CDATA[Passion]]></category> <category><![CDATA[Semaine Sainte]]></category> <guid
isPermaLink="false">http://www.maintenantunehistoire.fr/?p=6748</guid> <description><![CDATA[Ce soir-là, les hommes s’étaient endormis, fatigués du jour passé, accablés par une vie sans lumière… La nuit était calme, belle, recueillie… comme en attente. Un drame se préparait ! Un drame ? Simple incident pour quelques-uns qui pourtant s’en iraient aux quatre coins du monde réveiller tous les hommes de la terre… un incident qui se [...]]]></description> <content:encoded><![CDATA[<p>Ce soir-là, les hommes s’étaient endormis, fatigués du jour passé, accablés par une vie sans lumière…</p><p>La nuit était calme, belle, recueillie… comme en attente.</p><p>Un drame se préparait ! Un drame ? Simple incident pour quelques-uns qui pourtant s’en iraient aux quatre coins du monde réveiller tous les hommes de la terre… un incident qui se répercuterait à travers les âges jusqu’à la fin des temps !</p><p>Ce soir-là, les étoiles s’étaient allumées comme d’habitude, et les hommes s’étaient endormis…</p><p>Pas tous, cependant !…</p><p
style="text-align: center;"><strong>* * *</strong></p><h6><a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/wp-content/uploads/2013/03/les_deniers_de_judas.jpg"><img
class="size-medium wp-image-6767 alignright" title="Judas vend Jésus pour 30 deniers" src="http://www.maintenantunehistoire.fr/wp-content/uploads/2013/03/les_deniers_de_judas-200x300.jpg" alt="Récit de la Passion pour le catéchisme : Judas vend Jésus pour 30 deniers" width="200" height="300" /></a><em>Jérusalem, 12 Nizan (mars-avril), 20 heures.</em></h6><p>Une salle sombre, mal éclairée par la tremblotante lueur d’une lampe à huile… La flamme qui danse allume des points d’or aux vêtements des hommes qui discutent. Leurs yeux luisent, perçants…</p><p>Les voix se répondent, chuchotantes, lourdes de menaces…</p><p>« Oui, ce soir, je sais où « Il » sera… C’est le moment : venez « Le » prendre…</p><p>— Mais… nous ne « Le » connaissons pas ; il faudrait… un signe.</p><p>— Facile !… Je L’embrasserai. Alors ?… Combien me donnez-vous ? »</p><p>Le silence est pesant… Un son clair le rompt ; une main jette des pièces. L’argent tinte sur le marbre… Une fois… Deux fois… Trois fois… Trente fois…</p><p>Une autre main, avide, ramasse la somme.</p><p>« Merci.… tout à l’heure ! »</p><p
style="text-align: center;"><strong>* * *</strong></p><h6><em><a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/wp-content/uploads/2013/03/La-Priere-au-jardin-des-oliviers-Maesta-de-Sienne-Duccio.jpg"><img
class="alignright size-medium wp-image-6769" title="La prière au Jardin des Oliviers - Maesta de Sienne - Duccio" src="http://www.maintenantunehistoire.fr/wp-content/uploads/2013/03/La-Priere-au-jardin-des-oliviers-Maesta-de-Sienne-Duccio-300x188.jpg" alt="Pour les enfants du caté : La Passion  du Christ - La Priere au jardin des oliviers" width="300" height="188" /></a>Dans l’oliveraie de la colline.</em></h6><p>Le ruisseau coule de roc en roc avec un bruit de soie qui se déchire… Sur le pont, quelques hommes s’avancent, parlant doucement entre eux… Passé le Cédron, le groupe remonte la pente de la colline opposée ; bientôt, les promeneurs atteignent une oliveraie.</p><p>Les vieux arbres tordus entremêlent leurs branches. Dans l’ombre, on dirait des diables guettant leur proie.</p><p>« Restez ici, je vais un peu plus loin, avec Pierre, Jacques et Jean… »</p><p>Le groupe, diminué, s’enfonce sous les troncs noueux la lune est levée, et sur le ciel clair se découpe l’énorme silhouette du temple. Comme elle semble menaçante !</p><p>« Je suis triste à en mourir… »</p><p>La voix est triste, en effet, presque tremblante ; elle supplie :</p><p>« Veillez et priez avec Moi… »</p><p>Le Maître s’éloigne… pas loin, et s’abat face contre terre.</p><p>Les minutes coulent, lentes… lourdes… lourdes comme le monde.</p><p><span
id="more-6748"></span></p><p>Par deux fois, le Maître revient vers les autres : déception ! ils dorment… Et c’est tout seul qu’Il doit lutter contre la peur, contre l’angoisse, contre le poids des péchés de tous les hommes ; Il agonise des heures… seul !</p><p>« Père, que votre volonté soit faite et non la mienne ! »</p><p>Le nuit s’avance ; un bruit confus monte de la vallée. Au détour du sentier, un instant des torches brillent Le Maître a réveillé les disciples. Il a prié : Il est prêt, et avance librement !</p><p>Sous les branches, une ombre se faufile.</p><p>« Salut, Maître ! »</p><p>Un baiser maladroit se pose sur la joue de Jésus.</p><p>Alors, de derrière chaque tronc, jaillit un soldat.</p><p
