Et maintenant une histoire ! Posts

Sabots de la Vierge
Il me faudrait, dit la Vierge
Qui fuyait avec Jésus,
Il me faudrait, dit la Vierge,
Des sabots pour mes pieds nus.

Passe ton chemin, pauvresse,
Lui cria-t-on d’une auberge ;
Passe ton chemin,
En route chez les païens
II

Saint Paul
Le Christ mourut, le Christ ressuscita, et voici l'ordre qu'en Galilée, apparaissant aux onze disciples, il leur donna, pour eux et pour les autres : « Allez, enseignez toutes
Activités manuelles : Village (1) - l'église


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Le mur de sucre
La petite Thérèse était une charmante enfant, aux yeux bleus rayonnants, aux joues roses et aux longues tresses ! Vraiment, on ne pouvait s’empêcher de l’aimer. Disons plutôt : on n’aurait pu s'empêcher
Un soir de Noël : Moncada, en Espagne 1392
C'était le soir de Noël. L'horloge du clocher venait de sonner 23 heures. Peu après, les cloches appelaient les fidèles. Le vent froid de la nuit renvoyait la joyeuse invitation
Le mystère de la Sainte Trinité
Je me souviens d'une histoire qui m'a été racontée il y a bien longtemps, car j'étais encore au collège à Stonyhurst, dans le nord de l'Angleterre ; là, ceux qui nous enseignaient avaient
Marie veillant sur l'Enfant-Jésus

ANT bien que mal, la sainte Famille s'installa dans la grotte. Les bergers les aidèrent en apportant quelque mobilier rudimentaire, suffisant pour faire le ménage, laver les langes et
Auteur : Dominique | Ouvrage : Et maintenant une histoire I, Les commandements à observer, les vertus à pratiquer .

Toc, toc…

Gaë­tan, Yves et Louis se regardent ; qui donc peut venir à cette heure ? Ce n’est pas leur mère encore : elle ne doit ren­trer que demain matin ; ce n’est pas leur père non plus, ame­nant à la ferme quelques Chouans pour un bout de nuit ou une tasse de cidre : il se gar­de­rait de faire tant de bruit.

Mais ils n’ont guère le temps de se consul­ter : de vio­lents coups de crosse ébranlent la porte, et une bor­dée d’imprécations fait fré­mir leur cœur chré­tien.

« Oui ou non, ouvrirez-​vous, chiens ? »

Plus de doute, ce sont les Bleus ! Les trois gamins sentent leur cœur se ser­rer d’une indi­cible angoisse, car la visite des Bleus est trop sou­vent néfaste à des fils de Chouans.

Cepen­dant, brave et déci­dé, Gaë­tan s’est levé :

Courage des enfants vendéens - Les bleus : soldats de la révolution« Voi­là, voi­là, citoyens. »

Puis — gavroche un peu — il esquisse une gri­mace à l’adresse des sol­dats avant de tirer le ver­rou… et cela rend du cœur aux deux autres !

« Il s’agit de nous four­nir une place pour la nuit !… Et en vitesse, hein ! », clame celui qui semble être le chef.

« Volon­tiers, citoyens… Ce n’est pas tous les jours que la ferme a l’honneur d’abriter des sol­dats de la Répu­blique ! Suivez-​moi, je vais vous conduire à la grange. »

Dix minutes après, Gaë­tan rejoint ses frères à la cui­sine :

« S’ils ne veulent que ça, ça va encore… Ils ont l’air four­bus : il y en a déjà qui ronflent sur la paille.

— Hum… Qu’est-ce qu’ils viennent encore rôder par ici ?

— D’après ce que j’ai com­pris, ils sont à la recherche de quelque fugi­tif de marque… et il “y aurait des patrouilles comme ça dans toute la région. »

Yves fait la gri­mace.

« Tant pis pour le mal­heu­reux qu’ils traquent !

— Pour­vu que père ne tombe pas entre leurs mains…

— Et M. le Rec­teur, donc !

