Catégorie : Les Vérités à croire, le témoignage à porter

Noël

Le cré­pus­cu­le tom­bait sur Beth­léem… Était-​ce la froi­du­re par­ti­cu­liè­re qui inci­tait les habi­tants à gar­der leur por­te clo­se ou bien le cœur de ces gens était-​il par­ti­cu­liè­re­ment froid et fer­mé ?

Conte de Noel : Il n'y avait pas de place pour eux à l'hôtellerie
Il n’y avait pas de pla­ce pour eux à l’hôtellerie
Beth­léem, tapis­se­rie à l’hôtellerie du patriar­cat latin

De fait, nul ne répon­dait aux appels timi­des et angois­sés de l’homme aux pau­vres habits, au visa­ge noble et mai­gre, qui condui­sait un petit âne, lequel sem­blait por­ter avec pei­ne une peti­te fem­me à l’adorable visa­ge fait de dou­ceur et de lumiè­re. L’homme deman­dait un gîte… même pas un abri pour la nuit… Nul ne répon­dait, si ce n’est avec des paro­les dures et mena­çan­tes… Et le petit grou­pe, tris­te et exté­nué, voyait les der­niè­res mai­sons de Beth­léem se pré­sen­ter à ses yeux…

Conte pour les enfants à Noël : santon La fillette du potierSur le seuil d’une por­te se tenait une peti­te for­me blan­che, assi­se immo­bi­le sur une jat­te ren­ver­sée. Aucu­ne vie ne sem­blait l’agiter, mais les lèvres fré­mis­saient sous l’ardente priè­re qui cha­que soir mon­tait du cœur d’Ismaïla, la fille du potier ; et ce petit cœur disait

« Quand viendra-​t-​Il ? Sei­gneur tout-​puissant, quand viendra-​t-​Il ? Celui que Vous nous avez pro­mis, le Mes­sie, quand viendra-​t-​Il ? Si peu de cho­se que je sois, mon Dieu, je serai la pre­miè­re à L’adorer… et à Le ser­vir. »

Depuis quel­ques minu­tes, l’homme et la fem­me étaient arrê­tés devant Ismaï­la qui n’avait pas levé la tête.

Ils avaient enten­du Conti­nuer la lec­tu­re Ismaï­la ou le mira­cle des étoi­les

Et maintenant une histoire I Les Vérités à croire, le témoignage à porter Nette, Jean

Récit Mission Catholique Mapeera-Nabulaga - 1881 (Ouganda)

Cinquante-​quatre degrés à l’ombre ! Une vraie four­nai­se.

Pour­tant le Père conti­nue la leçon. Quel mal, pour fai­re entrer quel­que cho­se dans ces peti­tes cabo­ches tou­jours si dures et qui, ce soir, sont dode­li­nan­tes sur les mai­gres épau­les qui les por­tent.

Le mis­sion­nai­re modu­le sa voix savam­ment : de grands éclats suc­cè­dent à des paro­les à pei­ne mur­mu­rées… Il mar­che, ges­ti­cu­le, s’arrête, repart.

En vain. Les petits yeux des enfants se fer­ment mal­gré eux, et de temps à autre une peti­te tête rou­le sur le dos­sier du banc où elle s’immobilise, vain­cue par la cha­leur et le som­meil.

Allons, ce n’est pas enco­re aujourd’hui que le caté­chis­me entre­ra sérieu­se­ment dans les jeu­nes et rebel­les mémoi­res. Que fai­re pour sou­te­nir l’attention de ces fils de la brous­se ? Ah ! une his­toi­re. Mais puis­que c’est l’heure des cho­ses sérieu­ses, ce sera une his­toi­re vraie… Ne sont-​elles pas les meilleu­res ?

Et le Père de conter cel­le de la Créa­tion : Dieu appe­lant au bon­heur, avec Adam et Ève, tous les hom­mes… met­tant à ce don une seule condi­tion : que cha­cun se pré­oc­cu­pe du bon­heur des autres avant de se pré­oc­cu­per du sien pro­pre.
Le mis­sion­nai­re a trou­vé, pour dépein­dre ce grand bon­heur très pur du Para­dis ter­res­tre, des mots qui font ima­ge, des mots bien adap­tés à son jeu­ne audi­toi­re qui peu à peu s’éveille et s’intéresse…

« Ah ! ce Para­dis ter­res­tre, com­me on devait y être bien. Oui. Seule­ment il y a eu le ser­pent. »

Le ser­pent.