style="text-align: center;"><strong>* * *</strong></p><h6><em>Jérusalem, à la mi-nuit.</em></h6><p>La ville endormie est très blanche sous la lune ; par-là, des porches font d’effrayants trous d’ombre… On dirait une ville fantôme !…</p><p>Un tumulte confus monte d’une ruelle encaissée quelques têtes mal réveillées apparaissent aux fenêtres.</p><p>« Que se passe-t-il ? »</p><p>Un détachement paraît… Vaguement, à la lueur des torches, on aperçoit une haute silhouette durement ligotée…</p><p>« C’est Jésus de Nazareth !… On L’a arrêté !…</p><p>— Pas possible !… Il n’a rien fait de mal !…</p><p>— On dit que c’est un agitateur… Un homme dangereux… Un faux prophète…</p><p>— Que vont-ils faire de Lui ?</p><p>— Ah ! ça… on ne sait pas…</p><p
style="text-align: center;"><strong>* * *</strong></p><h6><em><a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/wp-content/uploads/2013/03/Gerard-Honthorst-Gerrit-van-Honthorst-1590-1656-Jesus-devant-Caiphe.jpg"><img
class="alignright size-medium wp-image-6765" title="Jésus devant Caiphe - Gerrit van Honthorst (1590-1656)" src="http://www.maintenantunehistoire.fr/wp-content/uploads/2013/03/Gerard-Honthorst-Gerrit-van-Honthorst-1590-1656-Jesus-devant-Caiphe-207x300.jpg" alt="Jesus devant Caiphe - Le Chemin de Croix pour les enfants" width="207" height="300" /></a>13 Nizan, aux premières heures de l’aube.</em></h6><p>Hiératique sous sa tiare, Caïphe, le Grand Prêtre, siège au Sanhédrin ; à droite et à gauche sont assis quelques membres du Grand Conseil, réunis en hâte (les plus sûrs !). Avec des yeux mauvais, ils contemplent l’Accusé…</p><p>Au centre de la salle en demi-cercle, Celui-ci se tient droit, calme… Malgré ses vêtements en désordre et ses mains liées, Il semble dominer la situation…</p><p>Caïphe le sent, cela l’agace… De plus, l’audience ne marche pas selon ses désirs. Bien sûr, le jugement est rendu d’avance ; encore faut-il trouver une astuce pour le rendre valable… Depuis un bon moment, les témoins se succèdent, vrais ou faux, cela importe guère ; le plus ennuyeux, c’est qu’ils se contredisent à chaque mot…</p><p>Caïphe s’impatiente : c’est inepte !… La scène menace de tourner au ridicule, tellement on la sent fausse… voulue… préparée… Les Sanhédrites eux-mêmes semblent gênés ; déjà, l’un d’eux, plus maladroit, a fait remarquer que cette réunion est illégale, la loi interdisant les jugements rendus la nuit.</p><p>Caïphe descend de son siège et s’approche de Jésus.</p><p>« Eh bien ! Tu as entendu ce qu’ils viennent de dire contre Toi ? Allons, réponds… »</p><p>Jésus se tait.</p><p>Le Grand Prêtre s’irrite de plus en plus… jamais il n’a vu un tel accusé ; ce jeune homme dont les yeux semblent voir très loin le met hors de lui… Ma parole ! on dirait qu’il y a une nuance de pitié dans ce regard !… Caïphe se sent grotesque ; décidé, il remonte sur son siège : il va jouer le grand jeu ! Grandiloquent, il clame d’une voix forte</p><p>« Je T’adjure, au nom du Dieu Vivant, de nous dire si Tu es le Christ ! »</p><p>L’instant est solennel… Interrogé au nom du Dieu Vivant l’Accusé ne peut se dérober ; du reste, Il ne le veut pas.</p><p>« Tu l’as dit : Je le suis ! »</p><p>Caïphe bondit. Ça y est ! Il tient son prétexte.</p><p>« Vous avez entendu ? Qu’avons-nous besoin de témoins ?… Il a blasphémé… »</p><p>Les autres se lèvent, crient, déchirent leurs vêtements, se voilent le visage…</p><p>« Vous avez entendu ?… Que vous en semble ? Il mérite la mort !… »</p><p
style="text-align: center;"><strong>* * *</strong></p><h6><em>13 Nizan, Forteresse Antonia, au petit jour.</em></h6><p>« J’y vais… »</p><p>La réponse a claqué, sèche…</p><p>Il n’est pas content, le procurateur impérial ! Que lui veulent encore ces juifs turbulents ?… Décidément, il ne sera jamais tranquille !…</p><p>Une importante foule se presse sur le terre-plein. Bien sûr, aucun juif ne veut se souiller en mettant le pied dans la maison d’un païen : il faut que lui, Pilate, se rende sur la terrasse. Ah ! ce n’est pas toujours drôle d’occuper Israël !…</p><p>Les Sanhédrites s’expliquent… Pilate discerne mal leurs accusations, une affaire de religion sans doute… ces juifs sont tellement pointilleux !</p><h6><em><a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/wp-content/uploads/2013/03/Jesus-est-condamne-a-mort.jpg"><img