— Il fau­dra les aver­tir dès demain matin… »

Dix coups viennent de son­ner à la vieille hor­loge, dans la boi­se­rie de chêne fine­ment sculp­tée. Sou­dain, Louis tres­saille.

« N’avez-vous rien enten­du ? »

| Ouvrage : Et maintenant une histoire I, Les commandements à observer, les vertus à pratiquer .

T’as envie de pommes, Nanette ?

— Pour ça oui, Colas ; mais à pré­sent, des pommes, il n’y en a plus.

— Moi, je sais bien où il y en a… et de fameuses ! C’est dans le gre­nier du père Heur­teau, le voi­sin ; l’autre jour, Ernest, le com­mis, m’en a jeté une de la fenêtre, celle qui donne der­rière la mai­son. Et figure-​toi que ce matin une échelle est dres­sée contre le mur, juste au-​dessous de la fenêtre du gre­nier ! Nanette, tu vas venir avec moi. Tu feras le guet pen­dant que j’irai cher­cher des pommes pour nous deux. Et si l’on vient, tu crie­ras : Miaou. »

Tu ne voleras pas - 7e commandement - Grenier aux pommesUn peu inquiète, mais fière d’aider son frère, Nanette suit Colas.

Les voi­ci tous les deux au pied de l’échelle. Le gar­çon a vite fait l’escalade et il dis­pa­raît dans le trou noir de la fenêtre. Nanette trouve le temps long : sûre­ment, Colas doit goû­ter les pommes. Mais sou­dain un bruit de voix se fait entendre ; des pas se rap­prochent… On vient. « Miaou » crie Nanette, et vite elle court se cacher dans la cabane aux outils.

Le père Heur­teau appa­raît accom­pa­gné de Rivouet, le cou­vreur. Ils parlent du toit de l’étable qui est à répa­rer. Lorsqu’ils se sont éloi­gnés, Nanette, sor­tant de sa cachette, s’aperçoit avec hor­reur qu’ils ont empor­té l’échelle. Pour com­bien de temps ? Dieu seul le sait. Debout dans l’embrasure de la fenêtre, Colas mesure la dis­tance qui le sépare du sol… Il a beau être fort en gym­nas­tique, c’est vrai­ment trop haut pour se lan­cer. « Attends, dit-​il à Nanette, qui se lamente en bas, je vais voir si je ne peux pas sor­tir par un autre endroit. »

Colas fait le tour du gre­nier. Il est vaste et contient bien des choses : des cha­pe­lets d’oignons et d’échalotes sus­pen­dus aux poutres, des prunes séchées, des sacs de grains et, dans un coin obs­cur, la pro­vi­sion de hari­cots secs. Tiens, mais on dirait qu’ils sont trem­pés les sacs de hari­cots ; une grande tache d’humidité s’arrondit alen­tour. Colas lève la tête et aper­çoit du jour qui filtre par les tuiles dis­jointes. Bien sûr, la pluie passe par là. Il ne s’agit pas de cela, mais de s’en aller. Il y a bien une porte qui donne vers la ferme, mais elle est fer­mée à l’extérieur. Le seul moyen d’évasion, c’est la fenêtre. Colas y revient.

Auteur : Targis, Edmond | Ouvrage : Et maintenant une histoire I, Les sacrements à recevoir .

La der­nière char­rette de foin venait d’être mise en lieu sûr.

Et puis ce fut l’orage, violent, bru­tal. Les éclairs suc­cé­daient aux éclairs. Déjà, l’énorme sapin de la cour du châ­teau avait été déra­ci­né. Plus loin, la petite ferme du père Jani­cout flam­bait comme fétu de paille. Sou­dain, on enten­dit un fra­cas épou­van­table, réper­cu­té d’écho en écho : la foudre venait d’atteindre le clo­cher, le clo­cher de tuiles ver­nis­sées autour duquel se ser­raient les mai­sons. Une épaisse fumée, toute noire, mon­tait dans le ciel encore plus noir, le tout tra­ver­sé de lueurs rouges : les flammes. Le feu avait pris de par­tout à la fois.

