Catégorie : 2 *** LES AUTEURS ***

Luc­ques, la cité guer­riè­re du Moyen Âge, tour à tour déchi­rée par les fac­tions, oppri­mée par les tyrans, atta­quée par des répu­bli­ques voi­si­nes, Luc­ques, la puis­san­te riva­le de Pise, était, à cet­te heu­re, cal­me et paci­fi­que. Les armes avaient été dépo­sées pour quel­ques jours ; les por­tes de la cité res­taient ouver­tes ; les tours qui la défen­dent demeu­raient silen­cieu­ses. C’était la nuit de Noël ; Noël, nuit mer­veilleu­se, où l’Enfant-Dieu est né dans une éta­ble, où les anges du ciel sont venus annon­cer la paix à la ter­re et la rédemp­tion à l’humanité.

Toscane - récit de Noël - Sainte Zite

La nei­ge était tom­bée tout le jour. Elle avait blan­chi les col­li­nes ondu­leu­ses qui cou­ron­nent la cité ; elle avait jeté ses flo­cons épais sur les toits des vieux palais ; elle s’était amon­ce­lée dans les rues étroi­tes. Enve­lop­pée com­me d’un voi­le blanc, la vil­le res­sem­blait à une vier­ge inno­cen­te et pure qui s’approche de l’autel. Mal­gré le vent gla­cé qui mugis­sait, la fou­le, pro­té­gée par d’épais man­teaux, s’en allait à l’église par ban­des joyeu­ses ; elle sem­blait répon­dre à l’invitation des pro­phè­tes : « Réjouis-​toi, fille de Sion ; tres­saille d’allégresse, fille de Jérusalem…Voilà le Sei­gneur qui va venir avec tout le cor­tè­ge des saints. » Valeu­reux guer­riers, riches bour­geois, indus­trieux mar­chands, tous avaient fait trê­ve, pour quel­ques heu­res, à leurs lut­tes, à leurs affai­res, à leurs plai­sirs.

Zite, une pau­vre ser­van­te, a enten­du, du fond du palais où elle sert, les joyeux échos de ces bruits paci­fi­ques. Fleur des mon­ta­gnes trans­plan­tée dans la cité, elle a appor­té dans la demeu­re de ses maî­tres le doux par­fum du lieu natal. Elle est si pure que sa modes­te cham­bre est, dit-​on, illu­mi­née de clar­tés céles­tes : si cha­ri­ta­ble que, pour répa­rer les impru­den­ces de sa géné­ro­si­té, Dieu, plus d’une fois, a dû venir à son secours. Son angé­li­que pié­té l’a ren­due chè­re à ses maî­tres pieux. Ils en ont fait la dis­pen­sa­tri­ce de leurs aumô­nes : les pau­vres se sont suc­cé­dé au seuil du palais, pour rece­voir de ses mains vir­gi­na­les le pain qui nour­rit et le vête­ment qui réchauf­fe. Aux lar­ges­ses de ses maî­tres, elle a vou­lu ajou­ter les sien­nes et fai­re l’aumône de sa pau­vre­té. Zite a tout dis­tri­bué, jusqu’à ses pro­pres vête­ments d’hiver. Conti­nuer la lec­tu­re La nuit de Noël et le maî­tre de sain­te Zite

Allègre, Auguste-Apollinaire Autres textes

Et pour­tant, que de bel et bon tra­vail il fait ! Voyons d’abord la fameu­se Mis­sion dont il se dit « le prê­tre indi­gne ». C’est une sin­gu­liè­re orga­ni­sa­tion, à la véri­té. Les mis­sion­nai­res de M. Vin­cent arri­vent dans un dio­cè­se, dans une Pro­vin­ce ; ils deman­dent à l’évêque ses ordres, puis ils débar­quent dans la parois­se qui leur est fixée, avec un cha­riot où ils ont entas­sé leurs hum­bles affai­res et leur mobi­lier. Ils s’installent…

Conti­nuer la lec­tu­re Mon­sieur Vin­cent – La fon­da­tion des Filles de la Cha­ri­té

Monsieur Vincent Saint-Pierre, Michel de

Un peu plus tard, ayant quit­té les Gon­di, et deve­nu curé de Châtillon-​​les-​​Dombes, M. Vin­cent pour­sui­vit sa lut­te arden­te et sans répit contre le désor­dre des mœurs et l’indifférence reli­gieu­se. Il put aus­si com­men­cer la réfor­me du cler­gé. Son apos­to­lat, qui tou­chait si vite et si bien le peu­ple, s’étendit éga­le­ment à la nobles­se du pays. Vin­cent de Paul eut enco­re là, pour lut­ter contre l’absurde cou­tu­me du duel qui fai­sait…

Conti­nuer la lec­tu­re Saint Vin­cent de Paul, aumô­nier des galè­res

Monsieur Vincent Saint-Pierre, Michel de

Histoires à raconter le soir - Saint Vincent de Paul

De Rome, Vin­cent par­tit pour Paris — et il y alla avec une mis­sion. Le pape Paul V, en effet, lui avait confié, à lui, jeu­ne prê­tre enco­re incon­nu, un mes­sa­ge oral et secret pour le roi de Fran­ce Hen­ri IV lui-​même. Nous ne savons pas exac­te­ment quel­le était cet­te mis­sion. Cer­tains his­to­riens croient qu’il s’agissait de pré­pa­rer la Cour de Fran­ce à un maria­ge espa­gnol, dans le but de rap­pro­cher les nations catho­li­ques. Quoi qu’il en fût, Vin­cent de Paul et Hen­ri IV se plu­rent : le roi appré­cia l’équilibre et la vigueur de ce prê­tre, fils de pay­san — et Vin­cent était tout dis­po­sé à aimer, dans Hen­ri, le Béar­nais ami du peu­ple qui vou­lait que les peti­tes gens de son royau­me eus­sent, le diman­che, la pou­le au pot.

