Catégorie : II. Les sept péchés capitaux

L’envie

Le long de la gran­de allée, bor­dée d’eucalyptus, s’avance un gamin aux yeux ronds et vifs, aux che­veux lai­neux et fri­sés… C’est Yosé­fou, un gra­cieux négrillon que sa démar­che ner­veu­se et sac­ca­dée a fait sur­nom­mer Gui­gué, ce qui veut dire, dans la lan­gue de sa tri­bu : la sau­te­rel­le.

L'église d'une mission catholique au GabonÀ l’autre bout de l’allée appa­raît une for­me blan­che, c’est Sœur Clai­re. Pour se garan­tir contre les ardeurs d’un soleil impla­ca­ble elle por­te sur son voi­le un grand cas­que dou­blé de vert.

« Où vas-​tu, Yosé­fou ? » demande-​t-​elle à la Sau­te­rel­le. « Je vais à l’église saluer Mwana-​Jésus », le Petit Jésus, répond la Sau­te­rel­le. « Très bien, dit Sœur Clai­re ; salue-​le aus­si de ma part ! »

Arri­vé à l’église le jeu­ne négrillon se pros­ter­ne devant le taber­na­cle puis, d’un brus­que mou­ve­ment de jar­ret, se redres­se com­me s’il avait des res­sorts dans les jam­bes. C’est la génu­flexion habi­tuel­le de la Sau­te­rel­le ! Aus­si­tôt après, il se diri­ge vers la crè­che. Le voi­ci en face de Mwana-​Jésus ! Ses yeux ronds et blancs brillent de joie et aus­si d’envie. Il est si beau ce petit Jésus et si blanc… tan­dis que lui, Yosé­fou, est noir com­me l’ébène Mais Jésus regar­de sur­tout la cou­leur des âmes ! Et cel­le de la Sau­te­rel­le est blan­che com­me un beau lys. Et par­ce que son petit cœur est tout à lui voi­ci que notre négrillon impro­vi­se une éton­nan­te lita­nie : « Mon Dieu, notre Père, que votre Fils est beau ! Je vous féli­ci­te !… Sain­te Vier­ge Marie, que votre enfant est beau ! Je vous féli­ci­te !… Ber­gers, que vous êtes gen­tils d’être venus visi­ter Jésus… Je vous féli­ci­te !… Rois-​Mages, je vous féli­ci­te de lui avoir appor­té des cadeaux ! » Conti­nuer la lec­tu­re Un vol à la crè­che

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La colère

Histoire de Saint Domenique SavioCe jeu­ne Saint, c’est Domi­ni­que Savio, l’élève modè­le de saint Jean Bos­co. Il venait d’entrer en 4e. Com­me Don Bos­co n’avait pas enco­re de pro­fes­seur pour cet­te clas­se, Domi­ni­que fut ins­crit au cours que diri­geait un pro­fes­seur en vil­le. Ce der­nier avait sur­tout des élè­ves riches appar­te­nant à la nobles­se de Turin. Mal­gré cela, Domi­ni­que, sim­ple fils de for­ge­ron de vil­la­ge, était si gen­til, si ser­via­ble, que tous ses cama­ra­des l’aimaient.

 

Un jour, racon­te Don Bos­co, deux des com­pa­gnons de Domi­ni­que eurent une vio­len­te que­rel­le. Mal­gré la noble condi­tion de leurs famil­les ils s’insultèrent copieu­se­ment puis ter­mi­nè­rent en inju­riant réci­pro­que­ment leurs parents ! Les gros mots n’ayant pas réus­si à les satis­fai­re, les deux gar­çons réso­lu­rent de se retrou­ver au sor­tir de l’école et de se bat­tre en duel dans les ter­rains vagues où s’élevaient alors les rem­parts de la vil­le. Par bon­heur Domi­ni­que eut vent de la cho­se et le saint gar­çon réso­lu de récon­ci­lier ces deux enne­mis. Mais com­ment y par­ve­nir ? Ni l’un ni l’autre ne parais­sait vou­loir céder et tous les deux étaient plus âgés et plus forts que lui… Domi­ni­que com­men­ça donc par prier pour eux avec fer­veur, deman­dant au ciel de l’aider dans cet­te dif­fi­ci­le entre­pri­se.

 

A la pre­miè­re récréa­tion il prit à part ses deux cama­ra­des et essaya de leur fai­re enten­dre rai­son. Hélas, ce fut pei­ne per­due ! Ren­tré en clas­se il fit alors pas­ser à cha­cun un billet les mena­çant de fai­re savoir la cho­se au direc­teur de l’école et au besoin à leurs parents. Ce deuxiè­me appel ne fut pas plus écou­té que le pre­mier. Domi­ni­que atten­dit alors les deux gar­çons au sor­tir de la clas­se et leur dit :

« Puis­que vous ne vou­lez rien enten­dre, je veux vous deman­der une faveur. Vous me l’accorderez, j’en suis sûr, au nom de notre ami­tié. Laissez-​moi met­tre une peti­te condi­tion à votre ren­con­tre de ce soir.

— Par­ce que c’est toi, d’accord, dirent les deux gar­çons, mais il ne faut pas que cet­te condi­tion empê­che le duel ! Conti­nuer la lec­tu­re Le bel exem­ple d’un jeu­ne saint

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