Catégorie : Quelques fêtes de saints

La dis­cus­sion avait l’air sérieu­se entre Pier­re et Solan­ge, ce soir-​là. Que complotaient-​ils donc en ren­trant de l’école ?

Chapeau de la sainte Catherine, Catherinette« Demain, c’est la « Sain­te Cathe­ri­ne », disait Solan­ge. Suzy m’a mon­tré le bon­net qu’elle a fait pour Jean­ne. Il est très beau. C’est une cas­se­ro­le en soie rose, avec des ciseaux fen­dus aux extré­mi­tés de la queue et un mètre de ruban pour nouer sous le men­ton.

— Crois-​tu que Jean­ne sera conten­te de la fête de demain ? Depuis quel­que temps elle est si tris­te. Je me deman­de pour­quoi ?

— Eh bien ! moi, je crois avoir com­pris. Te souviens-​tu du jour où Mada­me Dubuis est venue à la mai­son ?

— Il y a un mois. Oui, eh bien ?

— Quand je suis ren­trée à l’école, Jean­ne avait les yeux rou­ges. Elle venait de pleu­rer. Depuis ce jour-​là, elle est tris­te.

— Com­ment Mada­me Dubuis, si bon­ne, a-​t-​elle pu lui fai­re de la pei­ne ?

— Je vais te dire quel­que cho­se ; mais tu ne le répé­te­ras pas. Tu le pro­mets ?

— Com­me si les gar­çons étaient des bavards ! Enfin, puis­que tu le veux, je pro­mets. »

Solan­ge s’approcha plus près, com­me si elle crai­gnait d’être enten­due.

« Tu connais Geor­ges ?

— Le fils de Mada­me Dubuis ? Bien sûr, il n’y en a pas deux com­me lui pour fabri­quer des sif­flets de châ­tai­gnier.

— Eh bien ! je crois que Mada­me Dubuis venait chez nous pour deman­der à Jean­ne si elle vou­lait être la fem­me de Geor­ges.

— Oh ! ce serait chic ! Et tu crois que Jean­ne a dit non ? Conti­nuer la lec­tu­re Le bon­net servira-​​t-​​il ?

Et maintenant une histoire II Quelques fêtes de saints

Ah ! ma Mère !…

— Quoi donc, ma Sœur ? »

La jeu­ne reli­gieu­se est navrée : com­ment dire la cho­se à « Notre Mère » ?

« Ah ! ma Mère !… »

Jeanne Jugan, Mère superieur et fondatrice des soeurs des pauvresA son bureau, la Supé­rieu­re des Peti­tes Sœurs des Pau­vres s’inquiète :

« Un mal­heur est-​il arri­vé, Sœur Cathe­ri­ne ?

— Un grand mal­heur, oui, ma Mère.

— Mais enco­re ?

— Bayard, ma Mère…

— Bayard ?… Qu’a-t-il fait ?

— Il est mort. »

Bayard, c’était le vieux che­val noir des Peti­tes Sœurs. On l’attelait cha­que jour à la car­rio­le et, « fouet­te cocher », — Sœur Cathe­ri­ne s’en allait de por­te en por­te avec son grand sac :

« Bon­jour, Mada­me la frui­tiè­re ; avez-​vous quel­que cho­se pour nos chers vieux, ce matin ?

— Mais oui, ma Sœur : voi­ci trois choux. »

A côté, c’était une piè­ce jau­ne ou un billet, ailleurs des pom­mes de ter­re, ou un savon à bar­be ; un mor­ceau de vian­de chez le bou­cher, des légu­mes au mar­ché, du bou­din à la char­cu­te­rie… Et la car­rio­le, cha­que midi, ren­trait plei­ne. Et les Peti­tes Sœurs ravies disaient : « Saint Jose­ph est bon : nos cinq cents vieillards man­ge­ront enco­re demain ». Conti­nuer la lec­tu­re Trom­pet­te, che­val de cava­le­rie

