Et maintenant une histoire ! Posts

L'expansion de l'Église sur les bords de la Méditerranée
∼∼ IV ∼∼
Colette est restée sans regret à bord. Bernadette et Marianick sont demeurées sur le pont, bien à l'ombre, en train d'essayer un nouveau point de tricot
Un troupeau mysterieux (Songe)
La belle vertu
Ce songe a été raconté par Don Bosco à ses élèves en 1867 :

« Dans la nuit du 29 au 30 mai, dit le Saint, je me trouvais dans une immense plaine peuplée de brebis.
La violette de Pibrac
Que se passe-t-il donc à Pibrac ? Pourquoi cette animation à laquelle l'humble village gascon n'est guère accoutumé ? Pourquoi ces arcs de fleurs et de feuillages, et ces draps tendus aux fenêtres
Un apôtre picpucien de l'Océanie
XXIII

Le père Damien, lépreux
Ravagée par le mal, illuminée par la sainteté, la physionomie du Père Damien resplendit dans la belle galerie des apôtres Picpuciens de l'Océanie.

La
L'Ordre
Chapitre XV
À quelques jours de là, Bernard aborde son frère.
— Dis donc, Yvon, je n’admets pas que Colette soit seule ici à avoir des idées géniales. Sais-tu que son « école de liturgie » fait merveille ? Les
Notre-Dame du Sacré-Cœur à Issoudun
Au cœur de la France, en Berry, la ville d'Issoudun est dominée par une blanche et légère église que surmonte la statue dorée du Sacré-Cœur. Les pèlerins qui pénètrent dans cette basilique
Diorama : Saint François parle aux oiseaux
Demain, nous fêtons Saint François d'Assise. Voici un petit découpage à colorier pour préparer la fête du père des Franciscains.
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Auteur : Targis, Edmond | Ouvrage : Et maintenant une histoire I, Les sacrements à recevoir .

La der­nière char­rette de foin venait d’être mise en lieu sûr.

Et puis ce fut l’orage, violent, bru­tal. Les éclairs suc­cé­daient aux éclairs. Déjà, l’énorme sapin de la cour du châ­teau avait été déra­ci­né. Plus loin, la petite ferme du père Jani­cout flam­bait comme fétu de paille. Sou­dain, on enten­dit un fra­cas épou­van­table, réper­cu­té d’écho en écho : la foudre venait d’atteindre le clo­cher, le clo­cher de tuiles ver­nis­sées autour duquel se ser­raient les mai­sons. Une épaisse fumée, toute noire, mon­tait dans le ciel encore plus noir, le tout tra­ver­sé de lueurs rouges : les flammes. Le feu avait pris de par­tout à la fois.

Église du village en feu - première communion et eucharistieIls étaient deux qui avaient vu la foudre s’abattre sur l’église : Mon­sieur le Curé dans son pres­by­tère, et Jean le jaciste dans sa mai­son­nette de la rue Haute. Deux qui avaient bon­di ensemble dans la rue, l’un tout cour­bé sous le poids des ans et d’une exis­tence mise au ser­vice des autres, l’autre, jeune, le visage tour­né vers l’avenir. Deux, avec une seule pen­sée au fond du cœur : là-​bas, dans « leur » église, le taber­nacle… et le ciboire aux hos­ties consa­crées.

Ils se sont retrou­vés sur la place, avec la même angoisse dans le cœur, la même farouche volon­té dans le regard. Autour d’eux, avec bruit, les secours s’organisent.