class="alignright size-medium wp-image-6763" title="Jésus est condamné à mort" src="http://www.maintenantunehistoire.fr/wp-content/uploads/2013/03/Jesus-est-condamne-a-mort-208x300.jpg" alt="Jésus est condamné à mort - Le Chemin de Croix du caté" width="208" height="300" /></a></em></h6><p>« Prenez-Le donc, et jugez-Le selon votre loi !</p><p>— Tu sais bien que nous n’avons pas le droit de condamner à mort… »</p><p>Acerbe, la riposte jaillit. Caïphe souffre assez de la dépendance de son pays, mais il veut obtenir la condamnation. Cet homme met le désordre dans la nation… Il se fait passer pour le libérateur…</p><p>Aïe !… Ceci est plus grave et mérite examen. Rentré dans le prétoire, Pilate se fait amener l’Accusé. Tout à l’heure, il L’a à peine regardé ; maintenant, ils sont face à face.</p><p>Observateur, le procurateur note : les habits déchirés, les meurtrissures du visage… Peste ! ils l’ont bien arrangé leur libérateur ; lui, Pilate, le trouverait plutôt sympathique ce jeune homme ; Il est calme, digne, modeste de tenue, pas bien riche sans doute ; Il a des mains d’ouvrier. Et des yeux… mais qu’est-ce qu’ils veulent dire, ces yeux ? Sous leur rayonnement, Pilate se sent mal à l’aise… Brusque, il attaque :</p><p>« Ainsi, tu es roi ?</p><p>— Dis-tu cela de toi-même, ou d’autres te l’ont-ils dit de Moi ?</p><p>— Je ne suis pas juif, moi !… On T’accuse… Qu’as-Tu fait ?</p><p>— Mon royaume n’est pas de ce monde… Je suis venu sur terre pour rendre témoignage à la Vérité… »</p><p>Pilate s’attendait à tout… sauf à cette réponse. Dehors, la foule gronde ; le procurateur sort, faisant signe au prisonnier de le suivre. Dès qu’ils paraissent, c’est une explosion de cris : les meneurs ont bien travaillé. Le procurateur se tourne vers Jésus, mais Celui-ci ne tente même pas de se défendre ; jamais on n’a vu pareille chose ! Jamais non plus un homme n’a été couvert de tant de haine.</p><p>Le temps passe. Pilate cherche à sauver cet accusé pas comme les autres, mais toutes les tentatives du procurateur échouent : Hérode, à qui il avait envoyé Jésus, Le lui renvoie, vêtu de la robe des fous…</p><p>Une confrontation avec Barabbas, un triste individu dont on ne compte plus les mauvais coups, a tourné au tragique : la foule, complètement folle, il n’y a pas d’autre mot, a choisi le criminel.…</p><p>Une explication en particulier avec les Sanhédrites n’a amené qu’une menace directe de Caïphe.</p><p>« Cet homme est un ennemi de l’État ; si tu Le libères, c’est que tu n’es pas l’ami de César ! »</p><p>Hé ! c’est qu’il est bien capable de faire un rapport à Rome, le vieux renard !… Il faut prendre garde : la place est bonne… L’atmosphère s’échauffe… L’incident tourne en émeute.</p><p>Un cri perce, s’élève, s’enfle, domine tout :</p><p>« Crucifiez-Le ! »</p><p
style="text-align: center;"><strong>* * *</strong></p><h6><em>13 Nizan, 11 heures, même lieu.</em></h6><p>On vient de flageller l’Accusé. Il est là, titubant, saignant, déchiré… Pas une parole de pitié ne vient de ces hommes au cœur dur…</p><p>Pilate s’est assis. Les cris s’apaisent… Une minute le silence plane, terrible, plein de haine, plein d’angoisse…</p><p>La sentence légale tombe, nette comme un coup de glaive</p><p>« Tu iras en croix ! »</p><p>Une horrible clameur de joie monte… Du geste, Pilate la domine.</p><p>« Je suis innocent de la mort de cet homme, vous en répondrez. »</p><p>Un instant de stupeur… La menace est grave ; mais vite, un cri jaillit, repris en chœur par la foule :</p><p>« Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants ! »</p><p
style="text-align: center;"><strong>* * *</strong></p><h6><em><a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/wp-content/uploads/2013/03/Hans-Multscher-Jesus-Christ-le-portement-de-la-Croix.jpg"><img
class="alignright size-medium wp-image-6764" title="Jésus-Christ, le portement de la Croix - Hans Multscher" src="http://www.maintenantunehistoire.fr/wp-content/uploads/2013/03/Hans-Multscher-Jesus-Christ-le-portement-de-la-Croix-283x300.jpg" alt="Jésus-Christ, le portement de la Croix - récit de la Passion pour les jeunes" width="283" height="300" /></a>13 Nizan, dans les rues de Jérusalem.</em></h6><p>Comme à chaque veille de Sabbat, la ville est animée, les passants crient, se bousculent :</p><p>« Place ! »</p><p>Un centurion à cheval écarte les badauds.</p><p>« Des condamnés à mort ! »</p><p>Entre deux files de soldats, trois hommes avancent péniblement ; ils ont au cou la pancarte portant le motif de leur condamnation ; et sur leurs épaules, on a lié la lourde poutre qui servira à les crucifier ; sous le poids, ils vacillent, épuisés déjà par le supplice de la flagellation ; ils ont peine à avancer. Oh ! ces rues de Jérusalem, avec leurs cailloux, leurs marches inégales, leurs détritus glissants… A chaque instant, les prisonniers butent. Gare s’ils tombent ! c’est la pique des soldats qui les relève… Et la foule de rire, de se moquer, d’insulter… Prestes, les gamins se faufilent, des pierres en main…</p><p>« A moi le premier !</p><p>— Vise bien !… Qu’est-ce qu’Il a sur la tête ? Un fagot ?</p><p>— Penses-tu, C’est une couronne ! Tu n’as pas vu sa pancarte : « roi des juifs !  »</p><p>— Saluez ; voilà le roi qui passe ! »</p><p
