Catégorie : Fêtes de la Vierge

Soeurs-MissionnairesUne his­toi­re vraie ? En voi­ci une tou­te sim­ple et jolie, qui nous fut contée par une des Sœurs Missionnaires-​Catéchistes d’Ali­ce Munet. Une de ces Sœurs blan­ches au cal­me et lumi­neux sou­ri­re, dont la vie est vouée au salut des Noirs.

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O Vier­ge, com­me vous êtes mater­nel­le, pour vos enfants de la ter­re…

Le soir tom­bait. Un peu de vent se leva dans les pal­mes…

Le vil­la­ge, tout cal­me, se repo­sait au bord de l’oasis. Les trou­peaux, len­te­ment, s’en venaient boi­re à la sour­ce, plon­geant leurs naseaux alté­rés dans l’eau vive. Les pâtres atten­daient, les yeux fixés sur l’horizon, d’un rose-​feu. L’heure était plei­ne de grâ­ce.

Missionnaires dans un village d'AfriquePlei­ne de grâ­ce… Sou­ri­re de la ter­re. Et sou­ri­re du ciel. Les Pères venaient d’arriver, en tour­née de mis­sion, dans ce vil­la­ge aux confins du désert, et non évan­gé­li­sé enco­re. Quel­ques indi­gè­nes se grou­paient autour des robes blan­ches.

Les por­teurs de la mis­sion, accrou­pis autour d’un feu de len­tis­ques, pré­pa­raient le repas du soir. Pour les Pères, ils son­geaient à dis­pen­ser la Bon­ne Nou­vel­le, la paro­le de Dieu, le pain des âmes. Et déjà, pour que leur pas­sa­ge soit fécond, ils le confiaient à la Vier­ge, Mère de tou­te grâ­ce. Le cha­pe­let aux doigts, ils égre­naient des Ave, sous le ciel rose et pur.

Au bruit des Ave, une vieille Noi­re Conti­nuer la lec­tu­re Sain­te Marie

Et maintenant une histoire II Fêtes de la Vierge Solhac, Claude

La cour du roi d’Aragon était en gran­de lies­se, car on fêtait aujourd’hui le quin­ziè­me anni­ver­sai­re du fils du roi : le prin­ce Josia­no.

Couleurs des princes d'Aragon - toison d'orC’était un grand gar­çon, min­ce et sou­ple, dont la dou­ceur n’excluait ni la vaillan­ce ni l’adresse. Ain­si, le jour même, en plu­sieurs jeux et com­bats, il avait fait triom­pher l’étendard d’Aragon à raies rou­ges sur fond or. Main­te­nant, dans la lice, c’était une somp­tueu­se caval­ca­de de sei­gneurs aux che­vaux super­be­ment capa­ra­çon­nés.

Mais sou­dain, fen­dant la fou­le, un cava­lier arri­va au tri­ple galop, sau­ta à ter­re et, tout hale­tant enco­re de sa cour­se, s’agenouilla aux pieds du roi en lui ten­dant un mes-​sage.

Ce der­nier fron­ça les sour­cils en pre­nant connais­san­ce de la let­tre, puis, se levant, il fit un ges­te ; immé­dia­te­ment la fête s’interrompit. Alors, dans le silen­ce angois­sé qui pla­na sou­dain, le roi prit la paro­le :

« Mes amis, une bien tris­te nou­vel­le vient de m’être man­dée : il nous faut inter­rom­pre tou­tes réjouis­san­ces. Voi­ci l’affaire : Astorg de Pey­re, notre vas­sal, qui vit au sein des mon­ta­gnes du Gévau­dan, s’est révol­té contre nous. Il a levé une armée sur ses ter­res et, fran­chis­sant riviè­res et mon­ta­gnes, s’en est allé atta­quer la cita­del­le de Grè­zes où rési­de le vaillant Hugues, qui gou­ver­ne en mon nom. Ce der­nier, voyant le dan­ger, m’a dépê­ché ce mes­sa­ger, mais des semai­nes se sont écou­lées pour que me par­vien­ne l’appel du fidè­le Hugues. Qu’en est-​il à pré­sent de la cita­del­le de Grè­zes ? »

Un mur­mu­re pas­sa sur la fou­le conster­née, et le roi se tour­na vers le prin­ce Josia­no.

« Mon fils, les affai­res du royau­me me retien­nent ici, mais tu es d’âge à guer­royer : demain, au petit jour, tu par­ti­ras à la tête de nos che­va­liers et de nos archers pour déli­vrer Hugues et la cita­del­le de Grè­zes. »

Devant cet­te preu­ve de confian­ce, le visa­ge du prin­ce s’illumina.