Dardennes, Rose Et maintenant une histoire II Quelques fêtes de saints

Catéchisme : récit de menuiserie pour la fête de Saint JosephIl pleu­vait depuis bien­tôt trois jours, mais cela n’empêchait point Tho­mas, Jac­ques et Mathieu, les trois appren­tis du sieur Bille, maî­tre ébé­nis­te en la com­mu­ne d’Auteuil-en-Parisis, d’avoir la joie au cœur. La fête de l’illustre cor­po­ra­tion des Arti­sans Charpentiers-​Menuisiers-​Ebénistes était pro­che. On la célé­bre­rait le len­de­main avec tout l’éclat accou­tu­mé. Pour les trois jeu­nes gar­çons qui, depuis trois ans, œuvraient en appren­tis­sa­ge sous la direc­tion de Maî­tre Bille, cet­te jour­née était d’importance. Ils allaient pré­sen­ter à Mes­sieurs les Syn­dics de la Cor­po­ra­tion leurs « chefs-d’œuvre ». Une accep­ta­tion ou un refus, et nos trois appren­tis se voyaient accé­der à la digni­té de « com­pa­gnons », ou bien ils demeu­raient enco­re, au moins pour une année, d’humbles appren­tis sans gages ni renom.

Pour l’heure, Tho­mas, Jac­quot et Mathieu s’appliquaient avec entrain, sous l’œil de Maî­tre Bille, à orner la bou­ti­que de tou­tes sor­tes de guir­lan­des fleu­ries et de jolies ver­du­res.

* * *

coiffeuse louis xv poudreuse Enfin, sur le coup de cinq heu­res, tout fut bien asti­qué, ser­ré et ordon­né. Au dehors, la pluie tom­bait tou­jours. On était à la mi-​mars, et le prin­temps, en cet­te année 1784, sem­blait déci­dé­ment vou­loir se fai­re dési­rer.

C’était alors la tra­di­tion que cha­que appren­ti avant de deve­nir com­pa­gnon, puis plus tard cha­que com­pa­gnon avant de deve­nir patron, pré­sen­te à la cor­po­ra­tion à laquel­le il appar­te­nait un modè­le de tra­vail exé­cu­té exclu­si­ve­ment par lui et qu’on appe­lait « le chef-d’œuvre »

« Eh bien ! vite, s’exclama Maî­tre Bille, montrez-​moi main­te­nant les mer­veilles que vous avez conçues, mes petits, et qui, je n’en veux point dou­ter, feront l’honneur de ma devan­tu­re. »
Fort ému, cha­cun des appren­tis dépo­sa devant son patron la boî­te ver­nis­sée conte­nant son chef-d’œuvre. Tho­mas, le pre­mier, ouvrit la sien­ne. Il en sor­tit une ravis­san­te peti­te table coif­feu­se à deux corps de mar­que­te­rie à la rose, pou­vant conte­nir en ses innom­bra­bles peti­tes cases tant de par­fums et de coli­fi­chets… de quoi fai­re pâmer d’aise la plus enra­gée coquet­te,

« Voi­là qui est fort joli et bien condi­tion­né, approu­va sin­cè­re­ment Maî­tre Bille. Ajouterais-​je que tu as gran­de­ment Conti­nuer la lec­tu­re Le mira­cle de Mes­si­re Jose­ph

Des Brosses, Jean Et maintenant une histoire II Quelques fêtes de saints

Sainte Catherine

La Sain­te Cathe­ri­ne à Jager­nault, le 25 novem­bre, avait tou­jours, de mémoi­re d’homme, été bel­le­ment fêtée. Tou­tes les demoi­sel­les du pays qui avaient eu leurs vingt-​cinq ans dans l’année étaient seules admi­ses à venir coif­fer et fleu­rir la sain­te.