style="text-align: center;"><strong>* * *</strong></p><h6><em>13 Nizan, midi, sommet du Calvaire.</em></h6><p>Le soleil de midi tombe implacable ; les condamnés sont arrivés au lieu du supplice. Le centurion ordonne :</p><p>« Commencez… Celui-ci, d’abord. »</p><p>Deux bourreaux s’emparent de Jésus, arrachent sa tunique collée aux plaies, L’étendant à même le sol, les épaules sur la poutre… On tire sur les bras…</p><p>« Donne le marteau, j’ai les clous… »</p><p>C’est vite fait ! Le bourreau connaît son métier. Un aide maintient le bras bien à plat sur le bois ; l’exécuteur pique le clou dans le pli du poignet. Trois coups de marteau ça y est ! Simple, mais… horrible à subir…</p><p>Les deux mains fixées, les gardes soulèvent la poutre, tirent sur les mains clouées, on accule le Supplicié contre le poteau vertical de la croix, puis, d’un grand geste, les hommes soulèvent la poutre… la fixent.</p><p>On plie les jambes, les pieds l’un sur l’autre ; un troisième clou… Fini !</p><p
style="text-align: center;"><strong>* * *</strong></p><h6><em>13 Nizan, 3 heures même lieu. </em></h6><p>Sur le bois, le Condamné agonise ; tout son corps écartelé se crispe de souffrance… Il étouffe… Cela dure depuis trois heures !… Lentement, Il prend appui sur la plaie de ses pieds, se dresse, millimètre par millimètre ; Il allège l’atroce tension des bras, Il reprend haleine… C’est affreux à voir !</p><p>« J’ai soif ! »</p><p>Sept fois, Il parle ainsi.</p><p>Un à un, les Sanhédrites ont quitté la place, gênés, honteux. Cette exécution est par trop étrange, on dirait que tout s’en mêle ; l’atmosphère est étouffante, le ciel bas : on n’y voit plus ; seuls quelques rayons livides éclairent la scène…</p><p>Sur le Calvaire, près des gardes, il n’y a maintenant qu’un tout jeune homme, et un groupe de femmes : des amis… la mère !</p><p>Les cris de haine se sont tus ; on n’entend que le souffle haletant des suppliciés et le léger cliquetis que font les soldats en jouant aux dés. Eux aussi sont inquiets, ils parlent bas.</p><p>« Regarde, le ciel est de plus en plus noir…</p><p>— Je n’ai jamais vu cela.</p><p>— « Il » n’en a plus pour longtemps. »</p><p>Un grand cri traverse l’angoisse qui plane.</p><p>« Tout est consommé ! »</p><p>Quelques secondes, terriblement longues.</p><p>« Père, Je remets mon âme entre vos mains. »</p><p>Un soupir, le dernier : la tête tombe, le corps se fige, le plus grand drame du monde est achevé.</p><h5 style="text-align: center;">Les hommes sont rachetés !</h5><p><a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/wp-content/uploads/2013/03/Luini_Bernardino-ZZZ-Crucifixion_with_Intercessors_The_Crucifixion_with_Sts_Paul_and_Francis.jpg"><img
class="size-large wp-image-6766 aligncenter" title="Crucifixion avec Saint Paul et Saint François - Luini Bernardino" src="http://www.maintenantunehistoire.fr/wp-content/uploads/2013/03/Luini_Bernardino-ZZZ-Crucifixion_with_Intercessors_The_Crucifixion_with_Sts_Paul_and_Francis-491x600.jpg" alt="histoire de la Mort du Christ - Crucifixion avec Saint Paul et Saint François - Luini Bernardino" width="491" height="600" /></a></p><p> </p><p
style="text-align: right;"><strong>Marie-Colette Mainé.</strong></p><p> </p> Thèmes : <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/tag/agonie/" title="Agonie" rel="tag">Agonie</a>, <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/tag/chemin-de-croix/" title="Chemin de Croix" rel="tag">Chemin de Croix</a>, <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/tag/crucifixion/" title="Crucifixion" rel="tag">Crucifixion</a>, <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/category/1-livres/et-maintenant-une-histoire-ii/" title="Et maintenant une histoire II" rel="tag">Et maintenant une histoire II</a>, <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/category/1-livres/et-maintenant-une-histoire-ii/fetes-de-lannee-liturgique/" title="Fêtes de l&#039;année liturgique" rel="tag">Fêtes de l&#039;année liturgique</a>, <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/category/2-auteurs/maine-marie-colette/" title="Mainé, Marie-Colette" rel="tag">Mainé, Marie-Colette</a>, <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/tag/mort-sur-la-croix/" title="Mort sur la Croix" rel="tag">Mort sur la Croix</a>, <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/tag/passion/" title="Passion" rel="tag">Passion</a>, <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/tag/semaine-sainte/" title="Semaine Sainte" rel="tag">Semaine Sainte</a><br