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Peu après cet­te ambas­sa­de — sur laquel­le Vin­cent devait gar­der le secret — le jeu­ne prê­tre fut nom­mé aumô­nier de la rei­ne Mar­got…

Cet­te sou­ve­rai­ne avait connu un curieux des­tin. C’était la fille d’Henri II et de Cathe­ri­ne de Médi­cis. Et sa mère l’avait mariée contre son gré à Hen­ri de Navar­re, deve­nu depuis lors, nous l’avons vu, Hen­ri IV. Or, le roi de Fran­ce avait obte­nu l’annulation de son maria­ge — en sor­te que Mar­got était deve­nue « rei­ne sans cou­ron­ne ». Conti­nuer la lec­tu­re Saint Vin­cent de Paul à la cour du roi

Monsieur Vincent Saint-Pierre, Michel de

Vie de Saint Vincent de Paul pour le catéchisme

Histoire à raconter au coin du feu, naissance de Saint Vincent de PaulVin­cent de Paul naquit en Gas­co­gne, à Pouy — près de Dax — le 24 avril 1581. A vrai dire, aucun docu­ment reli­gieux ni civil ne nous a jamais ren­sei­gné sur l’année de sa nais­san­ce. Mais Vin­cent lui-​même devait plus tard, à dou­ze repri­ses dif­fé­ren­tes, pré­ci­ser son âge dans des let­tres que l’on a conser­vées, et nous l’en croyons sur paro­le.

Mal­gré la par­ti­cu­le, l’enfant n’était pas de famil­le noble. Il y avait à Pouy un ruis­seau qu’on appe­lait Paul, et, selon l’usage de cet­te épo­que, la famil­le qui vivait près de là fut appe­lée « de Paul ». Vin­cent a d’ailleurs tou­te sa vie signé « Depaul » en un mot.

Ses parents avaient quel­que bien, mais ils étaient de petits pay­sans. Le père, Jean de Paul, boi­tait — ce qui ne l’empêchait pas de tra­vailler avec achar­ne­ment, avec âpre­té. Il finit d’ailleurs par élar­gir son modes­te domai­ne, et deve­nir pro­prié­tai­re de plu­sieurs fer­mes. Mais en atten­dant, ses six enfants (qua­tre gar­çons et deux filles) beso­gnè­rent dur pour aider leurs parents. Vin­cent, le futur saint, vint au mon­de le troi­siè­me.

De très bon­ne heu­re, il gar­da les bre­bis, les vaches et les pour­ceaux de son père. Il devait le rap­pe­ler plus tard, affir­mant sans aucu­ne hon­te qu’il était « un pau­vre por­cher de nais­san­ce ». Pieux, il lui arri­vait fré­quem­ment, dit-​on, d’aller prier sous un chê­ne auprès de la mai­son de ses parents. Les lieux où s’écoula son enfan­ce étaient situés au bord du fleu­ve l’Adour : ter­res bas­ses que les eaux recou­vraient deux fois par an. Le sol en était mai­gre ; il y pous­sait du sei­gle et un peu de millet. Aux sai­sons plu­vieu­ses, des mares y stag­naient — en sor­te que le petit ber­ger devait sur­veiller son trou­peau du haut de ses échas­ses, affron­tant le vent mouillé.

Récit pour le caté - Les soeurs de saint Vincent de Paul à la soupeCom­me le curé d’Ars, Vin­cent de Paul eut une enfan­ce à la fois libre et rude. Et com­me lui, lorsqu’il était ren­tré à la mai­son, il n’était pas pré­ci­sé­ment gâté : dor­mant non loin de l’étable des bêtes qui n’était sépa­rée de la mai­son des hom­mes que par une min­ce cloi­son de plan­ches…

Quant aux repas fami­liaux, il les décri­ra plus tard en quel­ques mots : « Au pays dont je suis, on est nour­ri d’une peti­te grai­ne appe­lée millet que l’on met à cui­re dans un pot ; à l’heure du repas, elle est ver­sée dans un vais­seau, et ceux de la mai­son vien­nent autour, pren­dre leur réfec­tion, et après, ils vont à l’ouvrage. »

De même, il bros­se­ra un tableau vivant et sim­ple de la vie que menaient ses pro­pres sœurs à la cam­pa­gne : « Reviennent-​elles à la mai­son pour pren­dre un mai­gre repas, las­sées et fati­guées, tou­tes mouillées et crot­tées, à pei­ne y sont-​elles, si le temps est pro­pre au tra­vail ou si leurs père et mère com­man­dent de retour­ner, aus­si­tôt elles s’en retour­nent, sans s’arrêter à leur las­si­tu­de et sans regar­der com­me elles sont agen­cées. » Conti­nuer la lec­tu­re Mon­sieur Vin­cent : de Dax à Paris

Monsieur Vincent Saint-Pierre, Michel de