Église du village en feu - première communion et eucharistieIls étaient deux qui avaient vu la foudre s’abattre sur l’église : Mon­sieur le Curé dans son pres­by­tère, et Jean le jaciste dans sa mai­son­nette de la rue Haute. Deux qui avaient bon­di ensemble dans la rue, l’un tout cour­bé sous le poids des ans et d’une exis­tence mise au ser­vice des autres, l’autre, jeune, le visage tour­né vers l’avenir. Deux, avec une seule pen­sée au fond du cœur : là-​bas, dans « leur » église, le taber­nacle… et le ciboire aux hos­ties consa­crées.

Ils se sont retrou­vés sur la place, avec la même angoisse dans le cœur, la même farouche volon­té dans le regard. Autour d’eux, avec bruit, les secours s’organisent.

« Mon­sieur le Curé, je sais… mais je vous en prie, n’allez pas plus loin. Je suis jeune et n’ai pas peur. Je Le rap­por­te­rai. »

Et, sans attendre la réponse, Jean s’élance. Un cri par­mi la foule : le grand por­tail d’entrée s’écroule, dans un jaillis­se­ment d’étincelles. Par où donc Jean va-​t-​il péné­trer dans l’église ? Il reste la petite porte basse. Elle est fer­mée, mais d’un grand coup d’épaule, et han ! il l’enfonce. La four­naise ! Une hor­rible fumée âcre qui étouffe, piquant atro­ce­ment et les yeux et la gorge. Un ron­fle­ment entre­cou­pé de cré­pi­te­ments. De grands éclairs rouges. L’incendie dans toute son hor­reur. Déjà Jean regarde plus loin. Dans cet enfer qui l’entoure, ses deux yeux très clairs se portent là-​bas, vers le Christ de pierre qui domine la four­naise, le Christ aux deux bras éten­dus. Il semble pro­té­ger, dans la par­tie du chœur encore intacte, l’autel et le taber­nacle. Le petit jaciste rampe sur le sol : c’est le seul moyen de ne pas être trop brû­lé.

| Ouvrage : Et maintenant une histoire I, Les sacrements à recevoir .

Il y a de la joie dans l’air ce matin. Le soleil, levé bien avant le plus mati­nal des Cœurs Vaillants, étin­celle dans le ciel bleu, et les oiseaux, cachés dans les grands mar­ron­niers, s’égosillent à qui mieux mieux.

Aus­si, bien avant l’heure fixée pour la réunion des chefs et des seconds, le vieux pavé résonne sous les talons impa­tients des gars.

« Tout le monde est là ? »

Sur le seuil de son pres­by­tère, Mon­sieur le Curé vient d’apparaître. Mais que se passe-​t-​il ? Pour­quoi donc a-​t-​il cet air joyeux ! Tiens, il a une lettre à la main.

« On n’a presque pas atten­du ce matin, fait remar­quer Jacques. Extra­or­di­naire ! »

D’habitude, Mon­sieur le Curé, tou­jours très occu­pé, ne vient pas si vite.

« T’as vu, Jean, mur­mure Claude, il a un drôle d’air, Mon­sieur le Curé ; sûr qu’il arrive quelque chose… »

C’est vrai, Mon­sieur le Curé n’a pas son air habi­tuel ; le pli qui sou­vent barre son front a dis­pa­ru, et dans ses yeux il y a comme de la joie ; et puis on dirait qu’il veut vite faire par­ta­ger à tous le bon­heur qui semble conte­nu dans le petit rec­tangle qu’il tient à la main…

Flai­rant un mys­tère, les gars en un clin d’œil se sont ras­sem­blés et posent sur le prêtre des yeux inter­ro­ga­teurs.

« Mes petits enfants, com­mence Mon­sieur le Curé, mes petits enfants, une grande joie nous arrive, une grande joie pour le patro… »

Alors, quinze voix vibrantes ont lan­cé le même cri :

« Mon­sieur l’Abbé revient ?