/> ]]></content:encoded> <wfw:commentRss>http://www.maintenantunehistoire.fr/le-plus-grand-drame-du-monde/feed/</wfw:commentRss> <slash:comments>0</slash:comments> </item> <item><title>La sainte communion</title><link>http://www.maintenantunehistoire.fr/la-sainte-communion/</link> <comments>http://www.maintenantunehistoire.fr/la-sainte-communion/#comments</comments> <pubDate>Wed, 27 Mar 2013 17:00:43 +0000</pubDate> <dc:creator>Le Raconteur</dc:creator> <category><![CDATA[À la découverte de la liturgie avec Bernard et Colette]]></category> <category><![CDATA[Par un groupe de pères et de mères de familles]]></category> <category><![CDATA[Ablution]]></category> <category><![CDATA[Agneau de Dieu]]></category> <category><![CDATA[Agnus Dei]]></category> <category><![CDATA[Communion]]></category> <category><![CDATA[Confiteor]]></category> <category><![CDATA[Pater]]></category> <category><![CDATA[Postcommunion]]></category> <category><![CDATA[Première communion]]></category> <guid
isPermaLink="false">http://www.maintenantunehistoire.fr/?p=4044</guid> <description><![CDATA[Chapitre XXI   C’est demain l’Ordination, après-demain la première Messe d’Yvon et la première Communion de petit Pierre. Le grand cousin est en retraite depuis huit jours, et le benjamin est en retraite aussi. Parfaitement, trois grandes journées de recueillement, entre maman et M. le Curé. Ce soir, petit Pierre vient de rentrer. Il monte [...]]]></description> <content:encoded><![CDATA[<h2 style="text-align: center;">Chapitre XXI</h2><p> </p><p>C’est demain l’Ordination, après-demain la première Messe d’Yvon et la première Communion de petit Pierre. Le grand cousin est en retraite depuis huit jours, et le benjamin est en retraite aussi. Parfaitement, trois grandes journées de recueillement, entre maman et M. le Curé.</p><p>Ce soir, petit Pierre vient de rentrer. Il monte trouver sa mère qui, par bonheur, est toute seule dans sa chambre.</p><p>Comme lorsqu’il était « petit  », Pierrot grimpe sur ses genoux, et maman devine sans peine que c’est l’heure des confidences.</p><p>—    Qu’as-tu à me raconter, mon chéri  ?</p><p>—    Je voudrais que ce soit vous, ma maman à moi, qui me disiez les choses que je ne sais pas encore bien.</p><p>—    Lesquelles  ?</p><p>—    On n’a jamais fini de m’expliquer toute la Messe, parce que les grands sont retournés sans moi à la cure… et puis Yvon a disparu,… et moi, comprenez-vous, je serais content de me préparer à communier comme fera Yvon. Je recevrai Jésus pour la première fois, et lui, pour la première fois, il Le tiendra dans ses mains, avant de Le prendre dans son cœur.</p><p><a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/la-sainte-communion/img1p153/" rel="attachment wp-att-6537"><img
class="aligncenter  wp-image-6537" title="Pierrot se confie à sa maman pour préparer sa première communion" src="http://www.maintenantunehistoire.fr/wp-content/uploads/2013/03/img1p153-600x535.jpg" alt="Pierrot se confie à sa maman pour préparer sa première communion" width="480" height="428" /></a>Il lui dira sûrement des mots très jolis, et je voudrais dire les mêmes.</p><p>—    Rien de plus simple, mon chéri. Prends ton paroissien. Nous allons y trouver ce que tu cherches.</p><p>—    Mon paroissien  ?</p><p>—    Mais oui. Tu n’as certainement pas songé à ceci  : Yvon n’aura d’autre préparation à sa communion que celle qui est contenue dans les prières mêmes de la Messe, car la Communion fait partie du Saint Sacrifice.<br
/> Te souviens-tu, à la Cène, quand, le soir du Jeudi Saint, Jésus institua l’Eucharistie  ?<span
id="more-4044"></span></p><p>— Je sais, maman, et même très bien. M. le Curé a expliqué que le prêtre fait comme Jésus, tout pareil à Lui, pour consacrer le pain et le vin.</p><p>—    Oui, mais Jésus a dit, ce jour-là non seulement  : « Ceci est mon Corps  », « Ceci est mon sang  », mais encore  : « Prenez et mangez-en tous  », « Prenez et buvez-en tous.  »<br