« Mon­sieur le Curé, je sais… mais je vous en prie, n’allez pas plus loin. Je suis jeune et n’ai pas peur. Je Le rap­por­te­rai. »

Et, sans attendre la réponse, Jean s’élance. Un cri par­mi la foule : le grand por­tail d’entrée s’écroule, dans un jaillis­se­ment d’étincelles. Par où donc Jean va-​t-​il péné­trer dans l’église ? Il reste la petite porte basse. Elle est fer­mée, mais d’un grand coup d’épaule, et han ! il l’enfonce. La four­naise ! Une hor­rible fumée âcre qui étouffe, piquant atro­ce­ment et les yeux et la gorge. Un ron­fle­ment entre­cou­pé de cré­pi­te­ments. De grands éclairs rouges. L’incendie dans toute son hor­reur. Déjà Jean regarde plus loin. Dans cet enfer qui l’entoure, ses deux yeux très clairs se portent là-​bas, vers le Christ de pierre qui domine la four­naise, le Christ aux deux bras éten­dus. Il semble pro­té­ger, dans la par­tie du chœur encore intacte, l’autel et le taber­nacle. Le petit jaciste rampe sur le sol : c’est le seul moyen de ne pas être trop brû­lé.

| Ouvrage : Et maintenant une histoire I, Les sacrements à recevoir .

Il y a de la joie dans l’air ce matin. Le soleil, levé bien avant le plus mati­nal des Cœurs Vaillants, étin­celle dans le ciel bleu, et les oiseaux, cachés dans les grands mar­ron­niers, s’égosillent à qui mieux mieux.

Aus­si, bien avant l’heure fixée pour la réunion des chefs et des seconds, le vieux pavé résonne sous les talons impa­tients des gars.

« Tout le monde est là ? »

Sur le seuil de son pres­by­tère, Mon­sieur le Curé vient d’apparaître. Mais que se passe-​t-​il ? Pour­quoi donc a-​t-​il cet air joyeux ! Tiens, il a une lettre à la main.

« On n’a presque pas atten­du ce matin, fait remar­quer Jacques. Extra­or­di­naire ! »

D’habitude, Mon­sieur le Curé, tou­jours très occu­pé, ne vient pas si vite.

« T’as vu, Jean, mur­mure Claude, il a un drôle d’air, Mon­sieur le Curé ; sûr qu’il arrive quelque chose… »

C’est vrai, Mon­sieur le Curé n’a pas son air habi­tuel ; le pli qui sou­vent barre son front a dis­pa­ru, et dans ses yeux il y a comme de la joie ; et puis on dirait qu’il veut vite faire par­ta­ger à tous le bon­heur qui semble conte­nu dans le petit rec­tangle qu’il tient à la main…

Flai­rant un mys­tère, les gars en un clin d’œil se sont ras­sem­blés et posent sur le prêtre des yeux inter­ro­ga­teurs.

« Mes petits enfants, com­mence Mon­sieur le Curé, mes petits enfants, une grande joie nous arrive, une grande joie pour le patro… »

Alors, quinze voix vibrantes ont lan­cé le même cri :

« Mon­sieur l’Abbé revient ?

— Oui, mes petits, Mon­sieur l’Abbé rentre du sana… »

Ain­si, ça y était ; ce jour tant dési­ré depuis celui où, la tris­tesse au cœur, les gars avaient appris que leur abbé malade avait dû par­tir, ce jour allait arri­ver… il était arri­vé.

« Mon­sieur l’Abbé sera là dans trois jours. »

Les ques­tions main­te­nant s’entrecroisent, pêle-​mêle, joyeuses ; tout le monde veut savoir.

« En tout cas, clame Jacques, il faut lui faire une récep­tion monstre ; on n’a que trois jours, mais on va mettre les bou­chées doubles. »

| Ouvrage : Petites Vies Illustrées pour enfants .

En 1166 nais­sait un petit Anglais : Simon Stock.

Chez ses parents, de très noble famille, on menait grand train, sur­tout à l’époque de la chasse, mais aux récep­tions, Simon pré­fé­rait la soli­tude des bois.