A ce mot, Jébu qui dor­mait com­me un bien­heu­reux a sur­sau­té. « Ejo », le ser­pent, c’est Conti­nuer la lec­tu­re Ejo l’ennemi

Clairval, Cécile Et maintenant une histoire I Les Vérités à croire, le témoignage à porter

Joyeu­se, une trou­pe de jeu­nes gar­çons sor­tit du sta­de en se bous­cu­lant. Il y avait la Clau­dius, Dona­tien, Fla­vius, Mar­cus, tous fils de nobles famil­les romai­nes… Et les enfants dis­cu­taient fer­me entre eux des jeux du matin.

lecture mome - Bas-relief d'un tombeau d'enfants jouant

« Moi, décla­ra Fla­vius, la pro­chai­ne fois, je lan­ce­rai si bien le dis­que qu’il dépas­se­ra le but de la lon­gueur de mon bras !

- Bah ! Tu pré­tends tou­jours fai­re mieux que les autres. N’empêche que tu n’es même pas capa­ble, j’en suis sur, de nous dis­tan­cer à la cour­se, répli­qua Dona­tien avec feu.

- Qu’en sais-​tu ? Essayons. »

Et, s’étant mise en ligne de départ, la ban­de, au signal, s’envola en direc­tion du forum…

Tout à coup, Dona­tien, qui avait pris la tête, ralen­tit l’allure.

« Oh ! Qu’est-ce qui se pas­se, là-​bas ? Regar­dez tou­te cet­te fou­le… Vite, allons voir. »

Jouant des cou­des et des mains, les qua­tre gar­çons eurent tôt fait de se frayer un che­min et d’arriver au pre­mier rang du cer­cle des badauds.

Sur le sol gisait un pau­vre noir ensan­glan­te, le corps cri­blé de coups de laniè­res. Des sol­dats, armés de leur fouet, un mau­vais rire aux lèvres, s’en allaient. Dans la fou­le, quel qu’un expli­qua :
« C’est un escla­ve qui a vou­lu se sau­ver. Son maî­tre l’a fait châ­tier com­me il le méri­tait.
– Nous som­mes trop bons pour eux. Ils ont chez nous le gîte et le cou­vert, qu’ont-ils besoin de plus ? Et puis, nous les ache­tons suf­fi­sam­ment cher ! »

Le sup­pli­ce était ter­mi­né. Len­te­ment, indif­fé­ren­te, la fou­le s’écoula, entraî­nant avec elle Fla­vius, Dona­tien, Clau­dius.

Seul, Mar­cus res­tait, droit, le visa­ge bou­le­ver­sé, inten­sé­ment ten­du vers le pau­vre être qui gémis­sait…

« Alors, quoi, tu viens ? On conti­nue la cour­se. Mais qu’est-ce que tu as ? deman­da sou­dain Fla­vius en posant un regard inter­ro­ga­teur sur son com­pa­gnon.

- Ma paro­le, on ne dirait pas que tu es des pre­miers au sta­de pour t’apitoyer ain­si à cau­se d’un peu de sang qui cou­le, conti­nua Clau­dius. Tu ne veux pas ? A ta gui­se ! Seule­ment, tu ferais mieux de venir avec nous. Si un sol­dat te voyait, il pour­rait tout sup­po­ser ! »

Mar­cus sem­blait ne pas avoir enten­du. Puis, tout à coup, lais­sant ses amis inter­lo­qués de sem­bla­ble auda­ce, il s’approcha de l’homme qui venait d’ouvrir les yeux :

« Mon ami, tu souf­fres ? Ne bou­ge pas, je vais te soi­gner. »

Et, ayant déchi­ré un pan de sa tuni­que, il essuya le sang qui cou­lait des plaies.

Un pau­vre sou­ri­re se des­si­na sur les lèvres déco­lo­rées… Le regard du bles­sé se posa sur l’enfant :

« Pour­quoi me soignes-​tu ? Nous autres escla­ves, on nous trai­te tou­jours com­me des bêtes…

- Par­ce que tu es Conti­nuer la lec­tu­re Témoin

Et maintenant une histoire I Fourré Les Vérités à croire, le témoignage à porter

Ne me deman­dez pas com­ment j’ai su cet­te his­toi­re. Lisez-​la.