/> Donc, pour accomplir tout ce que Jésus veut, il ne suffit pas de l’adorer présent dans l’Hostie et le Calice, il faut encore communier et le recevoir dans notre cœur.</p><p>—    Alors, pour que ce soit tout à fait bien, il faut communier toujours quand on va à la Messe  ?</p><p>—    Certainement, quand on mène une vie chrétienne et qu’on est dans les dispositions requises. Tu es encore bien petit, et pourtant je serais si contente si je pouvais te faire comprendre ceci comme à un grand  :<br
/> La Messe forme un <em>tout</em>. Jésus, Notre-Seigneur, le prêtre et les fidèles, y sont merveilleusement unis, et alors tâche de saisir  : Dieu le Père accueille favorablement le sacrifice de son Fils Bien-Aimé, que lui offrent ensemble le prêtre et les fidèles, et auquel ils se sont associés en « s’offrant avec Lui  », « par Lui  ». Alors Dieu, à cause de Jésus, pardonne les péchés de ceux qui se sont ainsi unis à Jésus. Il veut les combler de grâces. La Communion, c’est le plus grand des dons, c’est aussi l’union la plus complète, la plus absolue, avec Jésus, et c’est le gage de notre union éternelle avec Lui au Ciel.</p><p>—    Je crois que j’ai compris, maman  : La Messe, c’est Jésus offert, nous dans Jésus, et ensuite Jésus dans nous.</p><p>—    Tout à fait. Et, pour se préparer immédiatement à cette communion, prêtres et fidèles récitent le <strong><em><span
style="color: #800000;">Pater</span></em></strong>.</p><p>—    Mais je le dis dans ma prière et aussi dans mon chapelet. C’est pas une préparation.</p><p>—    Comme tu te trompes  !</p><p>Récite avec moi  : Notre Père qui êtes au Cieux. Crois-tu qu’il y ait quelqu’un qui puisse mieux disposer notre cœur que Notre Père du Ciel  ?<br
/> Et puis, que votre règne arrive, que votre volonté soit faite… c’est souhaiter au Bon Dieu ce qui lui fait le plus de plaisir  : sa gloire, la sanctification des âmes, pour qu’elles le servent bien et l’aiment plus encore. Est-ce que le Bon Dieu ne sera pas touché que nous désirions cela, et alors il se penchera sur nous pour nous accorder ce que nous demandons ensuite. Notre pain quotidien, est-ce que ce n’est pas Jésus, le Pain du Ciel  ?<br
/> Pardonnez-nous, comme nous pardonnons. C’est le moment d’oublier toutes nos petites idées méchantes, toutes nos petites rancunes, et alors le Bon Dieu, de son côté, ne se souviendra plus de nos fautes et de nos misères  ; Qu’il ne nous laisse pas succomber à la tentation, c’est-à-dire qu’il nous aide à être fort pour que nous ne trébuchions pas.</p><p>—    Et puis après  ?</p><p>—    Tu regarderas bien Yvon.<br
/> Tu verras. Il fera avec la patène une grand signe de Croix, puis il la glissera sous la Sainte Hostie, qu’il adorera en faisant une grande génuflexion. Au fond de ton cœur, tu adoreras aussi.<br
/> Yvon alors divisera la Sainte Hostie par le milieu, en souvenir de Notre-Seigneur, qui rompit le pain pour le distribuer à ses Apôtres  ; en souvenir aussi de la mort de Notre-Seigneur. Il en détachera une parcelle. Tu sais que Jésus demeure dans chaque partie de l’Hostie, même après qu’elle a été rompue  ?</p><p>—    Bien sûr.</p><p>—    Cette parcelle sera déposée dans le calice et mélangée au Précieux Sang, et, cette fois, ce sera le symbole de la Résurrection de Jésus.<br
/> Pendant qu’il accomplit ces gestes, Yvon dira  : « Que la paix du Seigneur soit avec vous.  » L’enfant  de chœur répondra et nous avec lui  : « Et avec votre esprit.  »<br
/> La paix  ! Crois-tu qu’un cœur paisible, que rien ne trouble, qui ressemble à une belle eau limpide et claire, ne plaira pas à Jésus, quand il y descendra  ?</p><p>Petit Pierre soupire. Tout cela est si simple qu’il peut à peine y croire.</p><p>—    Alors y faut pas dire des grandes, grandes prières  ?</p><p>—    Mais non, mon chéri. Ce n’est pas leur longueur qui fait leur beauté.<br
/> Tu entendras Yvon répéter trois fois  : <span
style="color: #800000;"><strong>Agneau de Dieu</strong></span> qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous…, donnez-nous la paix.<br
/> C’est bien court, et pourtant que veux-tu de plus beau  ?<br
/> L’Agneau de Dieu, c’est Jésus, à qui nous demandons d’avoir pitié de nos misères, de purifier notre cœur, de nous donner la paix.<br