Enfants d’aujourd’hui, nour­ris de ciné­mas et d’illustrés, vous rêvez d’extraordinaires aven­tures ; mais les petits d’alors, enten­daient plu­tôt par­ler des grands moines aux­quels l’Angleterre, l’Irlande, la France et la Ger­ma­nie devaient non seule­ment leur Foi, mais l’instruction et la Science ; cela les ouvrait au recueille­ment et les atti­rait au désert. Autre­fois, Martin-​écolier, vou­lait être ermite ; à douze ans, Simon Stock s’évade et se cache dans les bois. Près d’une petite fon­taine il trouve un chêne creux dont il fait sa cabane. Il vit là trente-​trois ans, et ce n’est pas banal, vu son nom ou sur­nom : « Stock » : tronc, tas de bois. Nous disons nous aus­si un stock de bois.

Saint Simon Stock dans un chêne creux
Il trouve un chêne creux dont il fit sa cabane.

Dans son désert, notre ermite a pour­tant des « visites »… des visites du ciel… Un jour, la Sainte Vierge, pour laquelle il a une extrême dévo­tion, lui annonce que les Carmes membres d’un ordre reli­gieuse consa­cré à Marie viennent de débar­quer en Angle­terre, et ajoute qu’elle serait heu­reuse de le voir entrer dans son ordre : L’ordre de Notre-​Dame du Mont-​Carmel.

Aus­si­tôt, Simon quitte son tronc d’arbre, sa claire fon­taine, et s’en va rejoindre les reli­gieux incon­nus, arri­vés d’Orient.

 

Le Mont-​Carmel

À peine est-​il Carme que Simon demande à par­tir en Terre-​Sainte… Il visite Beth­léem, Jéru­sa­lem, Naza­reth et gagne le Mont-​Carmel qui n’en est pas très éloi­gné. Une mer­veille que cette mon­tagne cou­verte de fleurs, sur­vo­lée par des mil­liers d’oiseaux, du roi­te­let au grand aigle. Ici, ce n’est pas Blanche-​Neige qui est reine, mais celle qui est plus blanche que la Neige : la Reine imma­cu­lée du ciel et de la terre ; et les habi­tants des bois ne sont pas d’affreux petits nains (si bon soient-​ils), mais des moines innom­brables à man­teaux blancs.

L’histoire de Blanche-​Neige n’est qu’un conte, inven­té pour le plai­sir des petits et des grands. Ici, c’est du vrai, et que l’histoire est belle ! Simon ne se lasse pas de l’entendre, de se la redire à lui-​même. Autre­fois… neuf cents ans avant le pre­mier Noël, le pro­phète Élie habi­tait la mon­tagne du Car­mel, et les jeunes accou­raient vers lui pour qu’il leur apprenne à aimer Dieu. Du côté de la Médi­ter­ra­née, plus de mille grottes, qui ser­vaient d’abri aux ermites, sont creu­sées dans le rocher. Était-​ce plus confor­table que le tronc d’arbre ?

| Ouvrage : Et maintenant une histoire I, Les sacrements à recevoir .

« Alors vrai, tu crois que ce pour­rait être bien­tôt ? »

Le jeune ser­gent a fait de la tête un signe affir­ma­tif, et, fou de joie, un éclair dans ses yeux noirs, Has­san s’est enfui en cou­rant pour ne pas être en retard en classe.

Il y a plu­sieurs semaines que le ser­gent Gaillard est arri­vé à Bey­routh, impa­tient de mettre sa jeune ardeur au ser­vice du pays. Mais, mal­gré tous ses dési­rs, il lui a fal­lu accep­ter ce poste trop tran­quille où il ronge son frein en rêvant de gloire et de com­bats.

Petite histoire chrétienne - Baptême de sangTout près, heu­reu­se­ment, il y a le col­lège des Frères, l’immense col­lège des Frères dont les petits gars lui rap­pellent ceux du groupe Cœurs Vaillants où il aimait à ser­vir avant la guerre.