Elles étaient sept, cet­te année-​là, sept bel­les jeu­nes filles qui sem­blaient aus­si déci­dées qu’elles étaient fraî­ches et accor­tes : c’étaient Lise et Made­lei­ne, Ber­ni­ne et Javot­te, la gran­de Lino­let­te, et Pacau­de et Ginet­te.

Histoire pour la catéchèse des adolescents - Chapeau de la Sainte Catherine
Sta­tuet­te en bois sculp­té et poly­chro­me, épo­que XVIII° : Ste Cathe­ri­ne d’Alexandrie.

Made­moi­sel­le Emé­ren­tien­ne, La gou­ver­nan­te de Mon­sieur le Curé de Jager­nault, les avait réunies ce dimanche-​là après les vêpres, pour s’assurer de leur concours et les exhor­ter à fai­re bien les cho­ses. Mais, à son grand scan­da­le, elle se heur­ta à un refus.

« Or, ça, dit Lise d’un ton net, je n’en ferai rien cet­te année.

– Moi de même », dit Made­lei­ne.

« Ne comp­tez pas sur nous non plus », s’écrièrent à la fois Ber­ni­ne et Javot­te.

« Il me sera impos­si­ble de venir », dit Lino­let­te.

Et Pacau­de et Ginet­te par­lè­rent de même.

« Qu’est-ce que cela signi­fie ? Perdez-​vous la tête ? » s’écria Made­moi­sel­le Emé­ren­tien­ne, confon­due.

Les sept filles bais­sè­rent le nez en pre­nant un air buté.

« C’est peut-​être la crain­te de res­ter filles qui vous fait hési­ter ? » deman­da Made­moi­sel­le Emé­ren­tien­ne.

« Que non, dirent les filles, nous savons bien que, coif­fant ou non sain­te Cathe­ri­ne, nous som­mes assez ave­nan­tes et jolies pour Conti­nuer la lec­tu­re Les 7 bon­nets de sain­te Cathe­ri­ne

Et maintenant une histoire II Lauriot-Prévost, Suzanne Quelques fêtes de saints

Sainte Jeanne d’Arc

Sur le rem­part qui s’avançait en bor­du­re de la Loi­re jusqu’aux avant-​postes enne­mis, Loïs, tapi der­riè­re un cré­neau, regar­dait son­geur l’énorme pont défen­du par le fort des Tou­rel­les, la plus redou­ta­ble bas­tille des Anglais.

Était-​ce là que, demain, s’affronteraient hom­mes d’armes et archers pour libé­rer la vil­le d’Orléans dont les Anglais occu­paient les forts exté­rieurs ?

Histoire des saints pour les enfants - Sainte Jeanne d'ArcSou­dain, Loïs tres­saillit. Tou­te menue sous son armu­re de guer­re, une ombre se dres­sait non loin de lui sur les cré­neaux, insou­cieu­se des flè­ches anglai­ses.

La jeu­ne fille était seule, et Loïs, qui l’aurait recon­nue entre mil­le, la regar­dait s’approcher en rete­nant son souf­fle. Tout à coup, il l’entendit sou­pi­rer tout haut tan­dis que ses yeux se rem­plis­saient de lar­mes :

« Las ! las ! mon doux Sei­gneur, faudra-​t-​il donc ici com­bat­tre et ver­ser le sang chré­tien ? Ces hom­mes n’entendront-ils donc pas votre voix ? Ah ! si je pou­vais trou­ver mes­sa­ger capa­ble de tou­cher leur cœur !

— J’irai, moi, si vous vou­lez… »

Sor­tant brus­que­ment de sa cachet­te, l’enfant venait de met­tre un genou en ter­re devant Jean­ne d’Arc, la jeu­ne Lor­rai­ne.

« Toi, petit ? Mais Conti­nuer la lec­tu­re Mis­sion de nuit

Bernard, Jean Et maintenant une histoire II Quelques fêtes de saints