/> Et puis les oraisons se succèdent  ; il y en a deux qui résument tout  : car elles nous demandent de faire un acte de Foi, puisqu’elles commencent par « Seigneur Jésus Fils de Dieu vivant  »  ; … un acte d’espérance et de confiance, puisque nous disons  : « délivrez-moi par votre Corps et votre Sang de toutes mes iniquités et de tous mes maux, faites que je m’attache toujours à vos commandements et ne permettez pas que rien puisse jamais me séparer de vous  ;  » un acte d’humilité, car nous répétons trois fois avec Yvon, en nous frappant la poitrine la belle prière du Centurion : « Seigneur, je ne suis pas digne que vous veniez en moi, mais dites seulement une parole et mon âme sera guérie,  » ce qui signifie  : Je suis bien misérable, mais vous êtes tout-puissant. Rendez mon âme belle et pure, et puis venez.</p><p>—    Et c’est <em>maintenant</em> qu’Il viendra  ?</p><p>—    Oui, mon petit homme.</p><p>Yvon d’abord fera de sa main droite avec la Sainte Hostie le signe de la Croix, puis il la consommera, après avoir dit  : Que le Corps de Notre-Seigneur Jésus-Christ garde mon âme pour la vie éternelle.  » Il demeurera un instant plongé dans son adoration et sa reconnaissance. Alors, avec grand soin, il passera la patène sur le corporal, pour recueillir les parcelles de la Sainte Hostie qui peuvent s’y trouver. Il les fera respectueusement glisser dans le calice et répétera  : « Que le Sang de Jésus-Christ garde mon âme pour la vie éternelle.  » Encore un nouveau signe de Croix avec le calice, puis il boira le Précieux Sang.<br
/> Et nous nous avancerons vers la sainte Table. Tu seras à genoux entre ton papa et moi. Ensemble nous réciterons une nouvelle fois notre <span
style="color: #800000;"><strong>Confiteor</strong></span>, pour demander encore pardon au Bon Dieu de toutes nos fautes, et nous verrons Yvon se tourner vers nous, après avoir ouvert le tabernacle et sorti le Saint Ciboire.</p><p>—    Oh  ! maman, il tiendra pour la première fois la Sainte Hostie avant de nous la donner. Dites, il sera encore plus content que nous  ?</p><p>—    Sûrement, mon chéri. Et songe à tante Jeanne, la maman d’Yvon… Ce que peut sentir une maman ce jour-là  !</p><p>—    Oui, mais il n’y aura pas de papa.</p><p>—    Pas de papa  ! A quoi penses-tu  ? Mais il sera là, bien sûr, bénissant Dieu avec les saints du Ciel  ; seulement nous ne le verrons pas.</p><p>—    C’est vrai. Alors Yvon, qui sait ça mieux que nous, sera heureux tout de même.</p><p>— Le grand bonheur d’Yvon, ce qui pour lui dépasse tout, c’est la grâce de son sacerdoce, cette grâce de dire la Messe, d’administrer les sacrements, de distribuer la sainte Communion.<br
/> Mais, avant de déposer Jésus sur nos lèvres, il dira encore  : « Que le Dieu Tout-Puissant vous fasse miséricorde et qu’après vous avoir pardonné vos péchés, il vous conduise à la vie éternelle.  » Et nous répondrons  : « Ainsi soit-il.  » C’est alors que, levant la Sainte Hostie au-dessus du ciboire, Yvon prononcera les paroles que tu connais bien  : « <em>Ecce Agnus Dei</em>, Voici l’Agneau de Dieu  »… et nous répéterons, comme il le faisait tout à l’heure, en se frappant la poitrine  : « Seigneur, je ne suis pas digne  »…</p><p>—    C’est long d’attendre  !… On voudrait que Jésus soit déjà venu.</p><p>—    Encore deux jours, mon chéri. Yvon s’avancera vers tante Jeanne. C’est à elle qu’il donnera Jésus d’abord, car il n’oublie pas que, la première, elle lui a appris à aimer le Bon Dieu. Et ce sera notre tour. Nous entendrons Yvon répéter à chacun de nous  : « Que le Corps de Notre-Seigneur Jésus-Christ garde ton âme pour la vie éternelle  » et, en retournant à ta place les yeux baissés et les bras croisés, tu rediras à Jésus cette prière  : Oh, oui, gardez-moi bien à Vous, toujours, rien qu’à Vous, jusqu’à la vie éternelle.<br
/> <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/la-sainte-communion/img1p161/" rel="attachment wp-att-6538"><img
class="alignright size-medium wp-image-6538" title="Prière et action de Grâce pour la Première Communion" src="http://www.maintenantunehistoire.fr/wp-content/uploads/2013/03/img1p161-120x300.jpg" alt="Premier communiant priant et rendant grâce " width="120" height="300" /></a>Tandis que tu répéteras au Bon Dieu que tu l’aimes plus que tout, que tu veux lui faire plaisir toujours, tandis que tu le remercieras de tout cœur… Yvon terminera sa Messe.<br
/> Jean et Bernard, qui lui serviront d’enfants de chœur, verseront dans le calice un peu de vin, qu’il consommera.</p><p>—    Mais il ne communie pas encore  ?</p><p>—    Bien sûr que non. Réfléchis. Ce vin-là n’est pas consacré. Il est versé dans le calice pour le purifier,… éviter qu’il y demeure une goutte du Précieux Sang.<br