— Oui, mes petits, Mon­sieur l’Abbé rentre du sana… »

Ain­si, ça y était ; ce jour tant dési­ré depuis celui où, la tris­tesse au cœur, les gars avaient appris que leur abbé malade avait dû par­tir, ce jour allait arri­ver… il était arri­vé.

« Mon­sieur l’Abbé sera là dans trois jours. »

Les ques­tions main­te­nant s’entrecroisent, pêle-​mêle, joyeuses ; tout le monde veut savoir.

« En tout cas, clame Jacques, il faut lui faire une récep­tion monstre ; on n’a que trois jours, mais on va mettre les bou­chées doubles. »

| Ouvrage : Petites Vies Illustrées pour enfants .

En 1166 nais­sait un petit Anglais : Simon Stock.

Chez ses parents, de très noble famille, on menait grand train, sur­tout à l’époque de la chasse, mais aux récep­tions, Simon pré­fé­rait la soli­tude des bois.

Enfants d’aujourd’hui, nour­ris de ciné­mas et d’illustrés, vous rêvez d’extraordinaires aven­tures ; mais les petits d’alors, enten­daient plu­tôt par­ler des grands moines aux­quels l’Angleterre, l’Irlande, la France et la Ger­ma­nie devaient non seule­ment leur Foi, mais l’instruction et la Science ; cela les ouvrait au recueille­ment et les atti­rait au désert. Autre­fois, Martin-​écolier, vou­lait être ermite ; à douze ans, Simon Stock s’évade et se cache dans les bois. Près d’une petite fon­taine il trouve un chêne creux dont il fait sa cabane. Il vit là trente-​trois ans, et ce n’est pas banal, vu son nom ou sur­nom : « Stock » : tronc, tas de bois. Nous disons nous aus­si un stock de bois.

Saint Simon Stock dans un chêne creux
Il trouve un chêne creux dont il fit sa cabane.

Dans son désert, notre ermite a pour­tant des « visites »… des visites du ciel… Un jour, la Sainte Vierge, pour laquelle il a une extrême dévo­tion, lui annonce que les Carmes membres d’un ordre reli­gieuse consa­cré à Marie viennent de débar­quer en Angle­terre, et ajoute qu’elle serait heu­reuse de le voir entrer dans son ordre : L’ordre de Notre-​Dame du Mont-​Carmel.

Aus­si­tôt, Simon quitte son tronc d’arbre, sa claire fon­taine, et s’en va rejoindre les reli­gieux incon­nus, arri­vés d’Orient.

 

Le Mont-​Carmel

À peine est-​il Carme que Simon demande à par­tir en Terre-​Sainte… Il visite Beth­léem, Jéru­sa­lem, Naza­reth et gagne le Mont-​Carmel qui n’en est pas très éloi­gné. Une mer­veille que cette mon­tagne cou­verte de fleurs, sur­vo­lée par des mil­liers d’oiseaux, du roi­te­let au grand aigle. Ici, ce n’est pas Blanche-​Neige qui est reine, mais celle qui est plus blanche que la Neige : la Reine imma­cu­lée du ciel et de la terre ; et les habi­tants des bois ne sont pas d’affreux petits nains (si bon soient-​ils), mais des moines innom­brables à man­teaux blancs.

L’histoire de Blanche-​Neige n’est qu’un conte, inven­té pour le plai­sir des petits et des grands. Ici, c’est du vrai, et que l’histoire est belle ! Simon ne se lasse pas de l’entendre, de se la redire à lui-​même. Autre­fois… neuf cents ans avant le pre­mier Noël, le pro­phète Élie habi­tait la mon­tagne du Car­mel, et les jeunes accou­raient vers lui pour qu’il leur apprenne à aimer Dieu. Du côté de la Médi­ter­ra­née, plus de mille grottes, qui ser­vaient d’abri aux ermites, sont creu­sées dans le rocher. Était-​ce plus confor­table que le tronc d’arbre ?