Et c’est d’un regard plein de fier­té que le ser­gent suit Has­san, le petit indi­gène qui depuis de longs mois attend avec fer­veur le moment où il pour­ra rece­voir le bap­tême, et qui, pour méri­ter cette grâce, a pro­mis de faire « quelque chose de grand, qui coûte, pour le Bon Dieu ».

Une semaine a pas­sé et brus­que­ment tout a chan­gé. Depuis deux jours la guerre fait rage dans le Liban Sud. Les armées ramas­sées en Pales­tine ont fran­chi la fron­tière et s’avancent en trois colonnes sur Bey­routh et sur Damas. Dès les pre­mières heures, le ser­gent Gaillard a quit­té son poste habi­tuel. Il a pris posi­tion aux portes de la ville, avec la mis­sion d’empêcher l’avance des blin­dés légers sur la route qui longe la mer. Il a à sa dis­po­si­tion un groupe de mitrailleuses et déjà ses hommes sont aux empla­ce­ments de com­bat der­rière les chi­canes et les bar­ri­cades éle­vées rapi­de­ment.

Auteur : Allègre, Auguste-Apollinaire | Ouvrage : Autres textes .

Lucques, la cité guer­rière du Moyen Âge, tour à tour déchi­rée par les fac­tions, oppri­mée par les tyrans, atta­quée par des répu­bliques voi­sines, Lucques, la puis­sante rivale de Pise, était, à cette heure, calme et paci­fique. Les armes avaient été dépo­sées pour quelques jours ; les portes de la cité res­taient ouvertes ; les tours qui la défendent demeu­raient silen­cieuses. C’était la nuit de Noël ; Noël, nuit mer­veilleuse, où l’Enfant-Dieu est né dans une étable, où les anges du ciel sont venus annon­cer la paix à la terre et la rédemp­tion à l’humanité.

Toscane - récit de Noël - Sainte Zite

La neige était tom­bée tout le jour. Elle avait blan­chi les col­lines ondu­leuses qui cou­ronnent la cité ; elle avait jeté ses flo­cons épais sur les toits des vieux palais ; elle s’était amon­ce­lée dans les rues étroites. Enve­lop­pée comme d’un voile blanc, la ville res­sem­blait à une vierge inno­cente et pure qui s’approche de l’autel. Mal­gré le vent gla­cé qui mugis­sait, la foule, pro­té­gée par d’épais man­teaux, s’en allait à l’église par bandes joyeuses ; elle sem­blait répondre à l’invitation des pro­phètes : « Réjouis-​toi, fille de Sion ; tres­saille d’allégresse, fille de Jérusalem…Voilà le Sei­gneur qui va venir avec tout le cor­tège des saints. » Valeu­reux guer­riers, riches bour­geois, indus­trieux mar­chands, tous avaient fait trêve, pour quelques heures, à leurs luttes, à leurs affaires, à leurs plai­sirs.

Zite, une pauvre ser­vante, a enten­du, du fond du palais où elle sert, les joyeux échos de ces bruits paci­fiques. Fleur des mon­tagnes trans­plan­tée dans la cité, elle a appor­té dans la demeure de ses maîtres le doux par­fum du lieu natal. Elle est si pure que sa modeste chambre est, dit-​on, illu­mi­née de clar­tés célestes : si cha­ri­table que, pour répa­rer les impru­dences de sa géné­ro­si­té, Dieu, plus d’une fois, a dû venir à son secours. Son angé­lique pié­té l’a ren­due chère à ses maîtres pieux. Ils en ont fait la dis­pen­sa­trice de leurs aumônes : les pauvres se sont suc­cé­dé au seuil du palais, pour rece­voir de ses mains vir­gi­nales le pain qui nour­rit et le vête­ment qui réchauffe. Aux lar­gesses de ses maîtres, elle a vou­lu ajou­ter les siennes et faire l’aumône de sa pau­vre­té. Zite a tout dis­tri­bué, jusqu’à ses propres vête­ments d’hiver.