« Je vous remer­cie, mon père.

— Va, conti­nua le roi, dès ce soir, il faut fai­re tes adieux à ta mère. »

Lors­que Josia­no entra chez sa mère, celle-​ci, déjà pré­ve­nue de la dan­ge­reu­se mis­sion confiée à son fils, était en lar­mes ; mais devant le jeu­ne hom­me, cou­ra­geu­se­ment, elle refou­la ses pleurs.

« Adieu, mon fils, dit-​elle en met­tant sa main sur les bou­cles bru­nes du gar­çon. Et n’oublie pas, cha­que jour, de prier Notre-​Dame afin qu’elle te pro­tè­ge. »

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Le len­de­main, dès l’aube, la colon­ne se mit en mar­che Conti­nuer la lec­tu­re Notre-​​Dame de la pri­son

Et maintenant une histoire II Fêtes de la Vierge Tanou

Notre-​Dame

 

Histoire dévotion à Marie - Le sansonnet qui chante l'Ave MariaLors­que Tony, le vieux ber­ger, par­tait pour la sai­son d’été vers l’alpage où il menait paî­tre tou­tes les chè­vres du hameau, il emme­nait avec lui son chien « Patou » et « Can­zo­net », le petit san­son­net qu’il avait appri­voi­sé.

Tony l’avait recueilli avec ses frè­res, alors qu’ils n’étaient que de pau­vres oise­lets, que des gamins avaient jetés hors du nid mater­nel. Can­zo­net, le plus robus­te, avait vécu, grâ­ce aux bons soins du ber­ger et aux miet­tes de pain trem­pées dans du lait dont celui-​ci le gavait à l’aide d’un petit bâton. Il était deve­nu un joli san­son­net appri­voi­sé, très atta­ché à son maî­tre et très doué pour le chant.

Durant ses lon­gues heu­res de liber­té, Tony, avec une patien­ce inlas­sa­ble, lui avait appris, à l’aide de son pipeau, tou­tes sor­tes d’airs mon­ta­gnards et de can­ti­ques. Mais celui que Can­zo­net sif­flait le mieux et avec le plus de plai­sir, tout com­me son maî­tre d’ailleurs, c’était : Conti­nuer la lec­tu­re Le petit oiseau de l’Ave Maria

Alençon, M. d’ Et maintenant une histoire II Fêtes de la Vierge

Rosaire

Du bon usage du chapelet - Vierge à l'Enfant qui donne un Rosaire à deux enfants
Vier­ge à l’Enfant qui don­ne un Rosai­re à deux enfants

Oui, cla­me Jac­que­li­ne indi­gnée, je l’ai enten­du !

– Que disait-​il, enfin ?

– Il s’était dis­pu­té avec Michel Bou­gre qui vou­lait pro­fi­ter de son agi­li­té pour l’envoyer grim­per au noyer. Michel était par­ti en bou­gon­nant, et le petit « Noir » a dit entre ses dents : « Li méchant boy ; mais moi pren­dre mitraillet­te, et pan-​pan-​pan !… li deve­nir bon ! »

Ghis­lai­ne et Pau­let­te sont affo­lées :

« Une mitraillet­te ! Il va le tuer !

– Il ne sem­ble pour­tant pas méchant, ce petit », mur­mu­re Odet­te.

Il a même l’air fort gen­til, Jose­ph, authen­ti­que négrillon, débar­qué avant-​hier au vil­la­ge avec le Père Duches­ne reve­nu voir sa vieille maman. Le mis­sion­nai­re – un gars du pays qui fut à l’école avec tous les papas des enfants d’aujourd’hui, et arri­ve droit d’Afrique – était joyeu­se­ment atten­du par tout le petit mon­de de Rive­clai­re, friand d’histoires de nègres et de sor­ciers… Mais quand on le vit accom­pa­gné de son boy Jose­ph, ce fut du déli­re : cha­cun vou­lait voir et appro­cher ce petit noir en chair et en os, avec des che­veux cré­pus, un nez épa­té, des yeux mali­cieux et des dents écla­tan­tes de blan­cheur dans sa figu­re cho­co­lat. Bien­tôt s’engagèrent des conver­sa­tions déso­pi­lan­tes, en un impaya­ble fran­çais ponc­tué de rires sono­res… puis ce furent, avec les gar­çons, des par­ties de cache-​cache et de bal­le au camp, sous l’œil envieux Conti­nuer la lec­tu­re Une fameu­se mitraillet­te