Histoire de martyrs Cristeros - Ville du MexiqueCet­te gran­de vil­le du Mexi­que pos­sè­de un lycée et, ce matin-​là, Jac­ques Fer­val, trei­ze ans, se tient dans un coin de la cour. C’est le fils du Consul fran­çais, récem­ment arri­vé, et c’est la pre­miè­re récréa­tion de Jac­ques au lycée. Aus­si, bien qu’il ne soit pas timi­de, il éprou­ve cet­te appré­hen­sion pro­pre aux nou­veaux.

C’est alors que Ramon Alva­rez s’est appro­ché.

« Tu es nou­veau ?

– Oui.

– Viens jouer avec moi.

– Oui…, mais les autres me lais­sent, pour­quoi t’occupes-tu de moi ? »

Ramon met le doigt sur l’insigne de la Croi­sa­de que Jac­ques por­te à sa bou­ton­niè­re.

« C’est à cau­se de cela. »

Puis il ajou­te :
« Tu as de la chan­ce d’être étran­ger… com­me ça tu peux por­ter ton insi­gne. »

Tel fut le début de leur ami­tié.

***

– Trois semai­nes plus tard, Jac­ques, invi­té à pas­ser l’après-midi de congé chez son ami, était reçu par M. Alva­rez.

« J’ai déjà eu l’occasion de ren­con­trer votre papa, mon petit ami, expliqua-​t-​il, et je suis heu­reux de vous savoir déjà lié avec Ramon. »

Et, pas­sant sa main sur la tête du petit Mexi­cain il ajou­ta :

« Je n’ai que lui, puis­que le Bon Dieu m’a repris sa maman… Après tout, cela vaut mieux pour elle, étant don­né les tris­tes temps où nous vivons. »

Cet­te phra­se, aus­si bien que la réflexion de Ramon à pro­pos de l’insigne de la Croi­sa­de, fit que Jac­ques vou­lut en savoir davan­ta­ge. C’est ain­si qu’il apprit quel­le ter­ri­ble Conti­nuer la lec­tu­re Mar­tyr 1926

Et maintenant une histoire I Les Vérités à croire, le témoignage à porter Rougemont, Pierre

Il nei­geait depuis la veille. On ne voyait plus le che­min, ni le mur du pota­ger, ni les toits des ruches. Mais Mme Duteil ne se tour­men­tait pas. Elle avait arra­ché à temps les der­niers légu­mes, empaillé le tuyau de la pom­pe, mis le bois à l’abri, bou­ché le sou­pi­rail de la cave pour que les pom­mes de ter­re ne gèlent pas. Ges­tes de pré­voyan­ce qu’elle accom­plis­sait seule depuis trois ans que son mari était en sana­to­rium. A la bel­le sai­son, un jar­di­nier venait l’aider ; l’hiver on s’en pas­sait. D’ailleurs il y avait Rosie, déjà for­te pour ses trei­ze ans.

Histoire pour le KT - Chalet sous la neigeCe matin-​là, un matin de nei­ge, elle se déso­lait, Rosie.
« Un temps pareil pour l’Épiphanie ; per­son­ne ne vien­dra cher­cher notre « part à Dieu ».
Elle était si bel­le, la part de la galet­te ! Sui­vant la volon­té de l’absent, on la dou­blait main­te­nant afin de le repré­sen­ter dans ce ges­te d’offrande. La pre­miè­re année, ça avait été la mère Che­nue qui en avait béné­fi­cié ; la secon­de, Joa­chim, le tau­pier ; la troi­siè­me, un men­diant incon­nu. Mais à cet­te heu­re la mère Che­nue était à l’hospice et le tau­pier était mort. Quant à comp­ter sur un pau­vre de pas­sa­ge, il n’y fal­lait pas son­ger. La nei­ge iso­lait la fer­me aus­si sûre­ment que la mer une île.

« Que veux-​tu, Rosie, papa com­pren­dra bien qu’avec le mau­vais temps… »

Et voi­là qu’avant que la mère eût ache­vé, Rosie avait cou­ru à son man­teau, enfi­lé de gros­ses bot­tes et jeté d’un seul trait :
« J’ai trou­vé à qui la don­ner notre part a Dieu ! Je vais fai­re un saut jusqu’à la Mulo­tiè­re… »

Mme Duteil sur­sau­ta. Rosie déci­dant elle-​même de se ren­dre à la Mulo­tiè­re, mais… mais… Conti­nuer la lec­tu­re La bel­le galet­te

Et maintenant une histoire I Les Vérités à croire, le témoignage à porter Roc, J.