/> Tu verras Yvon, les doigts posés au-dessus du calice, retourner à gauche de l’autel, pour que ton frère lui verse un peu d’eau et de vin sur les doigts.</p><p>—    C’est aussi pour les purifier, maman, alors  ?…</p><p>—    Parfaitement. Yvon boira de nouveau le contenu du calice. Il s’essuiera les lèvres et ensuite il essuiera le calice avec le purificatoire.<br
/> Ces gestes s’appellent les <em><strong><span
style="color: #800000;">Ablutions</span></strong></em>.<br
/> En les accomplissant, le prêtre remercie Dieu par ces paroles si connues et si belles, et quelques autres encore presque semblables  : « Faites, Seigneur, que nous conservions dans un cœur pur le sacrement que notre bouche a reçu, et que le don qui nous est fait dans le temps nous soit un remède pour l’éternité.  »<br
/> Après avoir recouvert du voile les vases et les linges sacrés,  Yvon dira l’antienne qui porte dans ton paroissien le nom de <em><strong><span
style="color: #800000;">Communion</span></strong></em>, et une ou plusieurs oraisons appelées <strong><em><span
style="color: #800000;">Postcommunion</span></em></strong>. Elles ont pour but l’action de grâce, la reconnaissance. Yvon se retournera encore.<br
/> « Le Seigneur soit avec vous.  »<br
/> « Et avec votre esprit.  »<br
/> « Allez… la Messe est dite.  »<br
/> « Rendons grâces à Dieu.  »<br
/> Comme ce sera facile, n’est-ce pas, de remercier, de rendre grâces, après de pareils dons de Dieu  !<br
/> Oh  ! oui, dit seulement petit Pierre convaincu.<br
/> Une dernière fois, Yvon s’inclinera au milieu de l’autel  ; dans une fervente prière, il demandera que le Sacrifice qu’il a offert à la divine Majesté soit favorablement accueilli, et puis il nous bénira au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.<br
/> Il récitera à droite de l’autel le dernier Évangile, qui est presque toujours celui de saint Jean. L’Apôtre parle d’abord magnifiquement des grandeurs du Verbe, c’est-à-dire du Fils de Dieu, et puis rappelle comment Il est descendu en ce monde, qui était dans les ténèbres du péché, et s’est fait homme pour nous sauver. Saint Jean dit encore  : « Il a habité parmi nous.  » Il y habite toujours  ; Il reste dans le sacrement de l’Eucharistie et, quand nous communions, Il habite dans notre cœur. Tu lui demanderas de rester avec toi toujours, n’est-ce pas  ?<br
/> Et puis… ce sera fini. Yvon aura dit sa première Messe, et tu auras communié pour la première fois.</p><p>Petit Pierre passe le bras autour du cou de maman, appuie la tête sur son épaule… et reste là sans rien dire… Il pense… qu’il y a encore deux jours… avant  !</p> Thèmes : <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/category/1-livres/a-la-decouverte-de-la-liturgie-avec-bernard-et-colette/" title="À la découverte de la liturgie avec Bernard et Colette" rel="tag">À la découverte de la liturgie avec Bernard et Colette</a>, <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/tag/ablution/" title="Ablution" rel="tag">Ablution</a>, <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/tag/agneau-de-dieu/" title="Agneau de Dieu" rel="tag">Agneau de Dieu</a>, <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/tag/agnus-dei/" title="Agnus Dei" rel="tag">Agnus Dei</a>, <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/tag/communion/" title="Communion" rel="tag">Communion</a>, <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/tag/confiteor/" title="Confiteor" rel="tag">Confiteor</a>, <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/category/2-auteurs/par-un-groupe-de-peres-et-de-meres-de-familles/" title="Par un groupe de pères et de mères de familles" rel="tag">Par un groupe de pères et de mères de familles</a>, <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/tag/pater/" title="Pater" rel="tag">Pater</a>, <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/tag/postcommunion/" title="Postcommunion" rel="tag">Postcommunion</a>, <a
href="http://www.maintenantunehistoire.fr/tag/premiere-communion/" title="Première communion" rel="tag">Première communion</a><br
/> ]]></content:encoded> <wfw:commentRss>http://www.maintenantunehistoire.fr/la-sainte-communion/feed/</wfw:commentRss> <slash:comments>0</slash:comments> <series:name><![CDATA[À la découverte de la liturgie]]></series:name> </item> </channel> </rss>
<!-- Dynamic page generated in 2.391 seconds. -->
<!-- Cached page generated by WP-Super-Cache on 2013-05-25 14:18:51 -->

<!-- Compression = gzip -->