Dardennes, Rose Et maintenant une histoire II Fêtes de la Vierge

Notre-​Dame

Pen­dant des siè­cles et des siè­cles, jusqu’à ce qu’une main pro­fa­na­tri­ce la détrui­sit en 1793, sous la Ter­reur, on véné­rait dans une très vieille cha­pel­le, à La Saul­ne­rie, en Tar­de­nois, non loin de Reims, en Cham­pa­gne, une sin­gu­liè­re sta­tue de la Vier­ge. Cet­te sta­tue por­tait, pro­fon­dé­ment enfon­cé dans le genou gau­che, un bizar­re trait de fer, long d’une ving­tai­ne de pou­ces. On l’appelait « la Sar­ra­si­ne », mais nul ne savait trop pour­quoi.

La tou­te récen­te décou­ver­te d’une ancien­ne légen­de cham­pe­noi­se vient enfin de don­ner le fin mot de cet­te his­toi­re bien mal connue. Elle méri­te d’être contée. Je vais donc, ici, vous la dire.

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embarquement pour la croisade à Aigues-MortesC’était en l’an 1249. A cet­te épo­que, sous la ban­niè­re aux fleurs de lys de Fran­ce, à la sui­te du très saint roi Louis IX, com­tes et barons d’Anjou, de Cham­pa­gne ou de Poi­tou, ducs, vida­mes ou sim­ples sires d’Auvergne et de Nor­man­die, des Flan­dres, d’Artois ou de Lor­rai­ne, tous grands sei­gneurs ou petit prin­ces par­ti­rent pour le loin­tain Orient.

Cet­te sep­tiè­me Croi­sa­de s’était embar­quée le 25 août 1248 du port d’Aiguës-Mortes, dans le gol­fe du Lion, récem­ment acquis par saint Louis, pré­ci­sé­ment pour que l’expédition chré­tien­ne par­tit d’un port fran­çais.

Une Croi­sa­de n’était pas une min­ce entre­pri­se, hâti­ve­ment condui­te et bien­tôt ter­mi­née. Les armées s’ébranlaient pour plu­sieurs années et, avec elles, une fou­le consi­dé­ra­ble de très hum­bles gens ne por­tant ni heau­mes, ni ban­niè­res, mais, tout modes­te­ment, les outils de leur état : enclu­mes des for­ge­rons ou pics des bâtis­seurs, draps et ciseaux des fai­seurs d’habits, pétrins et fours des bou­lan­gers, char­mes et houes des labou­reurs… Ne fallait-​il pas, pour tant de gens s’exilant par delà les mers en des lieux par avan­ce hos­ti­les, pré­voir qu’ils ne devraient comp­ter que sur eux-​mêmes ?

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Or, c’est ain­si qu’à la sep­tiè­me Croi­sa­de se trou­va entraî­né, dans la trei­ziè­me année de son âge, Thi­baut, de La Saul­ne­rie, en Tar­de­nois, fils d’un hum­ble save­tier. Son père, que le sire de Mont­mi­rail avait enga­gé dans l’expédition, s’était vu contraint, étant veuf, d’emmener avec lui son fils dans la gran­de aven­tu­re. Thi­baut, au prin­temps 1249, débar­quait en Égyp­te, le roi Louis ayant choi­si ce pays pour y lan­cer ses pre­miers assauts.

Saint Louis - DamietteIl y eut d’abord un grand suc­cès, puis­que les Croi­sés, pres­que sans coup férir, purent s’emparer de Damiet­te.

Ah ! que Thi­baut trou­vait donc alors la Croi­sa­de, en même temps que la plus sain­te cho­se, assu­ré­ment, la plus agréa­ble aus­si qui se pût conce­voir en ce mon­de ! On bour­lin­guait sur des flots magni­fi­ques, on décou­vrait des pays d’or et d’azur, d’où les enne­mis s’enfuyaient, aban­don­nant d’inestimables tré­sors entre les mains de leurs vain­queurs.

Tous étaient très bons pour Thi­baut, depuis les plus grands chefs, tel le Séné­chal de Fran­ce, Mon­sei­gneur de Join­vil­le, jusqu’au der­nier des sol­dats. Tous Conti­nuer la lec­tu­re La Vier­ge sar­ra­si­ne

Des Brosses, Jean Et maintenant une histoire II Fêtes de la Vierge